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M56 - 1977 - 81 -

- Archives déjà postées sur Corsica...Go56 - Il y avait Prupià, au loin et à l'entour, le Maquis, la verdure ! La première fois que je revenais vers les Racines, en 1963, Valincu et ses rives étaient déserts ; petit, je m'étais émerveillé de tant de splendeurs ; Baracci et ses dunes étincelaient comme un joyau sous le soleil de Juin ... En 1977, 14 ans avaient donc passé ; la lente contamination du béton commençait !

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Texte revu et Corrigé le 02.03.2015, suite aux nombreuses lectures et visites sur l'Article 

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Il y a bientôt 36 Ans !

Combien de Riders n'étaient pas encore là ? De cette génération " Beach Boys " qui s'étoffe et honore l'aura de la Glisse non tractée et tractée, ( sans moteur, siouplaît ) !  VALINCU, TRADICETTU, TAVARIA, trois  Destinations mythiques pour Full  Authentic Windsurfer, avec Wishbone Teck, ( 13 lames collées ), pied de mât : sabot en Teck serré avec du tape ou de la chambre à air, voile 5.1 m2, avec le Sigle, " Windsurfer ", d'origine - nous en étions tous très fiers  ; navigation des heures durant sans harnais, bien sûr ! Et dire que je bossais mon Brevet d'Etat Voile et Plongée Sous-Marine là-dessus, avant l'épreuve sur Mistral en Baie de St-Brieux ! Quel parcours, avec le CREPS de DINARD et une solide Formation de Professeur!

A la place des avant-bras, des prothèses indémontables, infatigables  ! et c'étaient des bords de liesse que nous tirions, dérive au bras, au largue, traversant le Golfe de Valincu, vers Portigliolu ou bien cap vers a Tuniccia, au large du golfe lumineux de Tradichettu, plus au Nord. Quand le vent passait la force 6/7 Beaufort, je gréais une Solage 3.5 M2, au ratio primitif, au look d'enfer, chaussette d' un bon mètre au-dessus de la voile. Nous avons gardé de splendides Films Super - 8 Caméra BAUER, dans la Baston, au sortir du Golfe de Prupià... Une houle dantestque, un allumé, dérive sous le bras, filant vers la Tour de Marinca, Windsurfer + Solage 3.5 M2 !

Au planning, c'était la contre-gîte obligatoire pour parvenir à l'Empannage et non au Jibe ! Que de folies, de délires, et ces saltos arrières tentés en tournant autour du Wishbone ; en guise de voile, dans la brise, 2 spis ou deux voiles ballon, un creux dantesque et lors des accélérations trop brutales, le M56 tendait la jambe avant, à fond, et encaissait dans le bras arrière les rafales. Il me semblait étaler les vents catabatiques de Patagonie !...

Que le Matos a bien changé, quelles évolutions, tant de génie pour parvenir à une glisse des plus radicales et précises sur les vagues puissantes de toutes les mers du Monde et de notre petit Univers Insulaire.

Je me rappelle de ces bordées insensées vers Tavaria, la grande plage de Portigliolu, sur fond de Mistral et grosse houle ; complétement allumé le gars !... je traversais le Golfe, inondé de bleu ; au large de l'écueil de Tavaria, devant l'embouchure du Rizzanese, des barres, plus hautes que le mât, au large bien sûr ; je traçais vers le fond de la baie, l'actuel chaland coulé et engravé. Au largue / Grand largue, dérive sous le bras, je dévalais les ondes, immenses. Bordée sans retour, la peur au ventre. Je savais qu'une fois le rivage atteint, il me faudrait attendre l'accalmie de la houle pour repartir en capant, au bout de plusieurs virements de bord, vers mon point de départ des Roches Noires - I Scodi Neri - porté par le thermique de l'après-midi et son adonnante SW !

Une aventure totalement démesurée, inconsidérée ! Tavaria aligne des vagues de sable énormes, une baie très dangereuse, un shorebreak tristement légendaire, un environnement qui ne convient pas du tout à ce type d'embarcation ! C'était le temps du rêve, la naissance d'un mythe, la voile libre, l'explosion des carcans vers une motricité, une gestuelle qui n'attendait que cela pour exulter, s'exprimer, se dépasser ; ce qu'elle continue d'explorer, aujourd'hui, à travers toutes les expressions et les pans si riches du Windsurf, de la Glisse actuelle.

Cependant, la Nature restait un maître mot qui m'eût guidé et parlé, autant qu'elle le fait encore de nos jours ; rien n'aura donc changé sur ce point, au contraire. Le Funboard, une planche, une Aile, un Surf, un Kayak pour aller à la recherche des mondes perdus, de son enfance qui sommeille malgré le temps qui file sous les pieds comme ces milles marins avalés sur le glacis des vagues.

Et combien étaient accueillantes et belles ces côtes, ces rivages non mités de béton ! Quels regards s'échangeaient la Mer et la Terre Insulaires ! Quand on pense que l'on aurait tout aussi bien pu évoluer en préservant cette frange sublime de Rivages, tout  autour de l'Île, pour garantir la plus belle des richesses : une Terre d'exceptions ... Après tout, à 500 m de la mer et bien caché, le bâti parfaitement intégré peut se concevoir, assorti des dernières mesures de développements en matière de déchets et de pollution, de développement durable.

Nous aurions gardé ainsi des dizaines, qui sait une Centaine de SPOTS ACCESSIBLES sur nos Côtes car M56 témoigne : combien de Destinations sont actuellement intouchables et barrées par la Propriété Privée galopante, l'appropriation scandaleuse de ces pans de côtes légendaires que le Monde nous envie, pour les avoir partiellement préservées et protégées des appétits féroces de la Modernité et de la finance ? 

 Marin, revu et corrigé le 4.03.2013

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