Ecueil dans la mer ou cime dans les cieux, je ne les distingue plus tant cette île est baignée de blancheur et de primaire azur

MARIN

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24_01_2011_Neige_sur_Cagna1

 

CURSICHELLA 

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Je le dédie à la Terre de Corse, A Cursichella ...! Cette libre opinion, l'article que voici ne sera pas tendre avec les pourfendeurs de la Mère-Nature !

A cette Île qui ne cesse de surprendre, d'attirer le regard, de susciter encore l'émerveillement; la nature y est partout généreuse, hospitalière comme un berger sur l'alpage, vers " l'Altu Pratu di a Mimoria " louangé par les artistes .

C'est un don du ciel mais hélas ! à la merci de l'appétit dévorant des hommes et des systèmes. Une offrande des Dieux jetée en pâture bien souvent à la boulimie vorace et à la folie des seigneurs de tout horizon et de leurs volontés de grandeurs argentées démesurées. Ces séides de la monnaie facile ployant sous le joug des impérialismes puissants et dévastateurs de l'univers du soleil et de ses balcons inexpugnables sur l'azur, sont capables de renverser, de terrasser les collines et la montagne dans la mer; Ô Kallisté, qui te dépossède et te blesse ...?

J'écris et je raconte une Île qui ne saurait supporter le théâtre restreint et trompeur du seul été. Une saison cruelle, répliquant ses semonces avilissantes et brûlantes chaque année, comme une fatalité.

Un chant de vérités nous revient des hivers, des revers de l'histoire et des nombreuses réclusions que les Pievi ( profondes vallées délimitées géographiquement ) orchestraient du fond des vallées pour se défendre, se prémunir des convoitises séculaires de grandes envergures lancées à son encontre. J'entends les voix et les polyphonies des anciens qui s'élèvent toujours dans le ciel de juillet, d'août pour gagner les coeurs... Et dans la solennité de la nuit des étoiles, les arêtes sommitales découpées par les vents furieux du large ne retiennent plus que l'écho désordonné, faussé des chapiteaux et des places publiques. La culture consommée au rayon de la grande surface, dans l'insupportable brouhaha d'une nuit culturelle sera pour un temps de mise. Ne nous méprenons pas, la profonde substance du chant, les messages émouvants d'une hypothétique souveraineté, la légitimité historique et ancestrale de l'île est bel et bien bafouée, galvaudée, reléguée ou dépassée.

Tous les espaces naturels encore vierges de notre territoire ne souffriraient pas de subsister uniquement à travers le prisme déformant de ces terrains d'aventures sillonnés à la hâte par des athlètes en mal d'aventures et de records, aux portes des métropoles de l'Europe ; ce serait indécent ! Non, l'Île de Corse ne peut se réduire à quelques terrains de jeux où s'exerceraient la performance et ses sponsors, le sensationnel, le culte de la vitesse proclamée en des lieux d'antiques splendeurs et pour vitrines lucratives. Ce serait là un accroc à la spécificité Insulaire. L'Île recouvre nombre d'entités, de réalités en marche avec son temps, certes, mais elle doitaussi lutter face à une évolution chaotique, dépendante des dominante de notre siècle et dont on aurait bien du mal à en circonscrire les blessures et les menaces d'empoisonnement perfide.

Tant de leurres masquent l'autre face d'une terre victime de ses attraits et de ses atours incomparables. Nombreux sont les portails et spectacles saisonniers annonçant sur la place publique ces manifestations aux couleurs locales qui feraient recettes mais, aux dépends d'une culture essentielle, enlisée, hélas politisée. C'est un tout opaque, une réalité diverse avec ces anachronismes qui s'étendent au grand jour sans afficher réellement d'unité dans une continuité déboussolée, exempte de sincérité, de fidélité... Et l'on craint bien souvent que cette propension à tout vendre n'essaime ailleurs, abondant d'une part les pouvoirs déconcentrés en place et s'accotant aux sphères d'influences prisées et dominantes, à la manne traditionnelle des caciques.

Alors, le Windsurf des plages, la Glisse, les Raids Nature aux parfums de Dakar, le Gr 20 et bien d'autres manifestations tourristiques et sportives ne sont plus le reflet, cette vaste sphère susceptible de rendre compte de la vie insulaire dans son ensemble. Tout au plus un aspect infinitésimal du fait culturel Corse pris dans une globalité extrême et contrastée. En effet, le sport, dans une acception très large ne se trouverait être qu'un élément réducteur considérable s'il n'était appréhendé dans toutes ses dimensions et ramifications culturelles et artistiques. Coupés aussi des témoignages quotidiens de l'expression populaire créative agissant pleinement et sans entraves, il ne signifie plus rien, que ces ébats sans lendemain de pure consommation, de sur-consommations. A ce titre, il n'est pas le vocable qui sied à l'âme d'une Île comme la Corse; parlons d'épreuve, d'apostolat quasi mystique envers la nature, d'émotions, de solennelle retraite au coeur de l'harmonie des mondes où il fait bon vivre dans le stricte respect, l'observance sacrée des vertus que la terre engendre à nos pieds.

Sur cette Île, tous les éléments naturels, les reliefs tourmentés ont façonné les hommes, arrimé le caractère et le code moral de l'honneur et de la vérité à la proue d'un temps qui ne se voit pas mais qui pèse humblement, dignement et que l'on décèle, que l'on regarde tel le sillage solitaire, une destinée à part . Et l'on voudrait qu'ils restassent l'expression vivante et pérenne de la beauté, de l'amour que les solitudes exaltent souvent du fond d'un vieux couvent à l'abandon en plein maquis, au bord des flots mugissants de l'hiver.

La langue Corse, bousculée par les péripéties et les aléas des invasions, aux nuances diverses et approfondies est une langue qui chante comme la brise des vallées. C'est une richesse recouvrée pour les poètes et conteurs qui en ont loué les rimes et la perpétuent tous les mois de l'année, exaltée par le Chant, la liturgie, les Polyphonies, la Poésie, l'écriture et aujourd'hui par le biais de l'outil informatique. Une langue qui ne divorce pas de la terre d'où elle est née, où elle a mûrit et engrangé de nobles influences, toutes les mélodies sapides et imagées des rives de la Méditerranée !

Partout à travers les suberaies, la forêt, la moyenne montagne se cachent les vestiges de la vie foisonnante d'antan, fortement tournée vers l'Agropastoralisme. Une existence qui était aussi soucieuse de l'esprit des Lumières, de théologie, à travers des visées institutionnelles remarquables et en avance sur le temps d'une Europe en sursis, en danger; l'Histoire en a voulu ainsi, une Terre de libertés, " A Tarra di u Cumunu "a payé un lourd tribut contre les fascismes et bien avant contre toutes les hégémonies enclines aux convoitises et aux dominantes de civilisations. De ce passé prometteur, il ne reste qu'un vaste empire de ruines parsemées, enfouies loin des villes et villages, dans ces antres oubliés de la Corse profonde où flotte toujours un air de désolation, de paix posthume, de grandes solitudes qui pour une fois inquiètent, rebutent et angoissent tout en s'impreignant de la munificence de la scène naturelle.

Et pourtant, au centre de la Méditerranée, ouverte aux influences diverses et nombreuses des pays riverains de la Grande Bleue, elle garde en son sein l'empreinte durable du passage, des apports, de l'incontournable richesse des rencontres et de la joie. Elle fleure déjà le voyage, ce goût du large et des horizons que le chant rappelle inlassablement comme une invite et qui rythme la vie de la naissance à la mort, vers la fête et la tradition bonne et prodigue, le retour au pays et ses subtiles privautés.

Temple de la beauté où l'amour côtoie la mort cruelle et le dénuement acérée de la roche; une Île s'étend, se répand, s'excave et se prolonge de baies en golfes, à l'infini... vers les ciels elle tend ses bras de porphyre comme une supplique sans jamais en faire le tour tant les saisons, les mois, les jours et l'instant jouent avec l'étonnement, l'émerveillement, la surprise, le renouveau.

Et c'est en cet instant grave, que je fustige ceux-là mêmes qui défigurent ces tombants plongeants dans l'azur, faisant de nos côtes les infectes clichés ou lieux communs, les rives, les marinas estropiées, les plages piètrememnt aseptisées de nos modernités consacrées et du lucre. Les collines s'effondrent sur des hectares, un regard sur le grand bleu vaut la prunelle des yeux et l'on se précipite pour vendre à l'encan la terre; partout où le nanti se pose en quelques lieux rares et privilégiés poussent tout autour de lui des dizaines d'habitations, ces murs d'enceintes qui privent le promeneur du seul regard qu'il lui reste, interdit les rivages sur des centaines de mètres voire des kilomètres, des barbelé hirsutes, blessants et infâmants!

La Corse détient les atouts d'une maturation perenne intouchable et primitive. Tous les ferments de l'évolution positive devant s'opérer avec mesure, discernement, réflexion et progrès. Au rythme des avancées visibles en matière de développement durable, la mise en valeur de notre Île fleurirait au lieu de meurtrir, de défigurer chaque jour des pans de terre aux seuls profits de l'Argent roi, de l'éphémère, des gains massifs et faciles, d'une occupation anarchique, tentaculaire des sites remarquables et prestigieux.

D'un tout petit esquif, d'une planche munie d'une voile, d'un voilier, d'un canoë, à pieds, je parcours des Milles et je contemple l'édifice des siècles et aussi la lente occupation des hommes de cette terre et je ne peux m'empêcher d'y voir ce souci permanent de l'esthétique et de la durable intégration, l'osmose avec le milieu que privilégiaient nos anciens. Qu'ils soient gens de mer ou de la terre, il en était d'une constante, ce soucis vécu aux époques passées pour la symbiose homme-nature. Cette profonde préoccupation aussi des sociétés traditionnelles qui mariaient le temps à la beauté, pour jouir sûrement davantage du fruit des saisons, de la durée, de l'appartenance tenace à une terre d'amour et de respect où il faisait bon vivre ensemble le partage et aussi la sainteté.

En lieu et place de l'évocation du vieux village s'impose maintenant la juxtaposition froide et désordonnée, tentaculaire du mitage, là même ou des milliers de gens s'entassent sans jamais pouvoir communiquer, enchâssés, enfermés pour quelques parcelles de tranquillité de plus et jalousement gradées. La vie communautaire n'est plus au niveau des structures, ces structures qui sont devenues de redoutables outils de richesse mais aussi grevés de leur lot d'isolement réducteurs. Et pourtant, de façon concomitante, le naturel revient au galop, comme une irrémédiable souvenance ancrée en chaque être né de cette terre. On fête, on chante, les foires artisanales explosent, le peuple se retrouve et avec lui terroirs, saveurs, savoirs-faire, vieux métiers, tout un réseau de relations et de potentiels qui semble pousser et tirer le temps dans le même sens, vers un futur antérieur inévitable.

Terre de contrastes, tellement accessible et généreuse, quelles seraient les recommandations des cieux susceptibles de guider en conscience et avec respect l'essor de l'homme sur terre et sur mer et non contre les éments ? Autour de quelles valeurs et nourrissant quelles vertus, une communauté pourrait-elle lier, nouer les gerbes fécondes de la subsistance? Comment rendre aux champs préservés, aux jachères prometteuses du respect de la vie leurs inclinations millénaires à la pureté, à la fertilité saine et entière, sans concessions ? Parviendrons-nous à sauver un cadre de vie exceptionnel parvenu au terme de milliers de siècles à tant de justes et louables splendeurs ?

Depuis maintenant quelques décennies, suite aux cours tumultueux de la vie sociale et politique de l'Île en mal de repères, de racines blessées et affaiblies, de visions tournées vers l'avenir, nous avons été les témoins, parfois les acteurs d'une réappropriation collective des terroirs et de leurs spécificités micro-régionales. Sursaut vital, existentiel, identitaire ont été de pair et de concert avec une reprise d'activités dans l'île plus que salutaire. Mais comme tout terrain en friche, vaste et à reconstruire, dans un monde et un paysage politique tellement descellé, assujéti à tous les intérêts circonstanciels ou conjoncturels, une sorte d'anarchie de développement s'est instaurée aux dépends de l'harmonie, de l'intégration, des équilibres que requerrait cette Île. Toute un région décolle, certes, mais n'importe où , sans destinations ni but ! A y voir de plus près, cette frénésie de développement conduira aux murs de bétons, aux barbelés, à la seule propriété privée morcelée qui tue l'âme de la terre d'accueil et de quiétudes qu'était notre Île.

Car reproduire les erreurs, les choix déraisonnables, le gigantisme des grands complexes, des grandes villes métropolitaines n'est certainement pas la bonne thérapie environnementale qui conviendrait à une enclave méditerranéenne comme la Corse. Il faut en revoir les proportions, à tous les niveaux de l'organisation et des aménagements du territoire.

Nous vivons aujourd'hui un acte et ses scènes cyniques et dures; l'explosion sauvage du béton, l'accaparement massif de la terre ancestrale par le " riche " venu de tous les coins de l'Europe et s'octroyant les plus prestigieux balcons sur la mer. A proximité, bien souvent hélas ! l'exploitation désordonnée et salissante de toutes les richesses d'une Île dont on connaît déjà les limites. La perfidie dérive, il est d'autres créneaux porteurs et lucratifs, l'argent n'a jamais eu d'odeur, tout est bon à prendre. Une autre liberté est à conquérir, celle des temps libres et des richesses au moindre effort, cantonnée aux seuls mois chauds. Et puis qu'importe si le littoral est souillé, les campagnes envahies d'engins mécaniques, les villes ampoulées et que les hangars défigurent sur des dizaines de kilomètres les routes principales, faisant de la plaine une excroissance de laides banlieues ou de zones industrielles pathétiques et déplorables.

Les villages résistent en leur coeur mais tout autour, le parpaing a remplacé la pierre ocre, blanche, le schiste et l'ardoise. Le crépis s'agrippe à la pierre rouge ou blanche comme une sangsue et dénature l'âme de l'habitat. La corse ne pourrait vivre et croître coupée du fond de ses racines, de son histoire, de ses chants, de sa culture et de ses savoir- faire revivifiés, approfondis. Il lui incombe de proposer une évolution sélective et réfléchie, intelligente.

Elle s'abîmerait, précipitée par la modernité non maîtrisée, se bradant, se vendant pour quelques caprices de haut luxe et ses lieux communs. Quant au poudroiement saisonnier des devises noyant l'éphémère réalité du Fait Insulaire en danger, il n'y a qu'un pas déjà franchi.

Une Île, qui décida un jour de se donner, de vivre un pacte d'alliance avec l'homme! et non la rupture, les flammes, la désertification, l'isolement et ses souffrances de pierres. Une île que l'on ne verrait qu'au frontispice du livre relatant la guerre et l'exil, la dénaturalisation acculturée, assaisonnée à la mode du grand monde ! un morceau de charbon... Serait-ce possible ?

Et si je lui voyais quelques instruments de pouvoirs, ce n'est certainement pas en ces partis, ces groupes de pressions que l'on nomme encore clans, ni en des institutions obsolètes et encore plus inadaptées que je porterais ma confiance mais bien plus en un  Collège de sages et d'hommes éclairés, vertueux et avant tout reconnaissants d'être les passagers d'un vaisseaux si sûr, aux voiles si vastes qu'elles brasseraient le monde à nos pieds chaque jour qui va et que la mer emporte avec les vents...

Je verrais alors mûrir à l'arbre éclairé de l'histoire la mémoire commuée en richesses, en fruits afin que cette île recouvre ses lettres de nobles apparats et de souveraines diversités; une île qui déborde au-delà de ses rivages et dont chaque enclave ne se satisferait plus d'un univers tronqué, braqué, en sursis de hideurs et d'irréversibles tâches.

Vaste et immense en est le patrimoine, la teneur en fruit, la promesse des compétences et c'est souffrance alors de juxtaposer dans la cohue tant de talents que la géographie et le relief retiennent, que les hommes influents ignorent ou refusent d'ignorer pour servir des desseins étriqués ou complaisants de basses politiques.

Une Île à repenser, à réinventer, une Terre à soigner et à panser, des Rivages et des sommets à louer comme la prunelle des yeux pour ne pas sombrer dans de fatals clichés de saison et dans l'amertume des jours d'hiver mités de solitudes bétonnées, presque endeuillées.

Une Vie Insulaire que le pas des saisons scanderait aux portes des villages et des vallées, récusant le morne exode rural, louant partout la prégnance des serments de l'homme à son berceau. Une existence pour exalter et protéger le beau, ou plus sommairement lui épargner ce qui  jure et dénote devant l'authentique lumière des pierres et des arbres.

La modernité a tant d'atouts; ne sait-elle pas déjà quelles voies prendre pour ne pas louer un culte aveugle à l'opulence, aux profits et à la démesure conquérants qui ne se soucient guerre d'un Avril, du Mouflon, de quelques arpents de Réserve condamnés à terme au rang de curiosités pour espèces en voie d'extinction.

Phare dans la nuit, balise dans le tumulte de la production effarante, réceptacle de la mer et de toutes les rives et des ports marchands, une Île est là qui prédit avant l'heure le déclin, l'occlusion inévitable. Les miasmes fracturés et pulvérisés de la consommation arrivent sur nos côtes, colonisent le sable et la terre en tous ces lieux sauvages. Sur les plages apprêtées, on dispose les transats et on ramasse quelques papiers pour le confort précaire et coûteux du vacancier. A quelques lieux de là, la terre s'embrase, les routes asphyxient comme des bouches de métro et le ciel voilé darde les rayons d'un soleil que je ne lui connaissais pas, capables de brûler gravement

Concentrations pléthoriques et insensées, afflux massifs localisés, surpopulation, débordement, absence de structures, une île, comme un vaisseau de réfugiés sombre dans les touffeurs de l'été et rejette aussi à la mer, vers ses décharges le surplus colossal de déchets qu'elles ne sauraient traiter, absorber, éliminer sans un coût mortel porté à la Nature et à l'environnement.

L'image de la laideur s'associe à la multiplication des lotissements et des fragments de terre appropriés. En effet, combien de fois n'arpentons-nous pas les abords des villes et des villages, les campagnes sublimes sans être choqués et consternés par l'ampleur des dépôts qui salissent la vue et le regard. Des pancartes aux épaves, à ces édifices jamais finis ou détruits en passant par des chantiers innommables, des routes saignées dans le maquis " girobroyé " et éclaté où traînent des monceaux d'emballages industriels, ces abords de rivages lacustres où dans la clandestinité on vient y abandonner ordures et monstres, ces immenses propriétés où de la route, des chemins l'on voit s'entasser les rebuts, les carcasses et tout ce que l'avoir glane, range avec le temps et l'inutilité bien souvent ... ! La promenade et l'errance ne sont jamais sereines et partout où la nature, le cadre ancestral se sont évertués à nous transmettre l'harmonie, l'être humain gâche le béton et le déchet. C'est bien là les rançons du morcellement, de l'émiettement, de la pousse irraisonnée des murs, de l'aggloméré qui ceignent et étouffent les villages, les anciens ports. L'urbanisme, à de rares exception près ne veut plus rien dire ! Parlons plutôt de conquête de l'Individu sur la Terre sans fin ni égards envers l'entourage. C'est ainsi que l'on arase les collines entières, que l'on déchire des montagnes et des versants superbes, que l'on s'étend à perte de vue en créant non pas des villes tentaculaires mais de vastes plaines défigurées et désertées neuf mois de l'année !

Le constat est amer, l'esthétique, n'est plus de mise, quant à la beauté qui accompagnait le vocable d'Île, elle est en sursis, menacée et ne vaudra guère plus que celle des faubourgs qui jouxtent les plages de béton de la Côte d'Azur et de bien d'autres contrées.

L'avenir est sombre et pourtant plus qu'ailleurs, le développement harmonieux, l'activité des hommes auraient dû prendre ici tous leurs titres de noblesse, éviter des erreurs colossales commises ailleurs. Il est encore temps, des espaces à préserver, d'autres innombrables à réhabiliter, pour chacun d'entre nous afin de tendre résolument vers  cette Île des Beautés dont on nous évoque si souvent les charmes. Il y va de la volonté de chacune, de chacun, dans un grand élan de sauvegarde de l'Île, d'une certaine idée de sa terre, de l'amour des racines qui ne pourraient jamais puiser l'eau des montagnes sous les fondations de bétons, les carcasses huileuses de voitures, l'asphalte conquérant de tous nos anciens chemins disparus ou envahis de ronciers.

De la Mer à la Montagne, la Corse doit renaître, recouvrer la fertilité et la clarté de ses champs d'autrefois, redevenir une ode au voyage des saisons et, que cet élan naturel authentique s'empare à nouveau des concentrations humaines, puis qu'il est dans l'ordre de l'évolution d'y faire face inexorablement.

A nous de ne pas démériter sur cette terre dont les Anciens nous ont légué et ouvert la voie de tant de suavités marines et champêtres

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2 ème Ecriture le 29 Mai 2011