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La mer totale alourdie, comme alentie des vents fous fouette le ciel. Les vagues défilent inlassablement le long de la côte et n'ont pas encore opéré la magie de leur diffraction et des contournements. Les golfes s'engorgent, regorgent et l'on voit en leur milieu refluer les veines d'eau limoneuses, témoins des courants de profondeur... La tempête règne et seules les montagnes la regardent la laissent passer, s'épuiser, revenir en fardant les rivages...

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SCELERATES

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Là, on ne plaisante pas, plus du tout et qui s'aventure en ces lieux de déraisons, de délires par ces vents fous et tempêtueux, venant de la mer, jouant à dresser ces lames d'une autre dimension, engage à coup sûr sa vie.

En effet, le Libecciu d' hiver s'est levé et percute l'Île de Corse, sa façade Occidentale de plein fouet ; il s'engouffre dans tous les Golfes qui le canalisent. Vers le Golfe du Lion, la Tramontane établie au Secteur Nord-Ouest donne tout son souffle ;

au large, dans le Sud-Ouest du Bassin Méditerranéen Occidental, vers Alger, le Nord-Est du Maroc, le Vent de Sud-Ouest pulse une longue Houle de même provenance...

Imaginez les conjonctions, les superpositions de Houles, ces rencontres dantesques qui s'opèrent au coeur même de la Méditerranée, vers les Îles de Sardaigne et de Corse !

Des forces colossales, des Marées de Tempêtes, une longueur d'onde inégalée là où les fonds toisent par endroits les 40 Mètres. Une vision de grand large, c'est hallucinant !

Vintilegna n'en finit pas de s'ouvrir, ses bras semblent étreindre la côte de Fenu à Roccapina, les vents l'auraient contraint à ouvrir béante ces bouches titanesques de rocs, de tombants, de dévalements rocheux, de montagnes tombées dans le détroit. Et le Libecciu se déchaîne, ses rafales brutales cognent et poussent, déséquilibrent. Tantôt Il hache la mer, tantôt les vagues la lissent aux abords des rivages écumants.

Ce spectacle entonne l'apothéose des éléments et tout témoigne de cette furie libérée, exaltée. Un temps qui s'extrait de l'univers artificiel des hommes, que seuls les oiseaux marins survolent et toisent de leurs ailes précises.

Le rocher, partout l'écueil qui surgit là où on ne le soupçonnait pas, un golfe qui se redessine et que la tempête domine, élargit, façonne à sa guise.

Ce jour-là, je croisais autour des Îlots de A Tunnara, la mer était rude, dure, la navigation difficile et chaque approche de vague signifiait un terrible enjeu. Les heures étaient solitaires, grises, Novembre balayait l'été indien ; on entendait la houle gronder et virevolter en panaches d'écumes. Les voiles blanches de la mer fumante nimbaient toute la terre de Corse, le Grand Sud et les Bouches s abreuvaient d'azur et de volutes, de l'haleine des plus hautes vagues. Les vents doux que l'eau encore chaude générait, vers les sommets frontolysaient.

 

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La mer est grosse - Entrée de la Passe de Punta

 

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