15 juillet 2009
LE CIEL AVEC LA TERRE...
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Je voudrais dire la Nature comme la voie cristalline et pure de Joan Baez!
La saison est généreuse, elle trace les voies du temps dispersées en éclats d'âmes à venir, nous sommes au printemps, le ciel et la terre s'accordent à franchir le long cap de l'été. les pluies lavent l'azur, elles le diluent dans la mer donnant aux rochers l'ocre, la transparence infinie et crue de tous les déserts.
Les sommets de l'île gravissent les cieux pour y cueillir chaque goutte, drainer l'eau attardée de l'hiver, immense manteau blanc que la terre absorbe et oublie mélodieusement aux creux verdoyants des vallées et des combes, dévalant les jours ardents du mois d'août.
C'est en marchant le long de la côte dorée, entre l'orage, le grain et l'éclaircie, que je mesure le songe et le partage parfaits que se font de la terre, la mer le ciel et les vents éclos en vagues d'écume et de fleurs, terre bercée de brises parfumées au fil des heures du jour et de la nuit. Et quand ce n'est pas la pluie, c'est l'aiguail, subtils échanges, délicieuses complaisances de la glèbe et de l'air obscur retombés en perles de lumières matinales, qui abreuve le végétal et adoucit les morsures sèches du soleil d'été à la peau blonde du fruit.
Tantôt j'observe un détail, une bribe de vie absconse et comblée qui rejoint en un éclair l'humanité éclatée, tantôt, c'est avec la longue houle qui frappe les visages pierreux de la terre que j'arpente les oubliettes cruelles d'un temps lancinant, blessant le monde, un être, un insecte.
La nature est un tout indissociable, elle va à l'opposé du chemin des hommes; elle distille l'harmonie et mûrit l'équilibre fécond qu'il s'évertue à défaire, c'est un constat affligeant, consternant!
Elle nous montre pourtant comment s'y prendre et faire, s'entourant de la patience à la révolution des saisons qui vêtent le ciel et la terre des plus nobles parures.
Alors, n'enflammons pas le champ et le maquis, ne souillons plus l'air et la mer, redonnons à la forêt ses appétits et ses nourritures d'antan, en prenant avec le ciel et la terre le temps de vivre un mois de mai, le repos de décembre, le sentier lumineux d'octobre, la treille fraîche de juillet, les langueurs de septembre.
Si la terre et le ciel imaginent les saisons et tant de riches nuances, ce n'est certainement pas pour que les hommes les bousculent, détruisant tout sur leur passage...
J'aime les frontières nettes, définitives et sans concessions de la mer avec la terre, celles des cieux que les montagnes dessinent et tracent en contours d'îles au-dessus des flots. J'affectionne ces limites qui n'en sont pas et qui s'oublient ou s'invitent nonchalamment dans la perfection brassée des mondes recommencés, infusés de douces pèlerines colorées. Elles me couvrent et me bordent, instants magiques d'être une seconde de ces noces .
Là où j'erre, mes pas vont sur les chemins reliant les étoiles et avec les nuages qui m'emportent, je côtoie la légèreté de l'âme, d'indicibles souvenirs que les vagues rappellent et qui dérivent sous les aplats lumineux et tamisés de l'existence!
Et pourtant, la terre me rappelle aux poids, aux contingences réelles de la vie passagère, sous un ciel peuplé de rêves, d'oublis et d'improbables retours que mes yeux atteignent un peu plus à chaque promenade . Je pénètre jour après jour l'empreinte de la terre dans les cieux, ses reflets au miroir ondoyé et joyeux de la mer. L'homme libre y tissent des liens. L'homme asservi s'en passe et s'éloigne toujours plus du ciel et de la terre.
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