COMME UN JOUR D'ERRANCES BLEUES 

Un Récit de Marin

La suite dans un Nouvel Album Photo, en Images 

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6 à 7 Beaufort, des rafales de Nord-Est ! une mer agitée à forte, le vent du matin glisse le long des côtes et ouvre le Détroit ! Cap vers Sperdutu / Cavaddu / Capicciola / Puraghja et Ratinu... La longue distance se termine par une Wave Session vers un Atoll très particulier : lisez plus bas, le Journal de Bord  de Marin : " Comme un jour d'errances bleues " ...

 

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Cet immense Sloop aux 5 étages de barres de flèche vient d'empanner une voile d'avant arisée à l'Extrême Est de l'Île de Cavaddu ! Visions ... Il me semble revenir de loin !

 

La Tramontane insiste : irisée, argentée. Elle semble nous dire quelque chose alors que nous baignons encore dans l'été lourd et chaud des latitudes jadis tempérées... Je navigue quelque part au milieu de la mer, entre deux îles et leurs longs chapelets que les vagues égrènent ! Août est un peu lunatique ; voilà un mois aux vents très capricieux qui vont du Nord au Sud donner la teinte de l'automne, qui sait, les contrastes de l'hiver, avec ses terribles traînes blanches précipitées de Borées ; ces Galernes ou ces Aquilons glacés qui s'en reviendront des steppes gelées des confins de l'Est et de l'Europe du Nord.
Juste retour du temps, familier du violent Mistral de Provence, qui s'en est allé et accueillera bientôt la Tramontane insulaire avec ses charrois de nues échevelées !


Mais rejoignons nos moutons, allons ensemble sillonner une prairie secrète, un Atoll, leurs émaux hyalins où les voiliers ne font que passer et délirer un peu sous le vent des Îles, emplis d'ivresses océanes ! Venez, embarquez avec Marin et rivalisons avec ces étraves effilées, ces coques multiples,ces Sloops aux cinq étages de barres de flèche fuyant silencieux et au portant, sous voilure réduite quelques 15 Noeuds délurés.
Allons parer ces Îlots que deux îles majeures ne sauraient revendiquer tant ils se ressemblent dans leur nudité de fruit. Ils ouvragent en ce vaste théâtre les cryptes de Poséidon, de Neptune,  un immense dédale où flue la vie de la mer, tout simplement belle.

Et des collines de blocs barrant la grosse houle qui élonge les rivages encore intouchés ; Ces remparts naturels des profondeurs réfléchissent sans cesse les ondes massives et les renvoient contre elles-mêmes en dressant des colosses d'encre turquine ...


Je ne pourrais vous dire avec le mot seul ce jour éclaboussé de poissons volants, - alevins de surcroît - , voltigeant aux multiples bonds du frêle esquif devenu fou que j'emmène dans le vent ! Et des oiseaux levés en essaims au coeur des flots que je viens à surprendre, devisant en stridulant sur l'ellipse et la liberté de leurs ailes.
Une marée bleue accourt du Nord-Est, l'air est plus frais, l'horizon des montagnes est aux transparences aurorales qui le délinéent à l'infini vers le petit jour. Il est encore tôt et la tramontane ne va pas encore à l'amble des rondes astrales ; elle s'attarde, avant que de fraîchir, de virer à l'indigo des mers australes !
Et de voguer à la rencontre des bateaux, virer ces îles, les hauts-fonds, regardant les lames briser aux écueils nimbés, de fuser dans les creux en traçant de splendides sillages, ces courbes insensées au-dessus d'un atoll englouti dont les fonds à fleur-d'eau circonscrivent les champs et les prairies sous-marines...

J'emporte mille délires au gré des pentes translucides et finissantes, ouvrant en choeur leur puissante flèche ; puis de là, se prendre à dessiner de belles arabesques que rien n'efface que l'eau, prompte à se laisser encore et toujours séduire et qui s'apprête à nous recevoir sans jamais se lasser...
La voile harmonise ce ballet ; tantôt puissante dans les risées, elle s'efface le temps d'une longue trajectoire, d'une franche et bruissante relance au sommet des vagues. Quant aux ailerons qui nous guident tels les nageoires d'un grand migrateur, je les sais assez effacés et courts pour nous faufiler au milieu de centaines de secs et de rochers hérissant la surface ! Car en ces lieux de vies terrestres passées, les dalles et les rocs affleurent au large si bien que les houles n'en finissent plus de tourner en rond et de s'aligner aux remontées parfois brutales des profondeurs.
Alors, c'est l'apothéose, l'alchimie inimitable des éléments, l'exaltation sibylline que l'on n'eût pas cru possible !
Comment, en ce plein été de cohues, de foules, de masses, de serpents de fer aux bouches de feu, des eaux turpides et remuées des hélices, exhalant le gaz et le corps gras minéral, comment telle thébaïde eût-elle été encore possible ?
La mer regarde la terre et d'entre les deux mondes, aucune ne démérite ni ne jure par défaut de solennité, de vérité millénaires ! Les sommets en pointes jaillissent des collines d'eau, les tombants de fraîcheur et de forêts littorales chutent dans l'azur en regagnant un liseré d'écume éclatant de blancheur. La mer vers l'Orient ne laisse plus de décliner le plus pur éther !
Là, l'homme ne s'est pas encore rué vers l'or bleu, la paix choyée des Îles à rupins se sera tapie ! Les nantis se sont terrés, comme con-fondus dans les rochers en excavant hélas des coteaux d'énormes tumulus de granit. Sursis d'une Île parée des beautés antiques, de vénérables toges, aux déshabillées subjuguants dont je ne cesserai jamais de conter les effluves, les images aux saisons sapides d'un songe, d'un rêve à ciels ouverts !
Sachez que Marin ne se résout pas à livrer des images assortie de présence humaine ! seuls : la mer, le rivage et les ciels entremêlés de candeur, jusqu'au bout de l'horizon ; il en est ainsi... C'est drôle mais il me semble toutes les fois revenir au commencement des mondes, découvrir une partition qui n'aurait jamais coudoyé l'homme, cet intrus ! Ainsi de se faire discret en traçant ces pensées que l'eau referme en douceur dans l'évanescence d'un matin d'été, l'évanescence d'un baiser de la mer à la terre bénis des vents purs venus du froid ou du désert rouge !
Et je danse comme chahute le vieux gréement à sec de toiles qui roule et tangue devant moi, pareil à ces îlots qui semblent naviguer contre le vent en simulant de puissantes étraves dans les brumes du matin, telle la mer qui gonfle et dévale en m'invitant à d'étranges pas de deux, à ces bordées d'ivresses près des rochers et de leurs joyaux émeraudes ! Puffins, Cormorans, canards sauvages, sternes naines, avocettes en voyages, huîtriers pie, grands goélands de mon enfance, dites-moi que vous êtes bien vrais, toujours vivants, qu'à jamais ces havres de plénitudes seront vôtres, que plus aucune verrue ne violera la terre-mère en usurpant vos manteaux et vos étoffes virginales !
Et vous Îlots, fragments polis du temps immémorial, que n'hélez-vous pas assez les lames, les déferlantes terrifiantes de la marée pulvérale qui éradiqueraient souverainement l'empreinte de l'éphémère et la vision étriquée et galvaudée de vos vastités que les rois se font de vous  ...
Vous m'aurez sûrement compris, la mer avec la terre, la terre avec la mer ; alors, d'une terre d'ex-îles ! que ne disions nous pas :  " _  nous  qui ne les eussions pas et pour toujours jalousement gardées, profondément préservées _ "

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MARIN

1 ère Ecriture le 21.08.2013 - D'une Île à l'autre des Bouches du Vent -  Le Chant des Vagues !

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Extravagances sur sur fonds de roches - L'Atoll s'est  en ce " Jour d'Errances Bleues " révèlé ! Au-delà, les brumes surfaites de l'ozone et des serres urbaines ...

 

A SUIVRE : UN  ALBUM SPECIAL GO-PRO,

avec des Images embarquées, triées 

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