COMME UN JOUR D'ERRANCES BLEUES 

Un Récit de Marin

La suite dans un Nouvel Album Photo, en Images 

!

6 à 7 Beaufort, des rafales de Nord-Est ! une mer agitée à forte, le vent du matin glisse le long des côtes et ouvre le Détroit ! Cap vers Sperdutu / Cavaddu / Capicciola / Puraghja et Ratinu... La longue distance se termine par une Wave Session vers un Atoll très particulier : lisez plus bas, le Journal de Bord  de Marin : " Comme un jour d'errances bleues " ...

 

Punta_455

Cet immense Sloop aux 5 étages de barres de flèche vient d'empanner une voile d'avant arisée à l'Extrême Est de l'Île de Cavaddu ! Visions ... Il me semble revenir de loin !

 

La Tramontane insiste, persiste, irisée, argentée. Qui  nous dit quelque chose alors que nous baignons encore dans l'été lourd et chaud des latitudes jadis tempérées... Je navigue quelque part,  au milieu de la mer, entre deux îles et leurs longs chapelets d'îlets  que les vagues égrènent ! Août  va, versatile ; voilà un mois aux vents très capricieux qui,  du Nord au Sud,  donnent déjà  la teinte de l'automne, qui sait, les contrastes de l'hiver, avec ses terribles traînes blanches, hyperboréennes ;  Galernes et Aquilons s'en reviendront des steppes gelées des confins de l'Est et de l'Europe du Nord.
Juste retour d'un temps familier du violent Mistral de Provence, qui s'en est allé et accueillera bientôt la Tramontane insulaire avec ses convois  de nues échevelées !


Mais rejoignons nos moutons, allons ensemble sillonner une prairie secrète, un Atoll, leurs émaux hyalins où les voiliers ne font que passer et  filer sous le vent des Îles, gagnés par l'ivresse des grands espaces ! Venez, embarquez avec Marin et rivalisons avec ces étraves effilées, ces coques multiples, ces Sloops aux cinq étages de barres de flèche fuyant silencieux et au portant, sous voilure réduite  leurs 20  Noeuds sur le fond.
Allons,  parons  ces Îlots que deux îles majeures ne sauraient revendiquer tant ils se ressemblent dans leur nudité de pierre. Ils ouvragent en ce vaste théâtre les cryptes de Poséidon, de Neptune,  un immense dédale où flue la mouvance de la mer, le souffle des vents régionaux.

Des collines de blocs barrent la grosse houle qui élonge des rivages encore intouchés ; Ces remparts naturels, depuis les profondeurs, réfléchissent indéfiniment  les ondes massives de la houle et les renvoient  en dressant des colosses d'encre turquine ...


Je ne pourrais dire avec le mot ce jour que traversent les poissons volants, - alevins de surcroît - , voltigeant aux multiples bonds du frêle esquif  que j'emmène dans le vent.

Les  oiseaux levés en essaims au coeur des flots et  dont  je viens à surprendre la pause, devisent en stridulant sur le dessein et la liberté de leurs ailes.


Une marée bleue hâle le Nord-Est. L'air  et le vent fraîchissent. L'horizon des montagnes est aux transparences aurorales qui le délinéent à l'infini vers le petit jour. Il est encore tôt et la tramontane ne va   pas encore l'amble des rondes astrales ; elle s'attarde, avant de virer à l'indigo des mers australes !


Voguer à la rencontre des bateaux, virer ces îles, parer les hauts-fonds, regarder  les lames briser aux écueils nimbés d'écume, fuser et plonger  dans les vasques de la mer  en traçant de splendides sillages et  des courbes insensées. 

Un atoll englouti  se révèle. Les fonds,  à fleur-d'eau,  circonscrivent  champs de vagues et  prairies sous-marines...

Fascination que ces  pentes translucides ouvrant en choeur leur puissante flèche ;  on y dessine dessiner de belles arabesques, éphémères, luminueuses.
Une aile  harmonise ce ballet ; tantôt puissante dans les risées et qui s'efface  au  gré d'une longue trajectoire. Franche et bruissante relance au sommet des vagues.

Quant aux ailerons qui nous guident telles les nageoires du  grand migrateur, je les sais assez effacés et courts pour nous faufiler parmi secs  et rochers hérissant et ponctuant  la surface des flots ! Car en ces lieux de vies terrestres  submergés, dalles  rocheuses et  écueils affleurent,  au large,  si bien que les houles  s'enroulent, s'alignent  suivant la remontées  des fonds parfois brutale.
Survient alors  l'apothéose, le spectacle  inimitable des éléments, la fulguration  de l'instant souverain  que l'on oublie plus. 
Comment, au coeur de l' été et de la  cohue, de la  foule,  si proche de la circulation, des eaux turpides et remuées des hélices  exhalant le gaz et le corps gras minéral, comment tel recès  eût-il été encore possible ?


La mer regarde la terre et d'entre les deux mondes, aucune ne démérite ni ne jure par défaut de solennité, de vérités millénaires ! Les sommets en pointes jaillissent des collines d'eau, les tombants de fraîcheur et de forêts littorales chutent dans l'azur en regagnant un liseré d'écume éclatant de blancheur. La mer vers l'Orient ne laisse plus de décliner le plus pur des  éthers !
L'homme ne s'est pas encore rué vers l'or bleu, la paix choyée des Îles à rupins se sera tapie ! Les nantis se sont terrés, comme con-fondus dans les rochers en excavant hélas des coteaux  antiques d'énormes tumulus de granit.

Sursis d'une Île parée de beautés naturellement ravalées, vêtue  de vénérables toges, aux déshabillées subjuguants dont je ne cesserai jamais de conter les effluves, les images aux saisons sapides d'un songe, d'un rêve à ciels ouverts !
Sachez que Marin ne  livre que  des images exsangues de toute présence  !  La mer, le rivage et les ciels, jusqu'au bout de l'horizon ; il en est ainsi...

Il me semble toutes les fois revenir au commencement des mondes, découvrir une partition que n'aurait jamais coudoyée l'homme, l'intrus ! Ainsi de  traçer discrètement  ces pensées que l'eau referme en douceur,  dans l'évanescence d'un matin d'été, l'évanescence d'un baiser de la mer à la terre bénis des vents purs venus du froid ou du désert rouge !
Et je danse comme tangue et roule  le vieux gréement à sec de toiles, pareil à ces îlots qui semblent naviguer contre le vent en simulant de puissantes étraves dans les brumes du matin, telle la mer qui gonfle et dévale en m'invitant à d'étranges pas de deux, à ces bordées d'ivresses  si près des rochers et de leurs joyaux émeraudes !

Puffins, Cormorans, canards sauvages, sternes naines, avocettes en voyages, huîtriers pie, grands goélands de mon enfance, dites-moi que vous êtes bien vrais, toujours vivants, qu'à jamais ces havres de plénitudes seront vôtres, que plus aucune verrue  de ciment ne violera la terre-mère en usurpant vos  étoffes d'écumes virginales !

Et vous,  îlots paréidoliques, fragments immémoriaux  que polissent  les azurs,   que n'hélez-vous pas assez lames et déferlantes terrifiantes de la marée pulvérale qui éradiqueraient souverainement l'empreinte de l'éphémère, la vision étriquée et galvaudée de vos vastités que  rois et affidés se partagent sur l'autel des ors factices  ! 
Vous m'aurez sûrement compris, la mer avec la terre, la terre avec la mer ; alors, d'une terre d'ex-îles ! que ne disions nous pas assez :  " _  nous,   qui ne les eussions pas et pour toujours jalousement gardées, profondément préservées _ "

!

MARIN

1 ère Ecriture le 21.08.2013 - D'une Île à l'autre des Bouches du Vent -  Le Chant des Vagues !

2 ème Ecriture, en cours, le 19 Octobre 2020

Punta_406

Extravagances sur sur fonds de roches - L'Atoll s'est  en ce " Jour d'Errances Bleues " révèlé ! Au-delà, les brumes surfaites de l'ozone et des serres urbaines ...

 

A SUIVRE : UN  ALBUM SPECIAL GO-PRO,

avec des Images embarquées, triées 

§

 

______________________________