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Une mer de plomb, de vastes  prairies marines réfringentes couleur métal fondu délinéent  comme elles  distancent l'horizon ... Le  vent se maintient  au secteur Est. Et la peau de la mer, à marée basse,  à perte de vue, au gré des risées, s'étale.

La balise des Îles  Moines domine  deux vastes écueils et leur passe. La haute tour contemple depuis des décennies le ballet des ombres minérales. Des blocs anthropomorphes gardent le silence des lieux telles des sentinelles. Par temps calme, ces îlots  nous semblent flotter, planer parfois, complices des reflets, allant au-dessus des étendues figées de la Grande Bleue.

Mirages saisissants, présences  que l'immense désert marin égare les jours de fortes tempêtes croisant ondes et rouleaux terrifiants...

Rochers et dédales de pièges meurtriers déchirent les plus grosses lames, brisent la mer tempétueuse et radiante.

Le Ponant, le Mistral, précipitent toute la mer qui s'ouvre et se fend à l'étrave de l'archipel. Les flots mugissent,  infiniment brisés, lorsque  la longue houle et ses déferlantes se  précipitent et fracassent dans l'albâtre des ciels confondus. Arène assourdissante, cirque marin  euphonique,  puissants échos quand de loin s'élèvent  des brisants  de blanches voilures,  anges d'écume  éphémères.

La nuit, le vent mollit et  la côte gronde et tonne en remontant les vallées de la montagne dans la mer . Dans le lointain qui s'illune,  dans l'obscurité plaintive, la houle de fond ouvrage et se propage en ses  fluorescences de contes et de légendes. Les vagues changent de cap en doublant  le tournant du Grand Sud de l'Île et nous visitent.

Un tel spectacle se contemple et je n'ose imaginer une navigation vers ces hauts-fonds, par gros temps. Comment  se dessaisir de la magnificence des éléments naturels portés à leur paroxysme, élevés  ici aux rangs  des splendeurs de la nature en beauté, sans autres artifices que l'énergie magnifique qui la meut, sous le regard  hiératique du minéral animé

!

 

De la Relativité du Temps ou de l 'Aventure

 

J'aimerai tant rouvrir ou rejoindre les sillages, les routes maritimes et pacifiques  d'antan, sillonner l'univers des Néréides, aller et vaguer  par les jeux de Galatée, Amphitrite et Thétis, partager un instant l'Ether, les envolées des elfes magiciens, des Puffins qui révèlent sans fin  les surprises de ces  pointes acérées. Ecueils multinstrumentitses, merveilleux orgues pétrés, comme  un paradis pour les oiseaux marins. Paradigme perdu. La liberté divague, ailée. L'incertitude vaut gage, guide le marin.

Quelques encablures me séparent de l'Antiquité, de ses Mythes engloutis, de la  légende envoûtante, des naufrages égarés par les fosses marines d'oubli ; ces Milles marins jalonnés d'histoires et de fortunes de mer  sont toujours une épreuve redoutable que ma raison craint encore de livrer au monde libre, exalté de silence, au long  cours de l'imaginaire, cette éternité qui m'invite depuis si longtemps, déjà, à croiser le danger  qui s'isole ! 

Marin, ici, veille et ne rompt pas aux quarts, fussent-ils de jours. Le sec et  la dalle de roche affleurent au beau milieu des flots, errent suivant le coup de temps et la marée

 

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2 ème Écriture le 15.12.2011

3 ème Écriture le 27.07.2013

4 ème Ecriture le 19.02.2014

4 ème  Ecriture le  06.01.2017

5 ème Ecriture le 70.20.3059

6 ème Ecriture le 101.32.4563

 

 

ILES_MOINES_TOURNANT__GRAND_SUD_