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Baston sous la Neige, les Grains nourris de grésil, Températures Négatives ( - 1 ° C sur le Sable et 35 Noeuds  ) ; relevés grevés des Effets du Vent fort, accroissant la froidure, une mer aux teintes argentées qui ne laissent jamais voir ou entrevoir les forces réelles de vent, des conditions oscillantes en  Force et Direction, des conditions capricieuses  perturbant la bonne Option de Voilure et aussi le choix adapté du flotteur, le Solo, tout cela constitue les avatars d'une Navigation Hivernale que l'on peut qualifier d'Extrême... Mais y être, " surtout ne pas faire d'infidélités à la mer de ses Enfants ", pour peu qu'elle eût été bonne avec eux !.......

Un Journal de Bord diffère d'un Windsurf Report ! En effet, à travers le Journal de Bord transparaissent bien des Informations complémentaires, des Observations et Renseignements utiles à la Navigation, à toujours, aux sites et lieux courus par le " Marin " ! 

Le Temps était aux Grains obscurs, épais, noirs ; les températures chutaient sous les averses de grésil. La luminosité très réduite enténébrait le ciel qui devenait presque de jais au vent, vers le Ponant et au-delà de Bocca di Fenu ! Les oiseaux marins étaient de sortie ce jour-là ; ils affectionnèrent les rives écumeuses de Testarella, les jeux dans les Vagues ... Je percevais leur gaité  comme au plain-chant des passereaux sous les pluies d'un Avril insulaire ou de Mai..

Le vent soufflait en fortes rafales, touchait les 35 Noeuds ; froid, glacé et l'on eût évité l'onglée grâce à quelques précautions et gestes simples ; par exemple :

 laisser traîner la main dans l'eau,  pousser le Wishbone dans les risées avec les paumes, relâchant ainsi les doigts tout en portant le buste bien au rappel, sur le harnais, ou encore, au Jibe, se forcer à chuter, voile du mauvais côté et lentement opérer la conversion pour repartir... Ces petits riens faisaient que l'onglée veillait, abdiquait sans jamais affaiblir le " Marin " ! Il faut dire que celui-ci avait, avant de se mettre à l'eau, ingurgité presque 3/4 de litre de Thé au lait bien chaud, sucré au Miel, gréé et porté  son Matos au pas pressé, toujours très dynamique et bien couvert ; il eût été impossible de sortir sans le casque et à l'intérieur de celui-ci, une bonne jupe Néoprène. Ecoute bien tout cela, Novice, afin que fusses toujours des partitions Océanes !

Sur l'eau, les oiseaux marins animaient une scène étrange, inhabituelle, presque austère et menaçante ; les lumières et les contrastes tendaient vers leurs pastel brumeux, opaques. Des lavis dans le ciel qui déclinaient toutes les nuances orangées tandis que sur les flots, les camaïeux verts étaient à l'honneur. L'écume tranchait avec l'obsucurité, la presque nuit des nuages chargés de grains et de neige me fascinait ; alors, je n'eus plus si froid, nous cavalcadions avec les oiseaux !

Que le vent fut lourd, pesant, en ce jour de frimas et de tempête ! à travers un épais rideau d'embruns, de grésil, je devinais au large de terribles déferlantes ; elles se  dressaient et culminaient en toisant les côtes et les tombants dentelés, finissaient leur terrible course dans un silence blanc qui me glaçait en me terrifiant puis elles dessinaient sur fonds de hautes montagnes d'épais nuages luminescents aux formes et aux visages d'oiseaux. C'était l'enfer des brisants, impitoyable !

 

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Alors, tout en tentant de négocier la mer totale, ses houles croisées, les courants des hauts - fonds, les effets des rafales, un Marin cherchait la rencontre qui fût opportune, fluide, ces instants de relances qui font oublier un peu les grisailles mutiques de la solitude et de l'hiver...

Mais quelque part, ces bordées tirées envers et contre tout recueillent leurs lots d'acquis, d'observations, d'expériences, d'interprêtations qui ne laisseront jamais d'étoffer le bagage ou l'esquif du Marin. 

Épreuve, Défi, Compétition : Non ! Mais certainement quelques engagements qui eussent livré au Marin ces miettes de secondes en plus ou en moins pour toucher et parvenir au Graal !...

 

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On voyait l'ombre et les clartés des Grains danser et gagner sur l'horizon, au vent, noircir puis s'étioler, on devisait sur  leur course et leur trajectoire et de là, les bascules de vent, les risées qui fraîchissaient en hérissant tout la mer. Plus à l'Est, en-dessous des hauts massifs, les tourbillons de vents et les turbulences crevaient le plafond du ciel et ouvraient de grands yeux tout bleus par lesquels la furie du coup de vent semblait s'échapper. Mais je vis aussi les grains et le soleil incendier l'horizon, le Ponant, fabuler les sables ocreux du Désert, vers les lointaines Algérie et Tunisie,  les sables du Désert, de l'Enfance !... Je t'effleurais, mon Île, à travers les voiles évanescents de vos liesses, des folies de la mer et des vents qui t'eussent purifiée de tous les miasmes de l'été que nous redoutons, tous les deux, tous ensemble !

 

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Quel spectacle euphonique et lumineux que la houle orchestrait au rythme de lancinantes descentes, de sublimes chevauchées sur les pentes pétillantes de mousse et d'écume. Des dizaines d'oiseaux marins virevoltaient, traversaient l'espace, abattant à vive allure tels des projectiles et reprenaient leur lutte contre les bourrasques, au ras de flots, en battant des ailes à toute volée ; ce n'étaient pas des puffins ; ils étaient bien plus petits,  les ailes noires et blanches, blanches en-dessous, divinement dessinées ; des oiseaux plus craintifs que les Goélands et les puffins. En les voyant partager les ciels d'un commun accord on eût jamais pu conclure à quelques accrocs d'un individu, d'un groupe perpétré à l'encontre de telles splendeurs ; mais la pérenne harmonie du vivant et des éléments qui enfante de la beauté, de la vérité, de ces pans de natures pleins et mûrs qui eussent été accomplis par les desseins de l'Eternel, des Dieux de l'Olympe, Océan, Thétys et Pangée !

Alors, au coeur de vagues subreptices, surprenantes, très rapides, puissantes et massives, un Marin quêtait en guettant une once de fusion, d'osmose, de partition qu'il eût sereinement engagé avec le Froid, avec lui-même, dans le dénuement et l'abandon de tout.

Reconnaissance immense à Emmila pour ces Images, ces souvenirs qui accompagneront bientôt l'inexorable départ du Marin, la fin d'un Îlot d'espérances !

MARIN 

 

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