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Voilà l'hiver, tout autour de la grande bleue ; chantre invétéré des mondes oniriques et de l'eau vive. Entre moires, pétillantes diaprures et surprenants émaux festonnés de neige, l'onde reine compose ses champs aux jardins furtifs et secrets des anses. Je ne savais pas que la mer s'apprêtait, revêtait avec autant de coquetterie, les ailes immaculées du vent : quelles diaphanéités !...

Les vagues délirent, s'enivrent de soleil tout en dévoilant leurs subjuguants vitraux ; je ne m'en lasse pas ! Rarement sur les flots je ne perçus avec autant d'intensité la sensation chatoyante et cristalline d'une eau pourtant si froide et si rude. D'autant plus fluide et lumineuse qu'elle ressemblait à ces roches, à ces pierres précieuses qui me ravissaient au temps de l'enfance et de ses collectes emplies des mystères du cristal de quartz et des géodes d'améthyste, de silice.

Un vent glacé, souffleur de verre étonnant, s'improvisait comme le plus magicien des alchimistes. Et je n'oublie pas ces camaïeux fastueux déclinant au gré de la houle le vert des rouleaux, les féeries du verre ouvragé par le souffle divin de l'artiste, les vers, les harmoniques d'une cascatelle en beautés ; ô charmeresses, Néréides ! Car, il n'y auraient qu'elles qui fussent aussi belles en ces moments de poésie et de prose marines enclines à révéler par ma main et en mon âme ces quelques mots pris dans le tourbillon de l'éternel retour des légendes. Ici, tout confinait à la rêverie, à l'abandon des contingences humaine, à l'éveil des sens choyant la pensée.

Comme c'est étrange, mais il règne en ces lieux de pureté, de vérité, de fidélité évanescentes comme un soupçon d'éternité ; et je vis là une oasis que je ne souhaite  jamais plus quitter, l'expression d'un dialogue sans équivoque, loyal, vrai, apaisant. Et quand bien même l'inhabituel, le milieu hostile, l'imprévu, la brutalité des lames sévissent toujours avec force cruauté, ils n'en demeurent pas moins cet antre régénérant et de parfaite complétude, d'ineffables harmonies. S'y hasarder ou y oser l'errance, solitaire, s'avère un risque réel, certes ! Oui, mais comment se refuser à pareilles invites, toiser et passer outre de telles symphonies, reléguer ces compagnes de jeux, ne pas se laisser séduire ou envoûter par le chant des sirènes vêtues des mirages de l'arc-en-ciel ?

Il était une fois une source, une petite baie auréolée de l'écume des jours, une vasque d'eau rare ; j'oyais  souvent là-bas le plain chant translucide, l'appel des vagues qui imaginaient le sable en fusion, leurs volutes malléables au vent et pleines d'étoiles ; une vaste crypte accueillait les artisans de la mer ouvrageant inlassablement l'orbe sidérale de l'iris des mer, d'un regard unique ! de là, lorsque je me rendais à la terre, recouvrant toutes les fois pesanteur et lourdeur, mélancoliques devenaient dès lors les lames qui m'étreignaient... Avais-je sitôt perdu toute force, cette indescriptible énergie que l'on frôle, que l'on devine à l'ondulation du Dauphin, au vol de l'Albatros, au souffle noble et digne de la liberté et des grands espaces où l'âge ne serait qu'une illusion  !

 Marin - 1 ère Ecriture le 06.02.2013

- 2 ème Ecriture le 07.02.2013

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