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L'homme proche des éléments naturels pensa longtemps que l'âme des morts

" voyageait vers l'Ouest "


et plus encore sur la mer.
Les grands monothéismes voyant aussi dans la mort une Re-naissance, un passage obligé vers une résurrection.


Gaston Bachelard ( 1884-1962 ) ne confiait-il pas :

" Tout un côté de notre âme nocturne s'explique par le mythe de la mort conçue comme un départ sur l'eau " .

G Bachelard, L'eau et les rêves, page. 103 .

Ainsi l'âme des morts, comme les Dieux de l'Antiquité, sont de véritables navigateurs célestes voyageant sur la

" mer de la nuit "

En 1942, G. Bachelard s'interrogeait

" la mort ne fut-elle pas le premier navigateur "

" Le héros de la mer est un héros de la mort. Le premier matelot est le premier homme vivant qui fut aussi courageux qu'un mort "

" Est-il un thème plus banal que celui de la colère de l'océan ? Une mer calme est prise d'un certain courroux. Elle gronde et rugit. Elle reçoit toutes les métaphores de la furie, tous les symboles animaux de la fureur et de la rage.... C'est que la psychologie de la colère est au fond une des plus riches et des plus nuancées... La quantité d'états psychologiques à projeter est bien plus grande dans la colère que dans l'amour. Les métaphores de la mer heureuse et bonne donc moins nombreuses que celles de la mer mauvaise "


G . Bachelard l'Eau et les rêves, 1942/ Réed 1947, Pages 230-231



Des Nymphes et des Néréides aux Dieux hostiles de l'Antiquité et de la Mythologie, la mer a véhiculé des images innombrables évoluant entre les pôles de l'attrait fascinant et de la crainte vertigineuse, entre la mort et la vie, palingénésiques bien souvent. Son image, ses représentations vont mûrir, s'étoffer au fil des siècles, n'allant pas toujours dans le sens salutaire de la diversité et de la liberté.
L'homme hégémonique fit de la mer un outil livré à ses desseins les plus viles, les plus beaux aussi. On vit le dogme, le savoir intransigeant et tutélaire abîmer, noyer trop souvent les fondements de l'esprit, de la sagesse.

Et pourtant, Homère ne clamait-il pas déjà

" Mer Divine "

Un fait semble ancré, relevé dans l'ouvrage de  Michel Cazenave, qui est bien celui d'une liaison

" immémoriale dans l'imaginaire humain entre la mer, la mort et la mère ".

Encyclopédie des symboles - 1996 .

Cela ne suffirait-il pas à régénérer le Genre Humain ?

 

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