MARE_TEMPORAIRE_

Colverts


La lumière et les contrastes sont intenses. L'oeil peine à s'y habituer. Un torrent de montagne a retrouvé son lit et l'embouchure qu'il rêvait sur la mer. Il y avait jadis un immense parc automobiles là-même où miroitent ces Pozzines de vallées littorales.

La floraison est magistrale, presque solennelle couvrant désormais de vastes zones humides ; je contemple ce qui aujourd'hui est devenu une vraie mare temporaire. Un Biotope sensible foisonnant de vies aux pieds des montagnes pétrées du Grand Sud. Et chaque année qui passe apporte son lot d'inattendus, de surprises et de ravissements... La Nature exulte et flamboie !

Le concert des oiseaux est splendide. Ils se donnent à l'azur et au temps à gorges pleines et déployées ; j'entends et discerne les plus petits d'entre-eux ; leurs trilles comptent aussi beaucoup depuis toujours. Aux détours des massifs de tamaris, une compagnie de colverts prend son envol et se rabat dans les gerbes de roseaux et de jonquilles en cancanant. Au-dessus de la dune les premières chaleurs voilent les écueils lointains qui barrent et veillent l'entrée du détroit. On croirait voir la mer au sortir du désert et ses dernières dunes sur fond de ciels. L'illusion est parfaite qui surprend et invite au voyage. Les montagnes ont ouvré le temps jusqu'au dernier grain de sable qui façonne une douce écharpe littorale.

Le jour est limpide, mai consent à la douceur des brises marines, la mer entonne une petite houle lointaine tandis que le ciel effile ses plus hauts nuages.

Quelles scènes, quels théâtres le désordre et la rébellion prodigues et pérennes de la Nature, l'absoluité de toute chose orchestre !

Toujours émerveillables, sensibles à ce que l'on pourrait nommer la beauté, émus au seul fait de fouler la terre à chaque pas au coeur de la vie, parmi la profusion des fleurs, l'homme ici-bas se retrouve et se ressource. Je le croise, nous nous faisons si petits ...

Pourquoi faut-il le concentrer et le parquer comme les troupeaux que les profits sanglants déciment dans ces concentrations inhumaines que l'on nomme mégalopoles ? N'y aurait-il pas d'autre salut ? Pourquoi ne pas envisager un retour à la réappropriation progressive d'une existence où il lui serait possible de renouer avec ses racines, les saisons ...!

La beauté, ne s'abreuve-t-elle pas à la source de la vérité ?

 

1 ère Ecriture  02.05.2012

2ème Ecriture le 03.05.2012

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Les Tamaris bordent le fleuve qui s'écoule lentement. La dune  inlassablement dessinée cerne  deux mondes. La mer et la terre nous convient à leurs noces, aux saisons, aux facéties lumineuses du temps . Pour une fois l'Homme aura rendu ici la plaine bordée de ciels à ses sommets

Liberté

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Profusion au mois de Mai