" ( ... ) car ce miracle ou cette merveille me trouble fort grandement. "

BOECE, De Consolatione Philosophiae,  Livre IV, Prose VI 

 

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Déc 2008, un terrible Combo : Houle SE / Vent NNE - Ce redoutable Backwash qui par le Travers, Tribord Amure, s'élance vers le ciel, si haut que je pris peur. Il aurait bien pu me soulever à plusieurs mètres de hauteur. Nous sommes au large, un Haut-plateau marin et ses secs dissémines. La houle sous-marine, invisible, vient percuter de plein fouet une Vague de vent, de Récif. Menées des courants, des vents, alchimies des profondeurs, je n'en sais rien ; que la mer, prompte à ôter la vie ... Mais entre temps : 

 

Au souffle de la mer
Le cillement des vagues
Les vents exultent
Sans limite ni contours
Et ses franges virides
Devant moi dansent


Voiles éployées
Ange évanescent
Que le grain noir
Emporte au loin
Dans la tourmente
Et je dévale

Un chant
Divague écumant le jour
Comme le danseur
Eût satisfait serein
A la pantomime au ballet
Des ondes hippogriffes
Allant sur les brisées
Des vastes solitudes


En ma souvenance
Et vers moi résonne
L'écho des grumes
Des billes de bois
Rendues aux marées
Glauques de l'équinoxe
Aux charrois de l'Estuaire
Là-bas sous l'équateur


Ô rives lointaines
De mon enfance
Que le grécale confie
A l'automne placide
Au vent des Îles pétrées
Ses longues et lugubres
Plaintes hiémales et noyées
Dans la torpeur tenace
Des effluves océanes


Chevauchées  Epoques
Qui m'étreignent et m'épuisent
Bordées silencieuses
Sur la mer impassible
Aux accords de la source
S'élève un viatique virginal
La révélation de l'azur


Le temps de l'infortune
A l'encontre d'un falot
Bute et s'abîme infâme
Lorsque la mer prend
Qu'elle prélude à l'éternel !

Un vent de folies
S'est emparé obstinément
De nos lointains rivages

§

MARIN

En 1 ère Ecriture le 01.11.2013

 

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Oui, A Cara d'Urienti ! aurais-je  confié ici mon âme aux sirènes, aux naiades, sur les traces du fils de Laërte et d'Anticlée ? Certainement... Sursis, le vent tire au large et me rappelle cette pirogue, au large de Gombé, tirant sur son unique amarre vers l'Atlantique Sud, dans la tempête équatoriale. Ô nuit de pêche au seul crin et des doigts tranchés, face aux rivages lointains du Gabon, revenez-moi encore et toujours !