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Le jour nous quitte. La lumière est en partance pour la face cachée du monde. Le Ponant s'offre au chant de la nuit qui vient. Par les vastes
échancrures lumineuses, voici   autant  d'augures que le ciel  dévoile ?  les vents lointains s'accordent déjà au crépuscule. Un peintre joue  avec  ses messagers et compose avec l'immensité fluide, presque palpable. L'argile des ciels, ouate ocreuse et fuligineuse, nous recouvre de son manteau rougeoyant  de promesses !...

Ô défilés, charrois vaincus des saisons que tant  d'arcades et de  tours urbaines masquent et déchirent ! N'y aurait-il que  l'été et ses clichés pour  numériser un temps qui file en vous enchâssant à chaque virage que la voiture négocie ?
Le jour et la nuit ne retiennent-ils pas  comme ils confondent moires et reflets  ineffables, indéfiniment ? Le couchant convie le vent d'amont, en ébauche les pérennelles  fresques.

Au Septentrion les nuages en ballons envahissent l'horizon  comme le printemps inonde ses champs de fleurs. Les sommets alentour effilent, effrangent les nues et de longues écharpes orangées vêtent la clarté  des cimes. Vers l'Orient les vents roulent, esquissent d'épais rouleaux cotoneux. La voûte du ciel ne laisse plus de s'embraser, l'aurore semble un instant revenir ;  déroutant moment !

Le soleil s'éclipse, s'enroche disent les marins. Le temps de la lumière irradie toutes les fois qu'un rayon oblique et tangue vers demain, depuis hier ! Les heures à venir seront à la tempête, à la longue
traîne bruissante et hyiémale.

Avant que la nuit nous recouvre de sa pelisse d'étoiles, profondes et larges sont les fenêtres
par lesquelles déjà respire la terre toute entière. La haute mer se languit de ses vents forts. Le souffle glacé des  galernes a éloigné l'horizon, emmuré  des fragments d'astres. De vastes étendues translucides, otages des nues, nimbent l'air en  tamisant la lumière.

Aux dernières lueurs du couchant la mer abdique, évanescente, entre turquoise et aventurine auréolées d'embruns éblouissants de blancheur.
Assis, à l'orée de la nuit, je contemple la partition d'un  grand Magicien de la lumière. " Frère Soleil " joue avec les nuages et  les flots. On entend comme une  complainte du violon pour la rose des vents ! Et chaque bourrasque  lui est archer caressant un souvenir vague .

Il fut un âge où le marin lisait au ciel les
signes du temps. Entre oracles et adages, l'image fidèle disait le bon cap et accordait dans la tempête l'espérance, quelques soupçons de miséricorde.

!

2 ème Ecriture le 31.12.2012

3 ème Ecriture le 15.10.2015

4 ème Ecriture le  00  00 0000

5 ème Ecriture le 12.02.1156

 

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