« Nous voyons ces mêmes personnes, quand elles ont eu recours aux mélodies qui transportent l'âme hors d'elle-même, remises d'aplomb comme si elles avaient pris un remède et une purgation. C'est à ce même traitement, dès lors, que doivent être nécessairement soumis à la fois ceux qui sont enclins à la pitié et ceux qui sont enclins à la terreur, et tous les autres qui, d'une façon générale, sont sous l'empire d'une émotion quelconque pour autant qu'il y a en chacun d'eux tendance à de telles émotions, et pour tous il se produit une certaine purgation et un allègement accompagné de plaisir. Or, c'est de la même façon aussi que les mélodies purgatrices procurent à l'homme une joie inoffensive. »

ARISTOTE 

 

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Oui un jour franc d'embrun et de cristal sidérant
Qui m'eût délivré l'âme du miasme Oui du chancre
Un jour d'épaule blanche tellement nue et si vraie
Qui eût enfin caressé et bercé l'enfance d'un songe
Juste là abandonné au coeur fiable de l'absolue
Beauté des choses quand un nuage lactescent en ébauche
L'instant un moment réconcilié et tant enjoué
Enfin avec tout ce que peut évoquer l'aile et le Verbe 
Mais vivre exister se réaliser une fois à l'unisson
Du chant général de l'homme sur une terre Ô Ex-Île
Sans que le moindre accroc avide et félon à la pureté
Ne vienne souiller un moment l'essence du coeur
D'un mot et d'une pensée voguant sereins vers l'espoir 

 

Je l'aurais alors  nommé exutoire mais le timbre
Par trop rude ne rime pas avec l'âme du monde
Sonne par trop de froideur avec réclusion ou dépendance
Je lui préfère Katharsis en l'évocation de Thétys du dieu Océan
Cette matrice mouvante et ondée où renaître d'en haut
Lavé en lui confiant ainsi le tourment d'une époque
D'un âge blessé qu'attise cruellement les arcanes sordides
De l'être éphémère des vanités obscurément  qui s'embusquent
Et se placent résolument en se fondant et s'aunant en masse
Dans les turpitudes où faucher sans vergogne le rival


Tandis qu'ici reconnaissant au murmure limpide d'Eole
La palpitation océane ample et vaste d'un ciel rudoyé
Qui m'eût gardé de l'infection et du travers blessant
Point de mensonge ni de rouerie mais que de vérité
La certitude n'est pas de mise mais le doute sain(t)
Face aux tumultes des serments l'immensurable redouté
Loin de moi le béat qui exulte devant la tribune
Et convole en bûtinant aux offices aux autels des séides
L'onde solitaire m'est demeure emplie d'ivresse
Me livrant au verdict unique et ultime de l'instant


M'ôterait-il le souffle et la raison  Soit  à l'éclair seul
Je me soumets et m'efface sans rancune ni orgueil
A la vague foudroyante en ses fulgurances Inconscient
Au regard de l'éternité qui rime avec néant et vastité
Ecrire penser délirer au vacillement marmoréen
Des flots et de ces barres fatales en leurs marmonnements
Incessants à l'obscur clarteux des profondeurs palatiales
Afin de répondre à l'appel de l'azur sans faille fidèle
Et sans esquive ni déguisement qui eussent désaccordé
L'harmonie une rencontre l'alliance enjouée de violence


Il est en ces lieux d'extrême tension et de complétude
Le désir avoué des transparences et des plénitudes
Un monde que rien n'aurait pu entacher ni blesser
S'il n'eût été abandonné à l'homme vile et cupide
Oui Katharsis non violente de ces jours bleuis de vent
Où trouver une once de poésie l'élan saisissant Agapé
Découvrir une seule rime relançant la foi de vibrer
Au frisson de la myrtaie au voyage des nues des limbes
Au partage incessant que le vague à l'âme concède
A l'ami au frère au compagnon d'un marin d'hiver solitaire


Manquer à tes appels à tes soins prodigues  Ô Katarsis
Serait renoncer au secours à la mansuétude du Tout 
A la voix et au chemin qui m'eussent délivré de l'engeance
Dussé-je m'abîmer en toi périr mais au grand jamais
Trahir et lutter aveuglément briguant quelques trônes
Katharsis  Au-delà de la passion  jeune fusion reconvertie
Emporte-moi  assez de tragédies d'effusion et de larmes
Rivages lointains et solennels où reposer mon âme
Délivrez-moi des fumets des relents perpétrés des cloaques
Moralisant sans vergogne le mal l'opprobre les vilenies
La vanité la dominance la rumeur la manipulation
Ont sauvagement cours et sévissent au-delà de l'in-humain


Dois-je m'inféoder et m'assujettir à la molécule à la chimie
Pour fuir et fermer les yeux  Abdiquer Ô souveraines vertus
N'est-il pas autre alchimie fondamentale et essentielle
Qui eussent prévalu sans faille au lent décours du mal
Est-ce bien là une promesse lumineuse que j'entrevoie
Durablement qui prélude au sens vénérable de sagesse
Un jour non de peur mais de crainte et d'inconnues qu'importe
De ces interrogations qui vous rapprochent d'autrui uniment
Sans autres artifices que le seul verbe qui vaille Aimer
D'Amour et qui n'est pas flouer à la source ses pélerins 


Katharsis Univers palpable  onirisme ouvrant au temple
De la pensée numineuse et muette avant que d'éclore
En boucles au diapason de l'éternel à l'haleine d'un nuage
Est-il besoin de mesure de comparaison de distinction ?
Non ton royaume est de l'exil et de la foi où transgresser la raison
Cette raison meurtière et par trop humaine des con-descendants
De toujours et à jamais infatués sur la scène figée des rivalités ... " 

 

§

MARIN 

 

Du lent décours de la folie ... Aux images qui n'auraient plus de sens ni d'histoire que le simple déclin des choses auxquelles se raccrocher, espars brisés autour d'un naufrage ! Insulaire comme une vague prompte à encenser son Île,à la dérive de l'histoire confisquée !... 

 

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