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NOVEMBRE 2011

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L’ OFFESA MUTA  ! L’OFFENSE EST SILENCIEUSE …


" ... Il y eu la gehenne du feu. La mort calcinée pointe ses doigts acérés vers l'azur ! Plus bas, la mer ne soupire plus au rivage. Viendra la géhenne irréversible de l'or noir ... Murmure du vent et du flot que la fange étreint, tu n'es plus que l'ombre nauséabonde de la modernité, le spectre fétide des trônes injustemnt élus qui s'incrustent ! ... "

 

 

 

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SUITE DU DIAPORAMA / CI-DESSOUS

 

L’Histoire de la Corse nous concédera ces vocables terribles qui jalonnent des siècles d’invasion, de domination, d’occupation, de souffrances et de tourments. Que de chants ont clamé l’offense restée muette au-delà des rivages d’une Île que la mer, les vagues et le tumulte des vents étouffent.
Ecoute-moi, toi qui aime tant ta terre, des cimes altières aux horizons bercés d’azur, va et découvre l’autre offense, cette offense encore plus pernicieuse que les legs oubliés d’un passé qui ne pèse plus aujourd’hui que l’irréversible engeance du profit, de la spéculation, de l‘accaparement.
Ici, plus qu’ailleurs, la Nature donne sans compter, tu le sais ! elle offre, elle régale et l’homme prend, il se sert avidement et ne lui rend que le rebut, les déchets des siècles, des époques, des modes exacerbées.
Sache aussi que bien souvent la beauté, la majesté, les splendeurs de l’éternel sont des dispositions, des inclinations de l’âme que l’ignorance et la bêtise méconnaissent. Et si d’aventure il fallait leur accorder du temps, des soins, quelques attentions non lucratives, ce n’est pas du côté de la cupidité et du paraître qu’il faudrait chercher assistance pour sauver  ou préserver quelques arpents d’authentique nature. Et cela d’autant plus que de vastes portions littorales auraient été déclarées zones sensibles de protection renforcée. Non, à ce niveau de débats, on ne dialogue plus, on s’affronte en hauts lieux sur le dos d’un patrimoine aux abois, en sursis.

Ah, entend-t-on là-haut, on ne peut ici spéculer, bâtir, occuper, détruire, aménager à notre guise ; délaissons alors ces vitrines cachées de notre terre. Un seul cliché, une vue d’avion suffiront à vendre à l'encan le produit juteux et, que nous importe que les fonds marins, les dunes littorales et le maquis soient souillés et à l’abandon total , disent les uns !
Quant aux autres, soucieux d’écologie, d’écosystème, de biodiversité, ils se lamentent, peinent tant et plus dans un climat de pénurie de moyens et de personnels, ayant à gérer en si petit nombre des Milles marins de Réserves, de Parc, de Sanctuaires.

Certainement, c’est ailleurs que l’on place les deniers publics ! Je ne vous accorde pas en ces lieux de droits de réponse ; il y sonnerait si faux comme ces discours officiels chus de Marboeuf et consorts ...
Oui, hélas ! La Société moderne invente, elle instaure quelques parades habiles pour masquer tout forfait, ses exactions innombrables qui se cachent plus aisément derrière ces noms ampoulés de développement durable, de politique de l’Environnement, de Préservation des grands équilibres biologiques, etc … Velléités, vœux pieux, certes louables à l’échelle des moyens dérisoires que l’on accorde aux protagonistes de la protection des espaces sensibles, mais également - il faut en convenir à la vue de telles images vivaces, au cœur des parcs et des réserves - duperies, infamies, trahisons des corps constitués à l’égard de notre environnement, du cadre de vie, de la nature tout simplement qui nous octroie tant de bontés !

Politiques ! on vous interpelle... Laisser perdurer ceci est un crime perpétré contre l’avenir, vers le passé, à l’encontre de tout citoyen, contre Nature !
On dilapide dans l’ignorance ou l’indifférence - ce qui revient au même - les biens imprescriptibles et séculaires des populations, de tout un chacun, des anciens, la beauté même, l’exemple de la vie que la mer aura délivré aux hommes afin qu’ils en imitassent indéfiniment les richesses. Mais aux prises avec les décideurs sans scrupules, il n’en sera pas ainsi du devenir serein de nos régions, du territoire insulaire, du cadre fondamental de l'existence.

Le Créateur manda son Fils pour racheter les hommes;  ils l‘ont lapidé et crucifié ; le chemin de croix perdure, s'allonge …! Il en sera pareillement de la mer, de la terre qui ont remis la vie entre les mains de l’homme : ses représentants la lapideront, la souilleront en cœur, du haut des symposiums et des G28 ! En ces temps aveugles de guerre totale menée contre le substrat, nous vivrons et perpétrons l’industrie de la mort, la mort industrieuse que l’argent plaque et colle au temps qui passe comme une oraison funèbre.
Entends-bien que le passé n’aura jamais été aussi cruel et menaçant  qu’en ces jours qui viennent, en ce sens qu’il n’est pas encore, qu’il reste à venir, entre nos mains, nous qui le voyons défiler, s’éloigner déjà loin devant nous, derrière, préfigurer au quotidien ce que demain sera fait, ce que hier sera, ce que les jours qui viennent sont déjà, ou auront été, en vain, envers et contre tout, toujours plus dévastateurs que jamais !
Dis-moi, Comment arrêter la lente et totale agonie des mers ? C’est vrai, vous sommes ici loin des concentrations urbaines. Ces baies qui jadis arboraient tant de beautés trompeuses tant elles décimaient de vies, insalubres ; elles affichent encore ces noms et toponymes de Golfes galvaudés ou usurpés à quelques potentats d’occupation.

Saches qu’en ces lieux que mille rus ont dessinés, cents vallons, les vents et la mer ont façonnés et ouvrés les desseins de la création ; ces dons de l’éternel chantonnent partout, embaument, éclairent chaque parcelle d’âme et louent le vol majestueux et blancs des oiseaux des champs et des ilots. Des Îles, en face et au large nous contemplent des siécles des siècles, semblant flotter sur les horizons de l’Orient ; elles sont une invite aux voyages, à l’abandon, à toute partance emplie de rêveries et de contemplations à l’encontre des sommets enneigés et des tombants de verdure que les baies reflètent, cerclées d’ocres et de blancheurs.
Le maquis régnait partout, il enivrait. Il avait octroyé aux Genévriers majestueux et noueux les plus beaux balcons sur les flots, dispersant çà et là de délicieuses retraites ombreuses et fraîches. La dune, contre leurs racines profondes et étendues, lui livrait toutes ses fantaisies, ses redondances et ses rondeurs blondes comme les blés. Elle ondoyait aux touffeurs de l’été, libérant mille senteurs d’herbes et de plantes séchées, immortelles parmi les immortelles.
La dune était ce feston, un galon doré qui ourlait et galbait encore plus la rive. Une grève généreuse et large munie de milles atours et de mille défenses qui eussent préserver la lagune en amont des assauts du Levant et du Sirocco. Je voyais parfois paître le troupeau ou folâtrer l’échassier, l’oiseau limicole dont je ne savais pas le nom tant il y en avait, à profusion …
La brise caressait cet univers de quiétudes et d’harmonies sous le lancinant balancement des astres et des flots que la nuit et le jour partageaient avec le pèlerin.
Et quant au petit matin, à l’affût, d’un pas léger le promeneur surgissait et surplombait l’onde cristalline, cent reflets de sars, de muges, de poissons et de chasses animaient les prairies marines. En ce temps-là, je te le dis, mon petit, on trouvait ici quelques évocations de l’Eden, les signes tangibles et envoûtants d’un grand ordonnateur de la vie, de l’amour et de la beauté.
Et si d’aventure il te plaisait d’arpenter le coteau, quelques versants, les adrets, l’ubac, au cœur d’un maquis encore humide et dense, aux détours de ces sentes animalières parsemées de traces et de marques, entre les premiers rais d'un soleil printanier, tu remontais alors le temps immémorial de ce qui devant toi était le commencement des mondes. Des oiseaux étranges venus d’ailleurs, parfaitement adaptés à la noce des éléments s’envolaient et palpitaient dans l’air frais du matin et nous racontaient leurs longs périples, leurs migrations si mystérieuses.

Comment aurais-tu alors pu abattre en plein ciel l'icône à la pureté , chasser ces migrateurs parvenus jusqu’ici pour trouver asile, repos, nidification ?
Inconvenant, inconcevable, traître à l’ordre des choses, tu aurais alors démérité face à l’œuvre sempiternelle des cieux, ressentant le moindre accroc au plus profond de ton âme. Un pacte te liait indéfectiblement aux dieux, à la pérennité, au passé, à l’avenir. Tout n’était que paix, recueillement, émerveillement, désir de partager milles émois avec la descendance, le prochain, l’inconnu de passage.
Partition au cœur de l’univers, la plus infime frange de littoral, de crête sommitale se rapproche alors du sommeil de la terre et de la mer, et font l’éveil toujours recommencé des enfants du monde.

Mais aujourd’hui, regarde, découvre, révolte-toi, crie et dénonce, montre ce que les puissants font de la terre et de la mer ! Ils le savent, ils le taisent, ils le cachent et l'entretiennent loin des bénéfices … Ne sont-ils pas lâches envers eux-mêmes ? L’offense est muette, l’histoire ne suffira pas à tout dénoncer, certes, l’ennemi est ailleurs, partout, il gagne, rampe et s’insinue au plus bas des esprits de la chair et du métal. La marée de déchets finira par constituer un Amoco Cadis sur nos côtes, avec le temps, à doses infinitésimales.
Avec quelle incurie, indifférence, avec quel mépris et cynisme on laisse tes rivages s’engorger de miasmes et de souillures, de cette fange noire que l'on voit coller aux pattes des limicoles et des échassiers englués aux portes des villes balnéaires, près des ronds points pléthoriques qui " resplendissoient " Noël et le fric !
La vie n’y est plus, la mer n’est ici qu’une masse mouvante de détritus que  les jours de houle brassent et projettent vers les lacs, les lagunes, dans les chairs mêmes de la terre et des montagnes. Elle y entasse les caprices des sociétés repues depuis des décennies ; l'invisible est colossal, défie les millénaires dans le sable, sous la dune.

Et les vagues, mortellement, sordidement broient et incrustent dans la terre mille détritus, chaque jour, imperceptiblement ou avec fureur les polit et les fragmentent. Tout dépendra des arrivages, des commandes des bâtisseurs des mondes nouveaux, des surplus, des déviances au coeur même de la tempête … Et en toile de fond de cet affligeant tableau, une carrière immense ; le creuset de la démesure, ces excavations gigantesques à cieux ouverts qui précipitent la montagne à coup de bulldozers et de dynamite.
Ici, aux pieds de la Grande Bleue, les flots rapportent aux rivages le lourd tribut de l’abondance et du gaspillage. Tandis que l’on dépossède la terre, que l’on souille et salît chaque jour davantage l‘azur, toi, notre terre tu te vêt du manteau glacé, inerte et gris du bâtis. Le luxe, le lucre exultent à deux pas. Le goudron et le plastique les enchâssent ; un mur, un barbelé suffisent à les abêtir !

Le regard vers le grand bleu n’a effectivement plus de prix, il vaudra son pesant d’or noir !
Alors, je te laisse découvrir mes regards, mes yeux consternés posés sur l’errance, sur novembre, au cœur d’un été indien qui n’en finit plus, de mouches et de moustiques, au bord de mes pas écoeurés.

Ce jour-là, la mer était d’huile. Dans les Lointains, une grue, plus haute que la montagne commençait de s’attaquer aux rochers. Un  versant, une autre supplique vers la mer ne seront pas entendus mais sacrifiés… Demain surgira pire que tous les passés ! Les méandres troubles du futur sont déjà tracés. Les hommes ont acheté la Terre, désacralisé la mer, barré la liberté, bardé de fers barbelés ces désirs d'évasion qui nous habitent. Ils misent sur une nouvelle donne, une grille implacable ; les bouches d’égouts parlent à l’échelle de la planète … Les cartes et les dés sont truqués, pourquoi encore les jouer ?

Et peu leur chaut que la vie, en ce vaste monde du silence agonise, s’asphyxie, périclite. Ils usent avec le temps leurs droits de véto à des fins minoritaires, reléguant dans les culs de basses fosses de la politique les vérités tré - passées qui les intronisent dans les nouveaux temples de béton et de composites.

Vois-tu petit fils, petite fille, au loin naître une montagne dans la mer, mille arbres puiser dans l’eau claire de tes pensées fécondes et en chaque racine du ciel tous les sucs des saisons ! Ils s’élèvent majestueux comme une foule conquise et vouée aux splendeurs d’un rêve. Non, ce n’est pas une illusion ! Je sais que parfois les illusions embaument, flottent et dérivent au gré des vents, mais ces joyaux que la durée offre au temps, à l’éternel sont d’autres harmoniques … Sans doute l’opéra des cieux et de la terre que les vents traversent au-delà des visages de pierres, de ces sculptures que les travailleurs de la mer et des monts ont posées ici telles des vigies, des témoins devant l'éternel. Puisse l’eau les portraire indéfiniment au seuil de l’étrange et de l’ineffable, au-delà du cauchemar à visage humain !...

Mais que font encore ces hommes en cols blancs investis des pouvoirs des foules ? Où placent-ils les richesses incommensurables jetées dans l’urne sordide de la terre et de la mer par les peuples esclaves et asservis qui survivent si loin de vous  

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Ghjorghju d'OTA

 

 

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La Lagune, en ces rivages lacustres, devient le déversoir où se ruent avec les vagues une grande partie des ordures et des déchets. Ils s'entassent avec les algues, le sable, les branches. Elle enfouie des tonnes de déchets depuis des décennies.

Oui, avec l'homme, la Nature finira par mentir, enfouissant tout, cachant ensemble la hideur du silence et de la méprisable offense

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