Tempête_San_Ghjuvanni

 

La mer croulait sous les grains noirs. Une atmosphère étouffante et confinée s'abattait sur les flots. Et pourtant le Libecciu hiémal cinglait, fou, furieux, sans entraves, maître incontesté du temps. Quelques oiseaux marins voletaient et se posaient à l'orée des vagues; sans doute pour confier leurs desseins à l'oeil de verre de ces lames terribles...

Et les grains passaient, se succédaient, inlassables, s'abreuvant de toute la mer, se grisant de toutes les bourrasques. Ils instauraient la nuit ou ces arpents mouvants de solitudes que les déferlantes éclairaient, illuminaient par magie; elles puisaient des fonds paisibles ces vérités infrangibles qui séduisent les anges et que l'embrun révèle loin du monde de l'éphémère

Marin