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LA_DUNE_

 

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Lorsque j'arrivai en lisière de la dune, je sentis mes voeux exaucés dès le premier regard.

Le sentier se perdait, dispersait maintes sentes dans le maquis dense et ras du bord de mer. La brise s'était levée et hâlait l'Ouest. Elle agitait un épais massif de prêles. Entre le feuillage abondant et lancéolé des roseaux et les épis qui dansaient, je regardais les montagnes, les cimes et les crêtes qui délinéaient le ciel. Tout un univers pers naissait à mes yeux. L'été touchait à sa fin dans la fraîcheur matinale et azurée d'un grand frais de Nord-ouest.

La dune, lentement se révélait. Encore plus belle qu'elle ne le fût les jours de canicule passés... Mais elle recelait et portait en elle, partout, la souvenance des saisons, l'évocation et la luxuriance du printemps, les senteurs et les effluves presque musquées de l'été et des fortes chaleurs.

La mer et les vagues l'avaient creusée et relevée, la rendant plus abrupte. Au pied de la longue marche de sable et de galets découverts, les flots accouraient et léchaient la grève dans un jappement ininterrompu. Une litanie euphonique me berçait ; je demeurai hors du temps, me sentant flotter, tellement lèger ...

Je me mis alors à fouiller ce vaste sablon, quêtant en lisière de maquis quelques fleurs audacieuses qui bravaient un mois d'Août sec et très chaud. Le pavot jaune et quelques lys s'offraient une seconde floraison. Les algues, appuyées pêle-mêle contre les longues ganivelles, retenaient le sable et assuraient à la dune un parfait maintien du substrat, une assise fertile en voie de pleine régénérescence.

Je regardais alentour passer les mois, la pluie, la sécheresse dans une efflorescence désordonnée, touffue mais ô combien étonnante et unique ! Quel jardinier aurait pu agencer et concevoir pareils délices au bord de la mer, sans autres soins, attentions que le sel des brisants, les vents et les brûlures du soleil.

Un coin de désert où la moindre goutte d'eau, si près de l'océan, à l'unisson de l'orage, de l'ondée, de l'automne, venait encenser la profuse éclosion  ...

La montagne pulvérulente et brûlante, tavelée des rousseurs de l'été, rendue aux fantaisies de la mer et des vents !

Et au fond de l'anse, le coeur des prêles abondantes et si hautes cachait le passage furtif des bêtes sauvages rendues, la nuit venue, à leurs indéfectibles besoins d'eau douce et de bains de boues.

Entre les reviviscences de tempêtes, les soirs d'été languides qui parlent aux étoiles, la pêche à la ligne, ces effusions de glisse tractée par un cerf-volant, une petite voile caressant le galbe des vagues, un bain de mer à l'étale du lever du soleil,

une dune authentique et sauvage livrait devant moi des trésors de vies inoubliables, l'unique témoignage d'une symbiose ineffable entre la Nature et l'Homme de demain, à toujours !

 

Marin

1 ère Ecriture le 30.08.2011 - Lecture à mes Petits Enfants

2 ème Ecriture le 11.04.2012

 

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