" La poésie se fait dans un lit comme l'amour,

Ses draps défaits sont l'aurore des choses . "

André BRETON 


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LES CIELS 

Ils confient à l'hiver ce que les fleurs du maquis sèment au printemps. Et lorsque les vagues s'en reviennent inlassablement, bouquetières de la mer et des vents, alors, en ces moments là, les îles exultent et paradent au large d'une ère surfaite... D'une côte à l'autre, le soleil balance et nous offre ces toiles de maîtres nitescentes comme une aurore, un crépuscule dans le ponant ; illusions où l'espace - temps semble nous appartenir sur la vire de la beauté, de l'indicible !

Loin tous ces clichés ; il n'est là qu'images prises à la dérobée, en l'instant, l'appareil toujours présent et à portée de la main, en chemin musant, sur la route, le long des sentiers bordés des mots de pierres. Comme il est plaisant, rassurant de pouvoir ainsi s'émerveiller, ne serait-ce que d'un seul nuage, d'un rameau de lumière, d'un rayon de vie que les cimes réfléchissent et tamisent entre les pics et les sommets  délinéant l'azur. Et d'un seul coup, toute une saison s'embrase, vole comme l'embrun, dévale telle l'avalanche de pluie ou d'éther que les frimas figent au-delà du regard. Qu'importent les ronds-points illuminés quand le ciel pare chaque seconde qui passe l'univers de songes et de féeries. Apparats, artefacts, artifices, luminances dès lors factices d'un monde, d'une autre réalité qui happe et détourne le regard de l'essentielle clarté des choses ... Si loin de la vanité et de l'emprise des villes tentaculaires, laissons fuguer les Ciels.

Avant que la tempête ne touche la terre, les vents jouent dans les nuages et caligraphient dès l'aube les augures du jour ; entre les montagnes et la mer, l'arc-en-ciel unit les mondes et reçoit l'onction virginale de l'azur... Sous les toits des maisons et des voitures, des hangars et des grandes surfaces, on ne regarde plus les signes du Ciel 

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