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Asinao et le Massif imposant de l'Alcudina ! Un départ vers l'Alta Strada,  " l'Altu Pratu di a mimoria ", l'Envol... Ces terres encore intactes que les  acides seuls menacent ! Se jouerait-il encore là-haut de possibles harmonies à réveiller,  en s'en retournant de la mer conquise et des villes soumises ?... Une vue prenante de Sant'Amanza, tout en bas, pris dans la tourmente d'un Grecale aux froideurs de la Tramuntana d'Hiver !... A droite, les Fourches d'Asinao, leurs abrupts extrêmes, avant-goût des célèbres Dolomites pour les grimpeurs et les fous des Teghje lische, de grandes verticales !... Sous l'épais manteau des nues, le massif  emblématique de la Corse du Sud et surtout, la profonde vallée d'Asinao, ses versants absolument sublimes qui arrosaient l'Alta Rocca, la Rocca, les profonds canyons dévalant de l'autre côté du monde, vers la mer Tyrrheniènne ... Les nuages ici n'accélèrent pas au rythme effréné des bolides et des effets spéciaux ! Point n'est besoin de manipuler, de fausser  le rêve étendus à nos pas... Le temps demeure et décidera ce qu'il fera de nous, quoiqu'il advienne,poussière parmi les poussières sans vanité qui vaille le superflu, au-delà ce qui se vend et se brade ...

 

 

DE LA MER AVEC LA TERRE OU DE L'ETERNEL RETOUR  

 

Des vagues de neige telle l'empenne des plus hautes cimes 
Aux moutonnements immensément pétrés
En leurs dévalements ouatés d'île majeure 
Je ne parviens plus à cerner l'aura cave
Le regard consterné d'un temps qui chute
Sans âge ni autre racine  je vais nulle part 
A l'errance  Âme à la mer des vents
Poursuivre les dérives d'une Rose
Aux pétales qui m'eussent affolé 
En vain et contre tout  Et quand d'achever
Le bord qui m'eût été donné un jour
A prendre ou de laisser à quai

Une ancre !...

Mais où noyer le lointain silence de l'exil
Oublier l'absence et sa douleur
Si ce n'est las  au plus profond
Au plus sombre de la Nuit Bleue
De l'antre où jaillit peut-être
Toute clarté à l'envers des mots
Horizons familiers  des-illusions
Que sais-je et puis  quelle importance
Pourquoi ici et maintenant les révélations 
De ce qui fût et sera toujours 
L'enfer des servitudes blessées
Que ferais-je si ce n'est aller ainsi
 Et s'extraire esseulant 
Sans fin le désir affligeant de passer
D'en finir à chaque faux pas 
Des mondes en souffrances
Et dont inespérément je suis

Que de hauteurs lumineuses 
Si blanches les vénérables étendues
Qui nous rappellent à l'essentielle 
Métamorphose aux plus simples choses 
A mes pas tonne la mer houleuse
Un penser au ciel ici bas me suffit 
A recevoir l'ondoiement de l'embrun
Et je ne comprends toujours pas le divorce 
Que les hommes consomment obstinément
A l'encontre d'une nature tutélaire
Ouvrant au sacerdoce de l'azur
Entre amour et beauté  Ô Kallysté
Des sophistes des sages et des aventuriers
Il m'échoie d'accompagner partout tes pensées
De panser le tourment de nous inconsidéré

Ne fût-il pas toujours un songe d'harmonies
Lorsque de participer tous les deux aux accords sereins
De vérité et de fidélité  A la légitimité
Des pleines saisons qui ne se monnaient pas plus
Qu'elles ne se consomment à l'aune de la durée
Qui nous serait fatalement mesurée
Le chant de l'hiver était  pourtant si prodigue et si long
De ses rivages feutrés aux estives des hauts plateaux 
Aux fables de l'écume  Une masure suffisait 
Quand s'illunait leur nuit critalline
A chantonner au foyer un bonheur rare
N'avions-nous pas  enfants rêveurs  tout l'or des mondes
Auprès de l'âtre gélif  à la veillée ensemble
Que les seuls liens de la bonté attisaient

Ainsi d'un sommet enneigé d'un vallon 
Que les eaux hiémales ravinent de sillons dorés
Les vents bleus jouent encore avec les nuages
Depuis l'aube des temps dieux et magiciens 
Mais je sais aujourd'hui leurs charrois acides
Amers les grains d'une époque transmuée
Les comptes déchirent l'automne et le printemps
Déchaînant leurs lots perfides de misères délugées
L'immuable miroir de l'azur ne reconnaît plus
Le visage tristement apprêté des saisons rebelles
D'une ère qui à chaque instant tue et noie
Proclame les déviances effrénées de l'or noir

Les images pèsent leur poids d'artifices
Sans freins et qui eussent cédé à l'encan
Thébaïdes et terres de racines préservées
On y cultive les amalgames juteux les vitrines
Alléchantes qu'il importe de piller et de brader
Sans que jamais ni solennité ni légitimité 
N'instaurent les justes rapports aux époques 
Le dessein d'un Territoire d'exception menace
L'image aurait ces vertus envoûtantes qui confinent
Au trouble au leurre des fonds de cristal 
Qui vont et qui périclitent à vue d'oeil souillés
Pour qui parvient au négatif de toute épreuve 
Empochant la plus-value  les dividendes de l'étant
Sans pour autant en avoir combattu les bouleversements

Je demeure là absent auprès  de mon ombre figé
Partout le mitage d'un faubourg qui n'aurait plus 
Ni limite ni dessin et aux versants anarchiques à souhait 
La montagne restera-t-elle encore longtemps
Le bastion inexpugnable des splendeurs passées
Pacte des anciennes allégeances aux saisons marquées
Aux villages et aux hameaux qui spécifiaient les terroirs
J'entends encore à deux pas le plain-chant des métiers
Animer la terre emblavée des vallées et des veillées

Alors de là verrais-je renaître d'une ère nouvelle 
S'en revenant du passé  conquérant l'avenir
Le seul dessein légitime qui eût honoré la Terre 
De Corse et des Ancêtres  les domaines  qu'ils nous ont légués
Nous aurions alors seulement renoué avec ses vergers
Semé de nouveau réunis  ouvrageant aux dives récoltes
De la réconciliation et des harmonies recouvrées

 

MARIN 

En 1 ère Écriture le 01.12.2056