Un jour, un instant si rare à ne pas passer sous silence. La Rose des vents nous disait : " Plein Sud, au 180°, entre les deux mondes ; ce n'était plus le Ponant, ni l'Orient mais, le vent du Sud ; ce vent d'entre les deux Îles et que les caps déchirent et fendent comme une gigantesque étrave... Et, de là, les essaims blancs de moutons, les oiseaux, tant de proues imitant les nimbes emplies de neige ...

 

Ce n'était pas le printemps
Nous en étions si loin
Mais un Choeur d'hiver
Improbable un dais chatoyant
Midi fabulait le Sud les Alizés
Ou quelques doux zéphyrs
Le Chergui surgi des dunes
Qui auraient frisé les vagues
Mais elles se firent attendre
Sur la mer lissée des risées
Des caprices du vent fuyant
Quel instant d'Île sibyllin
Lorsque le soleil pâlissant
Des frimas et des grains  Février
Au plus profond de l'hiver
Inonda le golfe et leurs rivages
De luminances boréales
L'aurore épousa la nuit
Elles eussent ainsi révélé
Au regard comblé des songes 
Les deux visages du monde reconcilié 
Moments chargés de saison
Où les mirages de l'été
L'automne et ses tourments
Les charmes de l'Iroise
Vont comme un Avril
L'âme et ses giboulées
Caresser le dessein virginal des Îles
Les oiseaux telle la girouette
Annonçaient  figés la bascule du temps
Les algues et les bois déjà appareillaient
Tandis qu'un large rayon de soleil
Dardait la vaste prairie marine
Le ciel s'obscurcissait  sans les montagnes
 Vers les terres la nuit éployait sa lourde pelisse
Alors qu'en mer le jour se levait encore une fois
Ainsi des seuils brasillants et mordorés de la Grande Bleue

§ 

 

Et le chant des vents modelait vers l'infini la lenteur des moutons et des nuages de coton ; on eut dit un adieu, un signe, un appel du large au marin ! 

Marin 

1 ère Ecriture le 24.02.2013 

 

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 Vent de Sud - Force 6/8 de la Baie vers le Large - Golfu di Vintilegna -