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Le Surf sera ici Tribord ! l'étendue et les distances entre deux crêtes sont imposantes et toute la baie creuse 

On prétend, et à juste titre que le Printemps comble bien des Destinations Windsurf Radicales - " DWR " - ! certes, il semblerait que cela ne soit pas faux et, pour causes ! l'Automne s'était distingué il y a quelques mois, en remontant vers des Latitudes plus septentrionales ... Une aventure rare, étonnante, surprenante ; une région Ô combien généreuse en découvertes et révélations, surtout lorsque que le mois d'Avril régule les vents entre Giboulées et Brises ; l'effet Venturi et de Pointes parachevant, harmonisant  le tout.

Alors que l'on courait les sites " habituels ", une échappée de nuit interminable m'accordait quelques moments et espaces d'aubes sibyllins. On ne m'en voudra pas d'en masquer les repères, non pour cacher cette destination à part mais davantage en vue de préserver le plus possible ces " lieues " de côtes et de rivages  merveilleux. Sur l'Île, il n'y aurait plus rien de secret !

Mais nous sommes ici comme perdus, égarés, au coeur d'un cirque sans limites qui nous enivrerait de perspectives, de passés évocateurs et féconds. Vues de la mer, les montagnes sont immenses ; elles chutent en confondant leurs abysses azurés ! et aux pieds des monts et des collines, il nous semble voir des blocs cyclopéens  dévaler vers une côte sauvage, dans un tumulte de schistes brisés et d'avalanches de neige. Le soleil est éblouissant à la surface irisée des flots ; et la Grande Bleue précipite ses houles lointaines et croisées, cabre leurs vagues avec le vent, telles des complices invétérés. Et les voilà emportées dans une ultime course époustouflante de beautés, de vélocité et de puissance ! Apothéose du bout du monde où geignent les rafales en creusant, en striant la pierre des tours, la serpentine, les ardoises d'un temps toujours métamorphique.

Alors, il n'est plus que le chuintement d'une petite carène lancée à vive allure ; glisse feutrée sur le satin moiré de la grande bleue éprise du Libecciu. Le vent est fort, parfaitement placé en ses invites  tandis que la roche affleure à l'entour. Il est alors une petite passe, au ras des brisants et de la côte, où le " pèlerin " peut s'engager, tenter un long virage qui le hisse vers un pic d'écume vertical et majestueux ; anthologie, paradigme enfin retrouvés des jeux de l'eau, originels penchants vers l'éternel retour et l'éphémère antre foetal, sculptural !...

Voici : " Opara Marina " ! Une lame redoutable qui ressemblerait à ces vagues de récifs ou d'éceuils  parfaitement orientée au Vent qui l'élonge et la tend. L'onde est très puissante, massive, haute, tellement lisse ; elle jette loin sa corolle d'écume et de frange sur fonds lumineux de roches plates qui se devinent. Et au diapason de la houle qui tonne au rivage, la vague offre ses abrupts cristallins  en regagnant le large et son chapelet d'îles lointaines qui forcent le regard et l'attardent. Quelle autres desseins de la terre au bord de la mer eussent généré pareilles configurations, de si belles fresques grandeur nature ? 

On sait les lieux capables de déchaîner les vents les plus fous. Des nuées d'embruns et des tourbillons, en leurs spirations d'écumes oniriques, ébauchent pour le marin ses derniers songes insulaires !...

Marin, 1 ère Ecriture le 08.04.2013

 

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Là, on ne pense pas au saut, mais à fusionner avec l'élan ! Rare... Intense

Une telle Compression en pleine eau en dit long sur le convoi ! Un jour de découverte - Images Go-Pro -