J'aime ces rivages ; leurs linteaux de granit ocres et dorées qui  donnent sur le vaste Golfe, béants comme d'immenses battants...! au loin, le vestige, les vertiges d'un passé sombre et sanglant ; les témoins d'une Terre convoitée, silhouettes parmi les mirages chus des chaos dantesques de rochers.
La mer se livre sans concession au coup de vent. La terre et le ciel se partagent harmonieusement leurs horizons bleutés. Je vis ces dégradés, ces camaïeux qui gagnent le large et la grande houle, généreux comme les saisons et l'âme bien trempée des Îles.


C'est en  cinglant éperdument à travers l'embrun, sur la mer blanchie d'écume, au coeur des vagues que je me perds à penser aussi profondément que la vallée qui me porte et m'allège au-dessus des flots est abîmes.

Ces étendues azurées, tel un autre ciel, inondent les rives depuis les origines du monde, entre joies et profondes souffrances.
La nature, pourtant si belle et majestueuse, oscille entre d'ineffables beautés et les cruels destins qu'elle impose au règne du  vivant, depuis la nuit des temps.
L'homme tente de donner à la vertu une signification divine mais il reste capable des plus viles et iniques forfaits envers et contre lui, à l'encontre de la Nature, de l'Un ...
Ce constat incontournable, irréfutable l' plonge dans un marasme tutélaire,  de la naissance à la mort !

Comment envisager une possible rémission du mal, de l'atteinte pérenne au respect universel de la vie qu'il perpétue à travers les récidives de l'histoire ?
Et oui ! Il arrive de se poser des questions essentielles avant d'arpenter la voie solitaire et le grand large....
Questions, interrogations existencielles qui jamais ne laissent en paix ! qui aurait décidé de notre séjour sur Terre, qu'il fût  aux temps immémoriaux des Australopithèques ou aujourd'hui ?  

Comment résulter d'un tel choix, incarner une lourde décision, là, ailleurs, hier, demain, maintenant  !
Homme de toujours, enclin à penser, roseau ou pas,  saturé de croyances ou entravé par tant d'angoisses et de craintes existentielles, parfois  les plus élémentaires, auriez-vous ici  engendré le mal avant que d'être les créatures de l'Au-delà ?

Impossible !


L'Incommensurable, l'Indicible aurait-il conçu l'homme, le clan, la guerre, engendré l'esprit du mal au prix d'une évolution à priori contaminée, condamnée dans le seul but de fonder le bien à venir et de l'atteindre, hypothétique, au prix de luttes et d'efforts insurmontables, bafoués, galvaudés ?
Quels dilemmes, desseins abyssaux ! la solitude et le grand large, la nef céleste et ses étoiles, la terre primaire auraient été  sûrement de meilleurs conseils et prodigues en pensées. Comme un rêve de retour aux sources, si d'aventure l'homme ne s'était fourvoyé dans de basses obsessions de possessions et de richesses, afin que jamais plus ne surgissent la souffrance et ne coule le sang inutile de la guerre, de l'oppression, de l'injustice, de la domination.

 

2 ème Ecriture le 3.02.2012

3 ème Ecriture le 0.08.2014