Le monde était-il si petit
Que des marins en fissent le tour tout seuls
En moins de quatre vingt jours

Il était une fois un ballon rouge et un grand enfant
Ainsi le temps d'un conte du rêve devenu réalité
Sur son voilier ce coursier au grand coeur qui palpite 
Gonflé de vent blancs comme un ballon rouge
Lâché dans les ciels  volant autour de la terre
Et qui eût exaucé ses voeux en choeur
Un Marin qui se sentit si bien en mer
Qu'il poussa vers le Ponant une dernière bordée d'espoir
Qui eût encore attendu la guérison d'autres enfants
Et sur son parcours ouvert les écluses du plus beau des ports
Et plane toujours la voile d'un marin voyageur émouvant
Un Sage qui souhaitait semer partout des pommiers
Aux desseins nobles et dignes de la Longue Route
De l'épopée du Vagabond des mers du Sud
Où vivre la mer est bien ce que l'on appelle  Vivre
Lorsqu'elle se vêt de bleu afin que l'on s'y sente bien à bord
Loin des carcans du paraître et du chiffre contre la mort
Deux messages deux bouteilles livrées à l'Océan
Qui dévoilent et clament en silence l'ombre affligeante
Des Géhennes où l'enfance périt souffre et crie en passant
De faim de douleur de chagrin incompréhensiblement
Dans la grand messe des dieux et des chefs
Une course par les trois grands caps sans trophée
Qui vaille non que l'on justifie les mises colossales d'une flotte
Mais un modèle d'aventure une épreuve sans pareille
A la mesure de l'homme en pèlerinage vers la Lumière
Un partage incessant de ces heures de grand large
Où le souffle regagne les horizons fidèles du Verbe
Comme un phare que le nautonier trouve enfin
Au tréfonds de la tempête ou de la brume
En longeant la terrible Baie des Trépassés
Au-dessus du plateau lugubre des Minquiers
Mais entendre la voix les suppliques assourdissantes
Chues en larmes des paupières de la candeur
Qui fredonnent et marmonnent imperceptiblement
Comme au temps de l'innommable litanie de la pandémie

:
" Regarde-moi je suis une vie qui veut vivre
Parmi toutes les autres vies qui veulent vivre "
Alors ne vous faites pas la guerre épargnez la terre ma mère
Afin que toute l'énergie des mondes converge
Vers l'étoile du berger des hommes au fond des déserts
Impitoyables des multitudes et de l'histoire martyrisées
Je suis sûr que l'on peut encore faire bien des choses
Sur ce vaisseau tout bleu qui fait le tour de l'univers
Quand chaque enfant est un petit Prince sur une planète
Que l'adulte " ignore d'ignorer " en renforçant hélas 
En plissant les meurtrières des temples et des palais 

§

MARIN

- et aussi Lecture aux Petits Enfants, plus tard -

Pour_Tanguy