Ta lumière éclatait alors
O terre de sang
Les automnes luisaient comme des armures

Ruisselaient d'or parmi les sables
Et les panoplies du sommeil
Irradiaient des braises de soie
Je cherchais mes amis
Dans des rêves de solitude
Ma nuit ardente enfantait des aurores de feu
Quand pourrai-je revêtir
La parure des oiseaux de fête
Reculer les limites des cieux
Laisser couler des fleuves d'albâtre
Dans la pureté de mes mains lucides
Anéantir les échos de la soif
Et grandir dans l'ombre démesurée
Nous marcherons haletait le cantique inspiré

A la clarté de tes flèches
A la lueur des éclairs de ta lance
Nous ravagerons le désert

L'angoisse me saisit
La terreur de l'espérance
Roulé vivant
Dans l'ouragan de ta chevauchée
Aveugle dans ton tourbillon
Jusqu'au jour où les coursiers
Atteindront les limites infranchissables
Se cabreront dans l'éparpillement de leurs crinières
Au déchaînement sourd des orgues des falaises
Devant la puissance en arrêt des flots
La chevelure rebroussée des vagues
Le rivage qui pèle
La mer seule est illimitée

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DOM HUGUES PORTES

"L'horizon intérieur"

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 S8