Je retrouve quelques vieilles Cartes Postales de l'Île de Corse, glanées lors des premières grandes Foires d'été dans les années 1970 ! Elles gardent ces lumières et ces nuances d'un passé irrémédiablement et définitivement révolu, comme si elles avaient comblé quelques fragments de temps irremplaçables dans la longue chaîne, à chacun des maillons de l'existence, de la vie. Combien de lettres, de mots tendres, de dures nouvelles quittaient les ports pour des destinations lointaines ? Ces voiliers rythmaient et orchestraient la durée, à l'échelle des saisons, de mois entiers, qui sait, de trop longues années !
Il règne sur ces quais un parfum de nature, de mer nourricière, ces senteurs inoubliables de foyer ou de produits de la terre. Je sens battre le pouls des hommes du labeur, le chœur des champs de blé fauchés et de l'éteule brassée, celui des arbres chargés de fruits bruissant à la brise printanière.
Non, hélas! nos temps modernes ne sauraient distiller autant de proximité, de chaleurs humaines et de nourritures terrestres. Ils assassinent les jours à grands coups de chiffres et de mesures consternantes, bien plus enclins à mesurer les forfaits qu'à préserver la manne naturelle et vitale, se débattant maintenant dans l'ère irrévocable de la démesure, de l'abondance et des profits aveugles
Et si chaque époque témoigne généreusement  de ses largesses et faiblesses, il faut convenir que la nôtre se perd dans l'impasse  fatale,"trop humaine", pour paraphraser Nietzsche

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13_02_2010
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S'il nous était donné de revoir sur les quais de nos ports un seul de ces navires, de ces hommes d'antan, nous nous précipiterions, émus, transportés par l'impérissable souvenir légué des générations parties en voyage

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