Agrandissez les Clichés : 1 clic , les paysages sont très beaux

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C'était il y a quelques années ! 2009 peut-être ; un marin, sûrement un peu " moins vieux " ! Les vagues passent si vite ... La veille, à l'approche de ce fort coup de vent d'Ouest, - on dit ici : Ponant -,  je cassai le seul mât de 4.00 m que je possédais lors d'une rotation avant qui bloqua brutalement ! Je redoutais donc le lendemain la navigation qui m'attendait, avec un fort flux d'Ouest annoncé ; un seul mât, un espar de 4.30 m, plus raide et pas du tout adapté à la 4.7 m2 qui figure sur ces clichés : je n'eus pas le choix... Le vent ne fraîchit pas aussi fort que prévu, bien que soufflant durement en rafales, surtout en passant au-dessus des vagues ...

Le ton était donc donné et je me vis embarqué dans des séries nourries de vagues puissantes, très hautes. Avec un gréement rigide, toute la puissance du flux d'air dans les bras, et à la clé, je ressentis de gros accès de fatigue en sortie de Surf. Il faut dire que ces ondes naissaient loin du rivage, augurant de longues descentes entrecoupées de virages et de  fortes sollicitations au niveau de l'équilibre.

La perspective de l'image casse la hauteur et la taille des lames les plus éloignées mais je puis vous dire combien elles toisaient la voile, une toile reprisée de partout au monofilm adhésif, que j'utilise lors des sessions exposées dans les grosses conditions de mer, là où généralement je vais flirter avec les pentes raides  et tenter quelques envols gratifiants ! Là où les chutes sont également  fréquentes et emportées...

Mais je ne fis rien ce jour-là que m'approcher des rouleaux, pénétrer plus avant dans ces couloirs de vagues, ces corridors ventés redoublant de tonnerre et au grondement d'avalanche interminable ; spectacles toujours aussi surprenants et angoissants.

Les plus grosses d'entre elles tardaient à trébucher de leur vertiges ; je contemplais alors ces épais rideaux d'eau, veinés, diaprés, s'étirant comme du verre en fusion en de sublimes cataractes de cristal et d'écume. Les vagues, juste avant de déferler, affichaient une bonne envergure de mât ; avec le creux et la pente, cela  laisse présumer de l'amplitude !

Alors, je me convainquais  de ne pas tomber au plus profond de la flèche, de l'arc redoutable formé par l'onde massive accourue du large et ceignant le haut-fond. J'aurais été balayé et tenu sous l'eau si longtemps que je craignis pour ma propre sécurité.

Hélas ! personne à l'eau qui eût partagé avec moi ces déferlantes, et toutes les fois que je regagnais les profondeurs pour me replacer au vent du site, j'espérais en virant de bord  vers le rivage, quelques apparitions qui eussent soulagé mes craintes et le terrible sentiment d'éprouver l'entrave de la solitude des flots et des brisants.

Le temps était à l'azur, depuis la cime des vagues où neigeait l'embrun depuis ces nuages salés, le vent soufflait et modelait de hautes congères affolées qui s'étiraient en d'interminables franges d'écumes et de mousse ; plus un rocher n'affleurait la surface des flots : glisse feutrée sur l'étoffe satin de la mer en beautés qui bordait le Ciel de l'hiver

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Marin - Récit - 1 ère Ecriture le 12.08.2013 -  Journal de bord  - 

2 ème Ecriture le 05.06.2015

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