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Rien ne résiste aux vents tempétueux et tourbillonnants, à l'embrun d'hiver qui crible la roche, aux révolins des terres élevées qui décuplent la vigueur des bourrasques. Et pourtant, il est encore des Genévriers qui vont au-delà de la terre et de la rive pousser avec le vent. Dans les anfractuosités de rochers dépolis, fracturés, ciselés, ils vivent les dernières litanies de la vie terrestre et marine.

Le long des sentiers, l'écume des vagues poudroient le romarin en fleur ; Les massifs rameux déclinent avec la mer, autour des blocs mordorés, de tendres confidences mauves et vertes. Ressouvenance de la mer rappelée aux rivages, je la vois absente et je la traverse encore aux seuls battements sourds des lames qui expirent dans le lointain... Et quand les vagues se brisent, massives et cristallines, l'eau de roche aux parfums d'Île figent d'un trait généreux une côte aux mille séracs.

Voici quelques minutes d'une promenade, glanées entre le ciel et la mer efflorescents et phosphorescents de l'automne. Le soleil s'égare, s'illustre entre  parélie et halo, semble se cacher pour renaître en d'impossibles ailleurs. Ô zénith, si bas !  la mer a délaissé pour un temps ses parures bleutées...

Entre l'émeraude et le saphir, un jour unique et libre aura choisi, offrant inlassablement et à satiété ces innombrables facettes aux prismes épurés de l'existence vagabonde.

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2 ème Ecriture le 12 Mai 2011

 

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