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Voilà un espace qui aurait pu devenir une des grandes curiosités du Grand Sud de notre Île, avec son embouchure prestigieuse, son cours d'eau légendaire, son regard vers le Ponant subjuguant / Un massacre à Ciel ouvert ...  Je le pressens condamné à l'asphyxie, à sa disparition. Il y a 30 ans, ce Site resplendissait encore, surtout au printemps ! Regardez, sa Contre-Partie, plus bas et Comparez : il n'y a pas photo ! 2 mondes et entre eux, un gouffre : devinez lequel !

" Testimone à l'eternu "  

J'ai vu des Caterpillars bousculer une dune pour y flanquer un stade, couper le chef d'une colline pour y flanquer un très riche, condamner un Site Littoral remarquable pour y infuser les miasmes d'une ville... J'ai vu des bulldozers changer le cours d'un torrent et faire de la dune des digues infâmes pour protéger des implants de bétons au bord de l'eau - Zones Sensibles - ...! Et je ne vous dis pas ces petites marinas où l'on improvisent les escaliers en béton pour les petits pieds de madame, dans le décors des dieux, noyant de ciment les plus belles sculptures de rochers ou improvisant çà et là quelques solariums bien cachés des regards. J'ai vu des tombants de ruines explosées au plastic souiller encore le regard de la mer vers la terre et trôner comme une insulte, un défi à l'authentique et humble beauté, à la volonté des puissances de la nature...

J'ai vu des bennes géantes déverser sur le littoral des blocs énormes, recouvrant la plage, pour servir les intérêts de la propriété toute proche ne voulant rien concéder, pas une once de servitude à la mélopée des flots. Bien des anses ont ainsi péri étouffant sous les gravas ... Je bute encore contre ces murs hideux dressés sur le sable et cloitrant la fortune au ras des flots, quand il ne reste au promeneur que les lames battant la roche acérée, pour unique issue !... Et la puissance des chevaux vapeurs, de la roue lacérent le silence et le brocart du sable lissé des flots à l'infini ! Terra, O Tarra ...

 

 

UN LIEN UNE ETUDE

 

http://sm-wimereux.univ-lille1.fr/enseignement/DocPeda/documents/StageLE/ExposeLaisseMer.pdf

 

PREAMBULE 

C'est là un sujet plus que sensible, touffus, juridiquement tellement controversé. D'autre part, l'Environnement Physique, les Reliefs, la Nature même des sols à proximité de la mer  méritent une étude très approfondie capable de rendre compte des Intérêts en jeu, des stratégies de développement et de préservations prioritaires, dès lors que l'on prétend cadrer avec le Milieu, l'Eco-système, la Biodiversité, le Développement durable.

D'autre part et l'on voit très bien - cela avant les dispositions effectives de la Loi Littorale fluctuante - que les Côtes, les Rivages, le Milieu Marin même dans leurs interfaces avec les terres ont eu à subir les volontés et le diktat d'une stratégie d'exploitation allant jusqu'à la spéculation immobilière et industrielle tous azimuts ; où que nous soyons, autour du Bassin Occidental de la Méditerranée, s'étendent les méfaits d'un urbanisme à la fois anarchique, conquérant, envahissant et très préjudiciable pour l'Environnement. Aujourd' hui, en ces zones, le processus serait irréversible sous peine de provoquer des catastrophes d'ordre socio-économique...

Mais bien au-delà, il est encore temps de réfléchir et d'éviter en maints endroits cette surexploitation des domaines et espaces sensibles, remarquable qui confèrent à notre île, en d'autres contrées attraits, intérêts, engouement et curiosité. Il ne suffit pas que le site présente des caractères d'inaccessibilité pour qu'il soit décrété intouchable. Bien d'autres lieux sont durement touchés dans leur aspects exceptionnels de rareté, de richesse, d'équilibre et de qualité des milieux de vie et de reproduction, de niches essentielles qui touchent et intéressent jusqu'à la Chaîne alimentaire.

Il importe et il convient de s'y rapporter, de s'y référer à travers les études poussées réalisées par nos chercheurs investis dans les nobles tâches de la connaissance, de la préservation, de la protection.

On ne voit pas comment des pans entiers de Côtes et de rivages peuvent tomber dans l'escarcelle de promoteurs sans que celles-ci ne soient passées à l'étude, par l'approbation d'un vaste Comité de " Sages ", capables d'apprécier et de circonscrire les conséquences de telles décisions ? 

A moins que le code moral, l'éthique face aux critères de l'authenticité et de la beauté des espaces naturels et protégés requis ne soient plus des valeurs marchandes ni profitables aux intérêts vastes et multiples d'une logique, d'une volonté de développement à tout va, sans modération, business et croissance obligent !...

 

VERS UNE DEFINITION COMMUNE ET SANS APPEL

 

Elle irait bien sûr dans le sens du temps, de la nature, de l'équilibre harmonieux des Espaces et des Milieux Marins et Littoraux. Le respect de cette  démarche étant de nature à placer l'usager, l'habitant, le touriste, le socio-professionnel, le consommateur, au même niveau face aux impératifs naturels qui président à la pérennité et à la préservation des Sites.

Il en va là de la survie, de l'exploitation toujours maîtrisée de ces Espaces, d'un pari sur l'avenir fertile et fécond, sources de diverses richesses, qu'elles  soient d'ordre Culturelles, Économiques ou tout simplement respectueuses de l'acception de Patrimoine Commun à partager.

Il faut y réfléchir, ne plus se perdre dans les méandres de points de vues hyper-spécialisés où les compromis, les consensus, les conflits finissent par exaucer les voeux juteux des prétendants bien peu scrupuleux face à cet épineux problème. Là où le bon sens s'étiole aux dépens du fruit s'immisce le ver !...

 

LA MER ET LA TERRE  SAVENT SE PARTAGER L' INTERFACE CONVOITE 

 

En effet, l'on doit considérer très sérieusement les domaines et leurs étendues où les influences respectives et simultanées de la Terre et de la mer se font sentir sur fonds pregnants des éléments naturels ( Eaux et Vents ) .

On considérera pour l'Océan, les Laisses de Hautes et Basses mer, l'Estran le plus vaste qu'il soit par marées Maximales de Vives Eaux ( Équinoxes ) assorties des Sur-cotes possibles de Tempêtes et de Phénomènes exceptionnels par leurs ampleurs ( dus au Changement climatiques ) . Investir et circonscrire, au-delà même de l'Estran cette Zone sensible où les effets des éléments se font sentir et commandent à leur évolution, leur malléablité saisonnière, à leur fructification au profit des espèces vivantes : faune et flore +++ Substrats nourriciers... ( Zones Méditerranéennes sans Marées marquées - faible Marnage ) 

C'est un premier point

En second lieu, les éléments tels les vents et les eaux d'écoulements, de ruissellements, les cours d'eau occasionnent en bords de mer des Espaces tout à fait remarquables et très sensibles, favorables à la nidification, à la reproduction, au maintien subtil de biotopes fabuleux, aux migrations saisonnières indispensables.

C'est ainsi que l'on assiste à la formation de cordons  littoraux fabuleux, de zones lacustres de grandes envergures, de nappes temporaires ou permanentes, de tranches très spécifiques de végétations sur un substrat terrestre possible grâce uniquement à l'interférence des milieux marins et terrestres.

Je veux évoquer ici non seulement les dunes mais aussi les contreforts des collines que les sables, les bois flottés, les algues envahissent lors des processus naturels de protection et de régénérescence de ces dernières, lors des crues.

Les ganivelles sont une chose, une défense positive mais négligeable face à la force et à l'envahissement temporaire par les éléments naturels de ces vastes étendues : ( algues, bois flottés, limons, sables, coquillages, micro-organismes marins et terrestres, eau douce / salée,  aujourd'hui hélas ! déchets de toutes natures, etc ...! 

Alors, que dire de notre Île, cette montagne dans la mer aux milliers de visages, ces vallées innombrables et leurs cours d'eau qui charrient les trésors des monts vers l'azur et qui reçoivent des flots leurs talents de sculpteurs à l'épreuve du temps.

C'est ainsi que l'on pourra sauver le Littoral et lui laisser l'aspect que nos anciens découvraient et aimaient chaque matin. Cette vision, comme approche n'est en rien incompatible avec les Notions de développement, de marché, d'exploitation, de modernité ... bien au contraire, elle s'en rapproche et la conforterait dignement, richement

 

POURQUOI MASSACRER CE PATRIMOINE  ? 

 

Oui, pourquoi  ? Bousculer, renverser, araser, bouleverser l'ordre millénaire de l'étant en lui substituant outrageusement béton, traitement des eaux usées sur les contreforts d'une dune exceptionnelle, ces décharges, des exploitations de tout ordre, des lotissemens encore et toujours les pieds dans l'eau ?... Pourquoi ne pas envisager que ce que la mer et la terre ouvragent sous nos yeux devienne parties communes préservées et laissées - sous réserve de précautions, de sécurité, de prévention, d'aménagements minimum -  à la seule découverte, avec possibles implantations de pratiques sportives et culturelles valorisantes et contrôlées ? 

Pourquoi ne pas fonder sur un bien, une richesse inestimable que l'on ne menacerait point, afin de générer intérêts, attraits, richesses et exploitation à distance par l'engouement que leur réalité imposerait ... Une optique qu'une Chartre officialiserait et instituerait comme pacte de l'Homme avec la Nature, une image, une représentation essentielle et respectée de notre Île !...

On peut à ce sujet tout penser, ne rien négliger pour le salut d'une terre, d'un territoire érigés en biotope immense et fondamental. Faire de cette île un exemple d'innovations dans le respect imprescriptible des frontières naturelles et temporelles auxquelles tout le monde adhèrerait sans conflits. Aménagements et dispositions  justes, ayant pour seul référent et de taille : la Préservation d'une Zone Remarquable ceignant toute l'Île et où l'on développerait en amont de celle-ci, raisonnablement proche et attrayante.

Je crois que nous aurions-là une manne inégalée, augurant d'un futur maîtrisé et non cette anarchie qui se répand de partout sous nos yeux où il semble que chacun tente de tirer son épingle du jeu - mais cela, sur l'échine brisée du Littoral qui ne veut plus rien dire, tout ou n'importe quoi et qui sert irrémédiablement, qui attise les convoitises, les proies des rapaces, qui fait le beau jeu du profit ou de la pernicieuse spéculation.

 

EN GUISE DE CONCLUSION TRES PARTIELLE

C'est ainsi que l'on pourra sauver le Littoral et lui laisser l'aspect que nos anciens découvraient et aimaient chaque matin. Cette vision, cette approche n'est en rien incompatible avec les Notions de développement, de marché, d'exploitation, de modernité, de Tourisme ... bien au contraire, elle témoignerait du croisement bénéfique et porteur des Informations, de la connaissance, des études sur le Sujet à gérer par des Groupes de Travail satisfaisant aux destinées, aux souhaits, aux plaisirs de la Volonté Générale, sans exclusive ni priorité.

Rendre au Littoral la part qui lui revient de l'échange que la mer et la terre nourrissent en faveur de l'étant et du vivant ! Voilà ma définition de la Notion très controversée de Littoral, surtout ici, en Corse, où l'on assiste tous les jours à le réplication des erreurs du passé, d'un passé qui ne nous appartient plus ou pas ; la crainte " de baléariser l'Île, de la Côte-d'azurer " à outrance, une île que rien ne distinguerait plus du Sud du Continent, de la Costa Brava, des pans entiers de littoral surfaits de l'ex-Yougoslavie, des Côtes de Hammamet que je connus en 1964 / 68 aujourd'hui criblées d'hôtels juchés sur les plages comme une insulte au Temps, aux Vents, aux Flots, aux " Travailleurs de la Mer "

 

DOSSIER PHOTOGRAPHIQUE 

Même type d'espace Ci-Dessous, vaste cordon dunaire, biotope exceptionnel en voix de régénérescence. Une merveille ou le temple à ciel ouvert de la Nature, sans artifice, à louanger et à contempler non des yeux béats du romantique buccolique éperdu mais de ceux de la durable modernité, du respect tout simplement de la Vie. La mer et la terre s'interpénètrent ici sur plusieurs centaines de mètres ; laissons - les faire, comme sur ces Clichés qui honorent la mémoire d'une Terre d'Ex-Île !

Oui, comparez ! 

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Alors, l'Insulte au Littoral, ça suffit !

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GHJORGHJU D'OTA