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TRIP 

Les Modèles s'affolent, les zones sensibles virent au rouge, violet, grisonnent  sur la carte !... Déjà dans les esprits défilent quelques scènes familières. On y
creuse des tubes d'un autre monde sur fonds de roches. Mais il n'en est rien ; il faut attendre le lendemain et le sommeil bousculé de la nuit,
comme si les riders avaient franchi quelques fuseaux horaires, ne dormant point ou alors ayant encore devant eux à doubler la mise d'une
attente interminable. On roule, on s'appelle, on fouille le Web tentant de décrocher le Modèle qui répondra au plus juste aux attentes du Team
fédéré pour la circonstance. C'est vrai, cette Île est terrible, avec ses centaines de milles de rivages découpés, d'anses et de pointes où le swell
s'enroule et déroule. On sait et on espère plus que tout la Destination prisée, celle qui offrira toutes les cartes d'un bon jeu, d'une suite royale,
aux promesses inévitables et magiques.
Ils espèrent que les vents de la nuit convergent des monts vers la mer puis coiffent les vagues venues du Ponant. Ces vents de terre esquissant la
mer autrement à la chevelure des vagues qu'ils traversent et que les fonds de roches ne cessent jamais de lisser, de tendre, qui jettent loin devant leur lèvre épaisse et
translucide. Ces lieux qui finalement ne concèdent rien à qui n'est pas en phase et ne convole pas vers cette alchimie des ondes, de la lumière et des
formes, de la loi éphémère et perpétuelle de l'onde !
Sentir cette poussée qui des profondeurs propulse et guide, un instant, et qui ralentit le temps, prisonnier de l'espace cristallin et sous le regard de la
vague ; au diapason du dernier souffle, parfaire la symbiose et l'insigne rencontre.
Voici quelques moments à partager, au coeur même de la glisse, à travers aussi l'expression épurée et simplifiée à l'extrême d'une gestualité à
part, vers l'intime de l'eau, de l'onde, de la vague ! Par nos amis Bodyboarders, quelque part autour d'un Trip très Insulaire, à l'orée de la
morte saison des dépressions...