Au XVII ème Siècle, la Tour Gênoise de Senetosa occupait une position éminemment stratégique sur le Littoral Insulaire. Dressée sur les épérons granitiques du grand Sud Ouest de l ' Île de Corse, elle constituait une avant garde incontournable et prévenait des invasions et raids Barbaresques. Les Razzias se poursuivaient jusque dans les profondes vallées de l'Urtulu, au-delà de la pointe Roccapina, ou plus au Nord, vers Campumoru, Prubià... Elle faisait partie, avec le Fortin de Tizzà , d 'un réseau d'informations rapide et de ces points de résistance contre les envahisseurs.

Plus tard, les impératifs de la navigation commerciale, mais aussi ceux de la Marine, mèneront à l'édification de ce superbe bâtiment dans un Site grandiose, périlleux aussi pour les navires, tant les vents et les conditions de mer restent redoutables, surtout en hiver. Le phare de Senetosa autorise un positionnement précis des bateaux, avant l'entrée risquée dans les Bouches de  Bunifaziu.

MARIN, VOUS PROPOSE CE PETIT ARTICLE, EN IMAGES SURTOUT, NON PAS POUR VENDRE UN COIN DE PARADIS OU  QUELQUES CLICHES DE LITTORAL AUX TEINTES D'EXOTISME MAIS POUR DIRE SON AMERTUME FACE A UN TEL DÉSINTÉRÊT,  AU REGARD D'UN PATRIMOINE UNIQUE, DÉLAISSÉ, DÉSHUMANISÉ, QUI TOMBE DANS LE SILENCE SÉPULCRAL D'UN PASSE MALGRÉ TOUT SI RICHE.

Datant de 1890, le phare de Senetosa, très isolé est original avec ses deux tourelles de 15 mètres de haut encadrant le bâtiment principal.

Le Phare de Sénétosa est en fait l'établissement de signalisation maritime n1567/000, situé à Sartène en Corse du Sud.

Construit tard (première optique de 1892), il a une architecture remarquable par sa forme avec deux tourelles encadrant le bâtiment. Il fut conçu par l'ingénieur Zevaco. Le bâtiment possède une grande citerne pour les eaux de pluie, plusieurs chambres, un four à pain, un cellier et une écurie. Il s'élève à 54m au dessus de la mer.

* 15 mai 1892 : feu à éclat blanc toutes les 5 secondes et secteur rouge sur deux tours cylindriques espacées de 15 mètres et réunies par le corps de logis,
          1901 : les deux tours sont blanchies,
          1903 : le corps de logis est blanchi,
          * 1906 : renforcement du feu,
          * feu à éclat blanc toutes les 5 secondes et secteur rouge.

 

senetosa


Catégorie : Phare
aire d'étude : Subdivision d'Ajaccio
lieu-dit : Valinco (au sud du golfe de)
époque de construction : 4e quart 19e siècle
année : 1889
auteur(s) : Zevaco (ingénieur)
historique : Le phare a été construit très tardivement par rapport à l'équipement de l'île. Il offre la particularité d'être un amer remarquable par sa forme avec deux tourelles encadrant le bâtiment conçue par l'ingénieur Zevaco. Le bâtiment possède une grande citerne pour les eaux de pluie, plusieurs chambres, un four à pain, un cellier et une écurie.
description : - Description architecturale :
Hauteur au-dessus de la mer : 54 m.
Taille générale : 12,80 m.
Hauteur de la focale : 14,50 m.
Description : deux tourelles jumelles en maçonnerie de pierres apparentes accolées aux deux pignons Nord-Ouest et Sud-Est d' un bâtiment rectangulaire de deux niveaux en maçonnerie de pierres apparentes. Terrain, mur d' enceinte, bâtiments complémentaires.
- Description technique :
1ère optique :15 mai 1892 : feu à éclat blanc toutes les 5 secondes et secteur rouge focale 0,25 m. de 4 panneaux au 1/4.
Autres optiques :
Cuve à mercure : 1892.
Combustibles :
Huile minérale : 1892.
Vapeur pétrole : 1906.
Automatisation : 1988.
- Etat actuel : optique de 4 panneaux au 1/4 en verre moulé de focale 0,35 m. Lampe halo de 180w. Feu à 4 éclats réguliers blancs 20 secondes avec un secteur rouge. Portée 22 milles.
état : mauvais état
propriété de l'Etat
date protection MH : édifice non protégé MH
type d'étude : inventaire des phares
date d'enquête : 2001
rédacteur(s) : Dreyer Francis ; Fichou Jean-Christophe
N° notice : IA2A001275
(c) Ministère de l'équipement, Bureau des phares et balises, 2001 ; (c) Ministère de la culture, Inventaire général, 2001
crédits photo : Dreyer, Francis - © Francis Dreyer ; © Ministère de l'équipement, Bureau des phares et balises, 2004 ; © Ministère de la culture, 2004
Dossier consultable : service régional de l'inventaire Corse
B.P. 301 - 19, Cours Napoléon 20181 AJACCIO Cedex 1 - 04.95.51.02.00

 

SOURCE INTERNET

 

 

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UN PHARE TEMOIGNE

 

Les sentiers se sont perdus, de vies en longues décennies,  à travers un maquis dense et des pierres sépulcrales. Ils déambulent partageant encore avec le promeneur les arcanes d'une pesante solitude, aveugles et sourds aux mugissements des flots, aux angoisses des marins en route vers le terrible détroit de Bonifacio. Les tempêtes font rage en ces parages, la côte dentelée que chaque pointe enchâsse  se livre comme un gouffre béant et obscur les nuits sans lune. La chaleur humaine d'une lueur qui veille n'est plus que l' iris crevé d'un regard à jamais vitreux, glauque. Il n'y a plus personne, il n'y a plus de feux qui des hauteurs signalaient aux vaisseaux  les dangers imminents de la terre, qui octroyaient enfin le réconfort d'un foyer, l'aura apaisante d'un fanal, fussent-ils inaccessibles.

La veillée, comme un don, signifiat  compassion et miséricorde envers les pèlerins de l'autre monde. Elle aura, même ici, disparu. Dans le couchant, dans l'enceinte du phare, au coeur d'un univers de rochers, les tours blanchies retiennent le jour, amorcent timidement et silencieusement  la longue nuit de la mer  cruelle et traîtresse malgré elle.

Combien de destinées y ont heurté la fatalité, tracé le cap de l'espérance misée sur l'estime ? Tant de voyageurs auront  élongé  avec les lames les contours hérissés d'une île farouche en abominant l'exil ou en chantant le " Barbara Furtuna " , le chant de l'exil vers les bagnes!...

Le printemps inonde ces lieux d'éternité et de paix et pourtant ! leurs vigies, leurs sentinelles de granit nous viennent aussi du malheur et de la peur des hommes, d'un monde de convoitises et de rivalités, des dangers des flots, des craintes obscures de la nuit, de la guerre, des invasions. Ne jalonnent-elles pas encore l'aventure humaine et  ses foisonnantes rencontres, pour le meilleur  et pour le pire ? Ainsi des îles, des tours de défense, des phares et des feux juchés au sommets des amers, d'un cap, d'une pointe à l'autre, tout autour de l'Île !

Les lieux ont été désertés, les bourrasques claquent les portes et les fenêtres s'ouvrent aux vents du large et des monts. L'horizon règne, le mystère s'élève au diapason du répit des vagues et les nuits sont pesantes, la solitude :  plaintive et partout des bribes de vies passées frémissent et  tourbillonnent en poussières dans les recoins de la bâtisse trahie.

Il me semble marcher aux côtés des gardiens de phare, de ces Marins à terre bienveillants, bonnes âmes  rendues au service du respect de la vie, à cette déférence que l'on doit à l'abnégation des marins d'antan.

Les alentours témoignent hélas ! de la lente agonie d'une histoire encore vouée à l'humain. On y a abandonné des outils sur les traces d'anciennes transhumances et vers  les sentiers de ronde. La technologie aura tout emporté. Elle est parvenue à destituer les hommes, l'âme de la  terre  et de la large bâtisse qui les liaient. En ces lieux vétustes surgissent, comme un anachronisme, les stigmates de la précarité, de l'argent mesuré à prélever sur la sécurité,  pour  les impératifs futiles  des temps modernes.

La culture est un édifice qui tombe en ruines. Débris d'une époque bannie ?  A Senetosa,  le phare n'est plus qu'un faisceau lumineux automatisé, juste  égaré, uniformisé  dans la modernité !  Amer obscur que l'on croise au gré  de voyages quelconques ! Phare inconnu que le GPS destitue, plus ludique et lucratif.

Une salve  fantomatique d'éclats, d'occultations  qui  se moquer du naufrage laissant  aux flots tempétueux l'issue d'une traversée, d'un atterrissage tragique. Le Gardien n'irait-il pas au plus près des secours, de l'urgence, de l'alarme ? 

L'endroit se cache, à  toujours. Un édifice s'efface. Du temple de la beauté redoutable,  des îles, s'élèvent désormais les tours d'argent. Il s'y engouffrent la longue litanie de la lumière artificielle, le souffle des soupiraux et des bâtisses éventrées .

J'aurais tant aimé relâcher une nuit de mon périple, en ces lieux de paix et d'entraide, partagé au milieu de ces gens de mer les rives d'un adieu, les parfums de l'arrivée.

Découvrir aussi par les vieilles sentes  les champs cultivés, les aires de battage et les sources généreuses bordant une  existence  de prairies mêlées d'iode et d'écume, toutes les fragrances de la terre travaillée par des  hommes tournés vers la mer...

 

Découvrez cet excellent ouvrage  

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MARIN -  le 15.05.2009

Revu et corrigé le jour de l'émission de Thalassa consacrée aux Phares de France et de l'Île de Corse...! 

2 ème Ecriture le 08 Janvier 2016