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L_Onda_Sola 

Ou l'émergence d'une Pensée

 

Non, ce n'est plus Vintilegna, Valincu, San Ghjuvanni, Tizzà, Erbaghju, Mucchju Biancu è tant'altri ...! D'autres destinations courues du Grand-Sud ou du Nord des Îles de la Grande Bleue.

C'est  " L'Onda Sola " ou la Vague Solitaire ...! Je l'aurais aussi bien appelée " Isula Sola ", comme ce livre profond et essentiel écrit par Petru Rossi !

Un Site sauvage, inhabituel, exposé à l'Infini où la Houle et les Vagues ne s'expriment que par " Avis de Très Fortes Vagues " émis par les services météorologiques... Le Fond ? C'est une Dalle lissée sur des Hectomètres carrés de Superficie, profonde, ponctuée de Secs qui remontent et menacent, qui brisent et hérissent le Large. Inclinations de la terre et de ses éclats d'îles prosternés au seuil du Ciel !

Quant aux Vents, ils décuplent, s'engouffrent et s'affolent les jours de Libecciu. Le Cap est austère et l'esseulement total, Antique. Les tombants ocres, dénudés et polis, en disent plus que tous les contes et la prose réunis, les rimes embarquées des poètes, le récit des marins restés à terre ... Et pourtant, ils ne seraient pas ici à cours d'inspirations avec ces stylites de granit qui veillent inlassablement sur la mer, des Colonnes d'Hercule aux Cyclades ...

Là, on ne navigue plus mais on risque, on ose, on éprouve et on ressent ...! Mais au grand jamais on ne se mesure; ô intrépide Marin !

Il n'y a pas de place pour la " Raybane, le Chewing Gum et l'artifice " ... Quant à la mise à l'eau, elle reste lointaine et l'approche méritée, à la seule voile, à l'aile de la pureté. Et quand ces fonds daignent accorder leurs pentes aux humeurs des vents rebelles, il faut savoir qu'en mer, sur ce trajet, il en est de même de la grande Houle et des Solitaires qui chutent sans prévenir, un peu partout, soudaines ...

J'entends encore ces rafales terribles, assourdissantes qui envahissaient mon âme en ce jour de Novembre. La mer enflait, gonflait, s'élevait si haute que je n'apercevais plus les rives en dévalant au fond des creux écumeux. Et ce refus de poursuivre, de rejoindre le seuil de l'Au-delà, l'ailleurs, dans l'arêne des cieux confondus, envahi par une crainte indicible, une puissante émotion, l'euphorie insensée de l'enfant .

Ce sentiment de " l'Infiniment petit " et de grandes dérélictions - perdu au milieu de la tourmente, tombé si bas aux oubliettes mouvantes et dispersées de la tempête, élevé tout en haut des châteaux d'eau, traçant une route suicidaire au vent de la roche - , ce sentiment indicible ne me lâchait plus.

Je n'aurais eu à un moment critique, au coeur d'une chute, aucune autre issue que celle de m'abîmer ou d'être projeté à plusieurs mètres de hauteur par des lames dont je ne supposais pas qu'elles fussent si vastes, si grosses et massives, si rapides.

Aujourd'hui, j'attends l'opportunité, l'accord consenti de ces lieux de recueillement... Je me suis promis de tutoyer cet univers au commencement des mondes, là où la géologie précipite les ères comme des pierres que seuls les vents et les gouttes d'eau creusent, évident et dissolvent ! On entend là-bas le chant des Tafoni, l'orgue magistral des abrupts virginaux, les Polyphonies sans âge aux noces de la terre et de la mer. Le chant des quatre saisons qui débondent en choeurs leurs parfums d'écume, toutes les chagrins des monts et des sommets déchus ...!

L'errance en chemin délivre souvent ces thébaïdes où l'existence, comme l'âme de l'oiseau, plane au-dessus des mondes multiples.

Quelle énergie, quelle volition dicte à la côte l'expression fluide et éphémère de l'eau venue se perdre comme un dernier regard, refermant à jamais une paupière unique baisant l'éternité, en un point d'ultime rencontre

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MARIN

 

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