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Je quitte le sol, la grève ou la glèbe. Sentir à nouveau voguer, onduler le souffle du monde. Ne s'éploie-t-il pas  sous l'esquif qui m'emporte par les vents ? En cet instant sollennel,  je me recueille ;  j'ai à portée de la main un bouquet sidéral, à mes pieds une pèlerine d'étoiles à conter, à livrer en pensées... Ecoutez !

Je vais, le corps vaisseau, nulle part ailleurs, hier ou demain, qu'importe ! éclore avec les fleurs de l'océan comme une voile point  sur l'horizon.

Être un seul instant, à chaque fois de la grande partition de l'univers, en partance on se sait où et jamais quand ? ceint  d'eau et de transparences comme si la terre et le ciel basculaient soudainement. Le fond de la mer s'élevant telles les cimes de la montagne à l'approche du haut fond ou les nuages plongeant comme des rochers redoutables dans la mer ;  Iroise  !
Il en sera selon le penser du marin, le retour tracé des saisons dans les cieux et sur les flots. L'hiver, le vent se fera plus lourd, plus cinglant et les lumières crues du jour traverseront le Choeur translucide des vagues.
Qui peut dire ou annoncer la fin de la traversée sinon le chant inondé  de silence du marin, cette ode bleue et diluviée qu'il garde humblement au fond du regard et des rides d'avoir trop bu de vents et respiré d'écume, que ces yeux lovent au fond du souvenir d'avoir été toujours de la rencontre fusionnelle avec la mer.
Embruns !  des larmes volent et se dispersent vers ce qui n'est déjà plus, par le linceul de la  libre pensée, vagabonde...  Ainsi de la scène à jamais rebelle des vents, du vaste théâtre des archipels, des fascinations du grand large, du grand sud où j'ai tant rêvé de terre et embrassé de rivages !

2 ème Ecriture le 16.04.2012

3 ème Ecriture le 05.03.2014