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 Ces clichés pour tenter d' illustrer le texte

 

 

Aurait-on pour un temps renoué avec les profondeurs, leurs emprises fascinantes et tutélaires ; je veux dire simplement : l'azur, ces abîmes célestes qui enserrent, enchâssent les hommes selon la Gravité ! En aurions-nous impunément inversé le sens sous l'égide de la modernité et de ces artifices ? à quels prix !... Non qu'il faille aimer, louer, admirer déraisonnablement  " l'âme du monde " et ainsi béer sans fin  aux vagues ! mais à  marcher, à glisser sur l'eau, il n'y aurait qu'un seul pas si aisé à franchir !... Mais un pas aussi, lourd de conséquences. Illusion, fable, délire, réminiscence où s'ébat quelque remembrance : où en es-t-on vraiment de ces privautés que l'évolution, le progrès accordent avec largesse, que chercher en l'insouciance ludique de ces expériences  qu'il nous est offert de traverser, l'outil en main, de plus en plus sophistiqué ?

Y déceler mystères et angoisses au ressac incessant qui polit  les rochers, obstinément. Ces volutes si lisses que l'on imagine livrées à l'épreuve de l'eau ouvrageant les millénaires et vers lesquels renouer, se ressourcer, s'émerveiller pour en avoir perdu les harmonies !...

 

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Là, ces abrupts terrifiants où chaque lame qui les bat  s'en retourne comme l'oubli par la masse des flots. Ruissellement drainant l'agonie et les suffocations des marins en perdition, pris dans la violente tempête de Ponant qui brisa la Sémillante, il y a près de 155 ans vers les écueils des Îles Lavezzi ...

Sous nos yeux, d'entre deux îlots, empruntant le Détroit, surgit l'ombre de la mort et de l'asphyxie des Bouches de Bunifazziu que l'impudence des bateaux à fort tonnage défie sans cesse en empruntant plusieurs fois le jour, la nuit : le détroit ! Que faire ? alors que sur ces images encore paisibles, un vaste dédale hérisse ses brisants impitoyables, dans la nuit d'ouragan, lorsqu'une avarie de gouvernail jetterait à la côte et vers les écueils des milliers de tonnes de ferrailles, éventrant les soutes à mazouts pleines et nauséabondes des navires à très fort tonnage.

Pendant ce temps, au rivage, pour ce qu'il reste de lagune, une splendide aigrette goûte aux faveurs de l'automne radieux ; elle domine l'étang, calme et élancée, pêchant à l'ancienne, prélevant le tribut qui lui est juste dû ; ainsi des profusions pérennes d'un âge qui n'est et ne sera plus jamais. Tandis que l'ère des hommes ne se fraie ici un chemin qu'aux seuls avantages de la manne et que la belle saison  dote et les convie. En attendant, il n'est plus qu'une désolation de corps-morts aux épitaphes sans nom de plastic jaunasse. Et oui, le regard devra se contenter du faux eldorado des lagons bleus ou alors, tracer au-delà des îlots, des îlets de l'archipel pour renouer avec l'essence et le cours des choses. C'est vrai, l'homme ne se révèle plus ou rarement au coeur même des multiples harmonies qui s'épandent devant lui, en amont, en aval d'une époque,  d'une terre, des vastistés marines. Il affectionne tout particulièrement ce que la concurrence, le paraître, la confrontation exigent, comme paradigmes nouveaux et fondateurs d'une hypothétique reconnaissance, sans plus de valeurs ou de vertus qui vaillent que l'on s'y attèle à perte. Ou alors, il lui faudra concéder très largement aux rives de la beauté, de l'équilibre, des harmonies, des inclinations toujours fascinantes de la Nature qui nous entoure.

Il fut un temps où la Nature eût forgé, trempé, baigné les communautés, façonnant durablement savoirs-être, savoirs-faire,  une culture des plus originales et des plus adaptées à la symbiose Homme - Nature ... Ce temps n'est plus, ou alors en aperçoit-on juste quelques bribes lointaines, quelques îlots de résistence ou d'appropriations forcés que la distinction accorde aux nantis. 

Mais comme on eût souhaité, aimé, loué le juste retour des choses, afin de rester fidèle au partage, à l'échange, emplis de respect et de déférence face au grand ordre des choses.

Les grands espaces, l'étendue infinie des mers et des déserts, les vallonnements et les sommets sans horizons des montagnes ne forcent-ils pas aux grands questionnements du monde, aux étranges pensées qui nous ramènent si près des disparus ? Sortes d'antres propices aux dialogues invisibles avec ce tout qui meut les mondes aux mêmes fins de  l'harmonie, de la fidélité, de la vérité.

La Nature serait-elle plain chant, mémoire, muse non des seuls poétes mais de l'âme uniment,  que l'azur sans âge submerge et en lequel elle se retrouve pour dialoguer avec l'Univers ? ...

Alors, de briser cette allégeance, cette alliance, ces fondamentaux de l'essence, de l'existence, ils sont là des pas que l'homme n'aurait jamais dû franchir sous peine de décliner, de s'esseuler, de se noyer en multitudes et en dérélictions !

MARIN

- Propos sur le Fondement Naturel -

 

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Entre Mythes et Réalité, disaient les mystagogues, pointant les ciels !...