Toutes les Photos présentées dans ce Site/Blog proviennent de l'Extrême- Sud de l'Île de Corse. Il faut préciser qu'elles éclosent à des endroits spécifiques et différents, au fil des trois mois de printemps mais aussi en Automne et rarement en hiver. C'est une quête qui ne s'arrête jamais et certaines espèces sont à dénicher en des lieux vraiement cachés, d'autres sont très fugaces. Pour les nommer, il existe des Sites très visités comme celui-ci,

 

Sphinx

Vers le Cap des tempêtes, un sphinx de pierre toise la mer et les montagnes de l'immense chaîne de Cagna. Colosse, stylite anthropomorphe que le temps  sculpte toujours sur ces éperons de granite, qui a vu, impavide, passer les coups de vents et les saisons bien avant la conscience du monde.
En contrebas, au bord de la mer, le printemps déraisonne dans l'exubérance parfumée des couleurs, la belle saison déroule à nos pieds les chemins de joie emmenés dans la valse des flots et la trame des fleurs. Marcher en ces lieux allège, soulève, enivre et tout l'étonnement de l'être, vacille, trébuche, se fige pour poser un regard sur l'insignifiante mais ô combien délicate corolle, la mystérieuse éclosion apétale, ou toute autre idée de fleurs oubliées, de fleurs moins banales que quelques heures enjôlées ravies aux villes tentaculaires.
Le vent d'Ouest et le Mistral ont pour un temps épargné les rivages, laissant le Levante ébaucher les songes d'Afrique ou rêver des Cyclades. L'été s'annonce, il tente déjà de languissantes approches aux fragrances mélangées de printemps.

Sur le chemin du retour, comme toute séparation qui rassemble ou isole, quand monte en soi l'onde au goût amer des vapeurs urbaines et de la foule aveugle, un vieux gréement accompagne dans l'air cotonneux du matin nos pas alentis, que la mer et la terre retiennent, ramènent à contre temps.

Images du passé ? pas tout à fait !

Ce splendide voilier ne respire plus le souffle du grand large, ne pense plus l'horizon ; pourquoi ne hisse-t-il pas, au majestueux portant, à la brise de Sud-Ouest ses voiles multiples ?

le vent ne joue plus la symphonie marine dans la cathédrale des voiles, il ne caresse pas, archer des mers, les cordes tendues et vibrantes des haubans dans les mâtures. Les poulies sont muettes, elles immobilisent les bras des marins lascifs. Le vieux gréement n'est plus plus de la liesse et de la vigueur des flots.

Il fend désormais la lame comme les jours au rythme des chevaux vapeurs, dans les nuages de fumées et l'iode vaincue...

Une époque fantomatique erre dans un futur qu'elle n'aurait osé imaginer, qui s'est déjà éteinte avant que d'être maintenant à vendre. Face aux fractures d'albâtre des falaises et ces anachronismes consternants du temps surplombant l'Azur, la mer est un écho silencieux, le livre aux pensées ondoyées qui ne disparaissent jamais.

Des fleurs aux siècles passés, il n'y a qu'un pas, de fourmis ou de géant, indigent ou fortuné, qu'importe !

Il vient d'être franchi, sitôt oublié et sans espoir de renaissance.


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