Rivage_d


Après les territoires et les peuples, à force de traités et de convulsions, la Civilisation en marche s'attaque à la nature... Chaque être, chaque geste scie la branche sur laquelle la terre aurait souhaité la hisser!

Avec l'homme, la nature rêva de parfaire le monde ...

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O toi homme blanc qui bouleverse la terre et souille les cieux

Tu arraches les forêts et vient à bout des glaciers

Ravines les montagnes et vides les océans

Puises l'eau fossile des déserts que tu étends

Tu disperses la mémoire des pierres et la brandis aux doigts décharnés de la sécheresse

A la main molle aux spasmes des noyés

Nous ne te suivons plus où vas-tu que fais-tu dans ce monde de vacarmes silencieux

Toi qui oses déplacer les richesses de l’âme et l’esprit de la terre

Reléguant et niant la connaissance fertile des ancêtres

Toi qui assènes des vérités étranges implacables

A la rigueur à la froidure des chiffres

Qui a vendu à l’encan des territoires uniques et sages

Pendu leurs tribus aux racines du ciel comme d’insoutenables trophées

Aux seules fins mercantiles au nom de ton dieu universel

Ta foi est d’acier d’or noir et de papiers volages

Qui n’a de valeur qu’un prix sans paroles de feuilles mortes

Et d'odeur que celle du sang séché à l’épée des chevaux

A l'impact cruel des balles posthumes

Au nom du bien au nom du mal elle guide tes pénitences et te domine

Ton règne vénal n’est que sursis questions de temps de survie

L'ennemi est en toi tu le portes et l’inocules comme la maladie le virus

A ton prochain à l'animal au rival pour quelques profits

Et tes jours sont décomptés aux sabliers virulents et infectés

Des vents nouveaux des marées de l’oubli et de la discorde

La vie se retourne lentement contre toi rien n’y fait

Tes horizons lugubres investissent la mort loue la vitesse

Les hémicycles complaisants ont ces relents de trahisons d’opprobres

  Perpétrés contre Mère-Nature, le vivant

Au demeurant toujours fidèle au cours noble et digne dont tu les prives

Viendra une ère nouvelle le temps de la reconquête des époques

La planète ne compte pas elle a mille ans un jour une éternité

A force de douleurs de souffrances naissent les songes

Enfouis au plus profond du rêve universel comme l’utopie décriée

L’indicible sagesse aux ailes d’arbres aux cours bleu des rivières

L’eau en cascade y chante la renaissance et le cercle immense de la terre

Qui revient d’années en saisons clamer la noce de l’homme et des grands espaces marins

La liberté de l’oiseau aux cieux purs aux regards de plaines

Bien des peuples éclatés voudraient encore croire en tes erreurs

Forfaits d’hier justifiés d’idoles ou de progrès que tu classes en histoires déchues en contritions rédemptrices

Espérer un moment le retour à l’ordre immuable et multiple de l’univers

Mais la fuite et le désordre sont aux puissants à l’orgueil et ses travers empêtrés de mensonges

O toi homme blanc l'ennemi est maintenant partout il te ressemble

Les forces de la nature te ceignent t’étreignent et t’étouffent

Tu te débats, cries toujours plus fort et t’insurges envers et contre tout

N’accordant aucune mesure aux alertes aux désarrois qui t’entourent

  Faut-il la clairvoyance la générosité de ces êtres qui désertent les empires

Pour sauver les îlots d’espérances aux seuils affamés douloureux de la misère

De tes nouveaux déserts érigés en ciels provocants de béton

L’asservissement aveugle qui en ces jours t’entraîne plus loin plus haut

N’aura pas la clémence ni la miséricorde des splendeurs que tu dilapides

Tu rencontreras tes maîtres et devant eux sans t’agenouiller humblement homme doué de raisons d'États

Tu n’hésiteras pas à sacrifier ces foules qui te portent et t’investissent

Tu as engendré les pouvoirs et les puissances d’un temps qui s’achète

Incapable de se régénérer qui sonne le glas de l’extinction de la fin d’un monde

Impossible improbable  Mère-Nature ne l'avait pas prévu n'aurait pu l'engendrer

Il est pourtant des portes de saluts ton savoir est immense illimité

Remets-toi sur les voies de la vie diverse et tolérante imaginative comme un printemps un mythe

Des éléments et de la beauté qui nourrissent nos sens puise à nouveau ton inspiration

Unissons nos richesses et les pages fécondes

Devenues sacrées de nos livres passés

Des racines majestueuses de la terre aux contrées boisées aux mers prodigues

Que maintenant on maîtrise et apprivoise sans blessures

Tirons et cultivons les ressources ancestrales inépuisables des cycles naturels

Celles que chaque jour régénère de soleil  gorgées de limons et de brises mêlés

Redonne à la terre à la glèbe ses ferments authentiques qu’ont pétris et mûris les terroirs les longues nuits d'hiver

Il est encore des métiers nobles et dignes à recouvrer à inventer

Pour habiller le champ et la mer des plus belles parures

Pour reconquérir le désert la montagne et fleurir l’oasis

L’homme des temps nouveaux est comptable mais aussi esclave

  Il entraîne derrière lui le sillage de la mort de la désertification de  l’empoisonnement

Et du temps mesuré qui est le sien il érige ses lois un enfer concentrationnaire

A léguer aux descendances déjà condamnées par ses égoïsmes, ses atavismes

O toi homme blanc tu connais les méandres du fleuve sans en posséder le cours

Tu en détournes lentement l’eau et assèches le cœur de la mer

Mais que restera-t-il aux jours taris de la vallée vide et dépeuplée

Le murmure de la diversité défunte dans les solitudes glacées des tours de verre

Planera au-dessus des masses assoiffées et mourantes

La nation et le peuple planétaire floués empliront la nouvelle arène

A l’agonie programmée de ses desseins temporels et inanimés Spectacles

empoisonnés d’évolution et de progrès aux goûts âcres de la terre vaincue

O toi homme blanc et minoritaire sur le vaisseau ivre que tu auras conquis et dirigé de mains de maîtres

Tu connaîtras la fin des saisons qui abritent l’existence la raison des temps

L’espace unique d’un séjour promis aux partages que nous devions léguer

Sans craintes du lendemain à la vie recommencée à combler

Il est encore temps de te raviser de croire en ce qui t'a engendré.

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UN CITOYEN DU MONDE

C.G.C

 A SUIVRE / Brouillons et notes à reprendre  ! En cours