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Voici  quelques éléments situant l'appellation du site de " a  Punta  ...", rapportés par Christophe ...

Dans la 2° partie des années 80, quand nous découvrions ce spot face à la Tonnara, qui fonctionnait side shore, nous ne savions comment l'appeler. Je me rappelle de brainstorming où sortait des noms : "Rocky point,...". A l'époque j'avais pris une carte IGN 1/25000 (ci-jointe) pour situer l'endroit. La Punta di Ventilgna était assez proche et vue la configuration de notre spot, j'avais opté pour la "Punta" tout simplement. Le nom, abusif je le reconnais, sonnait pourtant bien et s'est très vite répandu. Tu verras que Testarella est un peu plus bas, le plus juste serait alors "Campo Mezanno", qu'en penses-tu ?

Amitiés.

Merci à Christophe pour ces précisions qui appartiennent à l'histoire  de ce site magique

 

Vue de la partie ouest / nord-ouest du golfe de Vintilegna, les Ilots de  " a Tunnara ", plus  loin, la petite baie de Stagnolu et la partie littorale menant à Capu di Fenu.

Au premier plan, un des " peaks" des hauts-fonds qui s'élancent au sud- ouest, vers le dernier sec situé à environ 400 m au large, d'où naissent les premières lames par forte houle. Le Golfe est immense !

Certains endroits sont extrêmement dangereux et les trains de houle forment des vagues d'une taille exceptionnelle en hiver par effet Combo ...

Deux nouvelles versions, découvertes dans le Net et pourtant issues de l'autre côté du Golfe où nous naviguons.

 

Je me permets de diffuser cet article très riche de F.Canonici afin de contribuer à la circulation des informations relatives à ces lieux 

 

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Histoire de Ventilegne par François Canonici

Ventilegne : Vingt bois

?

Du haut du mont de la Trinité, ou après le col d’Arbia, apparaît le golfe de Ventilegne, sauvage et tranquille, entouré de maquis pratiquement vierge.
Avec son pont, nouvellement refait (les pèlerins de jadis se souviennent du rustique pont de bois en fonction jusque dans les années 50) qui enjambe l’estuaire, Ventilegne est aussi réputé pour l’odeur de putréfaction, qui, certains jours, se dégage du fond de la baie envasée et envahie par plusieurs mètres de couches d’algues. Mais l’austérité, l’aridité des lieux est atténuée par une charmante forêt de pins (« A Pinitedda ») qui s’accroche à la colline de chaque côté de la piste menant aux Frasselli à droite de l’Étang de Ventilegne. Cette petite forêt de quelques dizaines d’hectares a été miraculeusement sauvée lors du violent incendie qui a sévi en 1994 dans cette zone.

Mais d’où vient le nom de « Ventilegne » ?
Voici une explication : « En italien, « legno » désigne le « bois », un véhicule, un vaisseau. Cette dernière définition est à retenir et laisse supposer que les Sarrasins qui, un jour, jetèrent l’ancre dans ce golfe, disposaient de vingt bâtiments (Venti legni).
Ils en confièrent la garde à un petit nombre d’hommes et pénétrèrent dans la petite vallée qui remonte jusqu’à Talza (actuellement commune de Figari), autrefois assez peuplée. Ils brûlèrent, pillèrent, tuèrent, comme ils avaient coutume de le faire. On raconte même qu’au cours de l’incendie, la quantité de miel des ruchers était si considérable que le miel coulait en petits ruisseaux.
Les Sarrasins poursuivirent leur incursion plus loin à l’intérieur de l’île.
Profitant de leur éloignement des vaisseaux, les Corses tinrent conseil et se réunirent précisément dans une propriété dite « di u Malcunsigliu » où ils prirent la décision d’aller attaquer par surprise les ennemis qui avaient la garde des bâtiments. L’entreprise réussit. Tous les Sarrasins furent massacrés et le gros des envahisseurs périt ensuite dans des embuscades.
Aujourd’hui, le champ du « Malcunsigliu » se nomme « a Virgaghjola ».

Au sujet de la dénomination de « Malcunsigliu », la première idée qui vient à l’esprit est de traduire littéralement « malcunsigliu » par «mauvais conseil».
Dans ce cas, ce serait par antiphrase qu’il aurait été employé au sujet des Corses qui avaient tenu conseil en ce lieu dans le but de chasser les Sarrasins. Pourtant les spécialistes donnent une autre traduction. Le «Mal Cunsigliu» signifierait «le Grand Conseil». Le terme «mal» que l’on retrouve dans certains noms de famille, vient du mot latin «malus» signifiant «grand, fort» et même «abondant».
En Haute-Corse, on retrouve des grands noms de familles comme Malaspina qui désignait à l’origine «celui qui a une forte constitution», un «homme fort, costaud», tout comme Malapensa veut dire «homme intelligent». Le terme «Mortamale» en ce qui concerne un lieu-dit signifierait «lieu où le myrte est abondant».

En ce qui concerne le nom de Ventilegne, il proviendrait donc de la présence de vingt vaisseaux (des guetteurs s’étaient écriés en voyant l’armada du haut de la montagne «ci sono venti legne !»).
«Venti legne», vingt bois, vingt vaisseaux.

Une autre version du nom «Ventilegne» prétend que les vingt vaisseaux étaient venus d’Espagne chasser les Sarrasins de la région de Bonifacio. C’est dans l’intention de supprimer toute possibilité de faire demi-tour et d’être tentés de ne pas accomplir cette mission, que les Espagnols auraient eux-mêmes mis le feu à leurs embarcations, avant de remonter jusqu’à Talza pour tenir conseil. Certains de ces Espagnols auraient ensuite fait souche à Talza.

Dans un rapport de 1786, Ventilegne est ainsi mentionné: «(...) On trouve à Ventilegne, un étang et un pont détruit, en sorte qu’on s’éloigne du chemin de deux tiers de lieue pour trouver un passage. Le chemin de Ventilegne à Figari est encore une plaine mais parsemée de monts...».
L’ancien pont de Ventilegne se trouvait certainement bien en retrait de celui que l’on emprunte actuellement, probablement au lieu dit Punticello au nord-est de l’Étang.

C’est dans le golfe de Ventilegne que l’on a trouvé un peson de balance de 11 kgs, en plomb recouvert de bronze, figurant le buste d’Attis (ou Atys), dieu grec de la végétation, d’origine phrygienne, qui... s’émascula pour résister à l’amour de Cybale. Cette dernière, pour se venger, le transforma en pin.
Ce peson se trouve à présent au Fort Saint Jean à Marseille et fait partie d’une multitude de trésors découverts dans les eaux bonifaciennes et qui enrichissent aujourd’hui de nombreux musées de France continentale, et dans une moindre mesure, ceux de Corse, faute de posséder à Bonifacio, ville chargée d’histoire, carrefour des voies maritimes antiques, un dépôt digne de ce nom.