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Virginie Hériot, vicomtesse François Haincque de Saint-Sénoch, est une navigatrice française née au VésinetYvelines) le 25 juillet 1890 et morte à Arcachon (Gironde) le 28 août 1932. (

 

 

"Quel grand bonheur d'avoir pu échapper à cette vie de luxe, à ses mondanités et à ses corvées [...]
          Je me suis mise à aimer les bateaux comme des êtres chers.
"
         
"Ailée s'en va" (1923-1927)

 

WIKIPEDIA

 

 

PREFACE DE SON LIVRE POSTHUME, LE DERNIER SILLAGE 

 

C'est aimer peu que de pouvoir dire combien l'on aime. Madame Virginie Hériot donna un démenti à Pétrarque. Le mot de passion est insuffisant pour qualifier le sentiment que lui inspira la mer et elle a voulu l'insuffler à tous. Elle a vécu pour cet amour, elle s'est sacrifiée pour lui.
Les brutalités et les fureurs de la mer furent pardonnées; elle les excusa en montrant leur grandeur et leur force qui fait mieux apprécier la douceur de ses caresses. Restée femme malgré le rôle viril qu'elle s'était assigné, elle aima en femme sans défaillance, sans restriction, sachant lutter contre les emportements, transformant les défauts en qualités.
Son culte s'étendit à tout ce qui se rapporte à l'élément marin; les rivages qu'il baigne, les murmures ou les fracas de ses flots tranquilles ou déchaînés suivant son humeur versatile; les hameaux et les villes qui vivent par lui ou pour lui, tirant de lui leur caractère et leur originalité.
Avec l'horizon qui recule, ces ornements immuables varient d'aspect par les caprices de la voûte céleste, parure changeante, robe sombre ou éclatante.
Madame Virginie Hériot a voulu faire partager sa foi. Décrire les beautés de la mer ne lui suffisait pas; elle tenait aussi à affirmer son rôle bienfaisant, l'empreinte dont elle marque les siens, exaltant chez eux les sentiments d'honneur, de courage et de dévouement, et même son action dans l'équilibre mondial et la prospérité des nations.
Si notre pays aime la mer, il sera plus grand et plus fort. France et Mer étaient inséparables dans le cœur de l'auteur des Impressions et Souvenirs maritimes, plaidant la cause de nos marines de plaisance, de commerce, de pêche, encourageant les explorations et les entreprises scientifiques, mécène de la Marine française, elle a voué sa vie à cet Idéal. Inlassable apôtre, elle poursuivit sa mission en donnant l'exemple... jusqu'à la mort.
        "Ce que femme veut Dieu le veut." Madame Virginie Hériot savait vouloir. Ce livre est un de ses derniers pas dans la voie qu'elle suivait; mais la route est tracée. Là où de rudes marins auraient échoué, la femme frêle a su aboutir.

Jean Baptiste Charcot

 

Le Commandant Charcot est mort en mer, le 16 septembre 1936, dans une violente tempête cyclonique,
        sur les récifs d'Alftanes au large de Reykjavik.


" Dix mois sur douze elle vit à bord. Son Ailée  devient sa demeure; elle s'y réfugie, loin des égoïsmes, des laideurs, des mesquineries, elle y trouve la solidarité, l'entraide, le rêve parfois et l'action toujours, l'action pure, belle et forte " .

Paul Chack, le 18 mai 1929.

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Carnets de Voyages

L'aile I

  • Quart de Nuit
  • A bord du Finlandia
  • La seconde France (Impressions sur les fêtes du Centenaire), 1931
  • Sur mer : impression et souvenirs, 1933
  • Le vaisseau Ailée, le bateau qui a des ailes, 1931
  • Ailée s'en va, 1923-1927
  • Service à la mer, 1932


POEMES

 


WIKIPEDIA.

 

" ... Je reviens de la Mer !

Qu'avez-vous à scruter mon visage tanné ?

J'ai navigué, vu des choses que vous n'avez pas vues,des reflets que vous ne soupçonnez pas.

Ce que vous avez fait ne m'intéresse pas ; je ne vous pose pas une question. Laissez-moi partir vite,  prendre mon envol.

Je suis lourde de pensées, de reflets, de souvenirs. Que viens-je faire ici parmi vous, mes amies ? Je n'ai plus rien à me mettre et plus rien à vous dire...

Mon Ailée, je te retrouve après une longue absence,

Tu es bien mon abri, mon refuge après de mauvais jours à terre ; qu'il est doux, qu'il est bon de te retrouver !

Tu es pure, tu es claire et calme. Tu me gardes davantage que les plus hauts murs et les plus lourdes portes. Je respire ici mieux que dans un couvent. Je suis devenue inaccessible.

Rien n'arrive plus complètement; les calomnies se noient avant de t'atteindre.

Rien de mauvais ne peut embarquer, rien de laid ne peut exister !

Tu es mon couvent et mon refuge, et plus j'avance dans la vie, plus je remercie le ciel d'avoir imaginé la mer pouvant compenser la terre !


Virginie HERRIOT ( Une âme à la mer ) .

 

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Sur mer, Impressions et souvenirs,  Livre de Virginie Hériot, Préface de J.B Charcot- Ed Faquelle 1933


Championne olympique avec son 8 mètres Ailée VI, celle que Rabuidrana Tagore appelait "Madame de la mer" n'avait cessé de naviguer et de faire triompher les couleurs françaises. Charcot a justement écrit d'elle: Le mot passion est insuffisant pour qualifier le sentiment que lui inspira la mer. Elle a voulu l'insuffler à tous. Elle a vécu pour cet amour et s'est sacrifié pour lui...

Je sens, disait- elle, que j'ai dans les veines le sang des écumeurs de mer. Je n'ai pas de joie meilleure, par les matins de printemps, que d'entrer avec mon bateau dans les ports inconnus, de marcher tout un jour dans un décor nouveau, parmi des hommes que je coudoie, que je ne reverrai point, que je quitterai le soir venu, pour reprendre la mer, pour m'en aller dormir au large, pour donner le coup de barre du côté de ma fantaisie, sans regret des maisons où des vies naissent, durent, s'encadrent, s'éteignent, sans désir de jeter l'ancre nulle part, si doux que soit le ciel, si souriante que soit la terre !


1918, Lettre écrite à son Fils, à sa Mère...

" (...)Regardez, je viens mourir doucement près de vous.
          Je vous laisse ma tristesse ! qui me vient de plus loin que vous
          Mes désillusions,
          Mes heures d'angoisse,
          Mes heures de révolte,
          Toutes mes heures,
          Ma solitude.
          Prenez mes larmes, toutes mes larmes qui me rendirent plus douce,
          Plus petite,
          Comme toujours abandonnée
[...]"

 

Elle publie également des poèmes et des textes dans lesquels elle se livre avec une grande sensibilité.

 

"...  Ma victoire olympique fut très belle.
          Lutte ardente contre tout et contre tous. Tout coalisé contre mon Aile !
          Je dus combattre le doute, le temps, la routine, la supériorité, la muflerie, la fatigue et la maladie.
          J'ai donné, comme dans une bataille, ma vie pour avoir la victoire.
"


"... Les personnes que  je rencontre ne me comprennent pas (...)
          Elles ne me jugent pas par mes actions mais à travers leurs sentiments.
          Physiquement, je les étonne:
          -Comment pouvez-vous conduire vos bateaux à la victoire avec des attaches aussi fines ?
          - ou encore
          - Comment se peut-il que dans un corps si menu puisse se cacher une  si belle énergie !
          - Je souris par habitude, mais l'abîme moral est encore plus profond..."

       

  In " Le vaisseau Ailée, le bateau qui a des ailes ". 31janvier, 1931.

.

" ...Mer puissante et farouche, donne-moi ta force.J'en voudrais faire présent à ma volonté.
          Mer immense et aimante, donne-moi ton amour pour mon cœur je le voudrais           !
          Mer mystique et fervente, donne moi ta ferveur; pour la recevoir, mon âme s'ouvre toute grande..."

 

VIRGINIE HERIOT