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Un mât raccourci à 3.40 m pour la circonstance ! Une 3.2 M2, 4 Lattes, bien compacte, au centre de poussée très bas. Pas de têtière, aucune amure, à l'écoute, l'oeillet est bloqué par l'équivalent d'une surliure ; ainsi la chute ne décale plus sous le vent ! Quant aux coquilles de Wishbone, elles sont fortement serrées par un ruban de chambre à air : impossible de casser, de rentrer pour les tubes, l'ensemble est des plus rigides ! A plus de 55 Noeuds, cela a son importance sur le profil et le creux - la chute ouvre fortement mais le galbe est conservé. Les attaches  de harnais sont resserrées entre elles et très légèrement décalées sur l'arrière ;  les bouts ont été également raccourcis : de si peu ! Mais dans les claques, il y a un zeste de confort en plus.

La mer est démontée, dans tous les sens. Vers les Îlots, j'assiste à des creusements inhabituels : pas le moment de s'y aventurer, tout va si vite ... La masse et l'épaisseur des ondes défient l'imaginaire ! chuter là, c'est être à coup sûr roulé sans sortir avant un moment insupportable, à ne pas envisager ! Alors, prudence, évoluer, regarder, tenter de se familiariser avec un site des plus connus mais qui aurait été pilonné, bombardé sans cesse. Les rafales sifflent dans le casque, les oreilles chatouillent, l'embrun gifle au visage ; la barre des 100 Km/ h est passée et se maintient.

Une 3.7 m2, mais ce n'est plus pensable ! Pour s'élever de l'eau, j'opte sans me poser de question : ce sera les pieds dans les straps et le harnais crocheté - le réglage initial  des bouts paie, il m'en coûtera au début deux vols  bien plaqués, mais après, en mer, je parviens à gérer les très grosses surventes : combien de noeuds en surface  ? je ne saurais l'avancer, mais le vent est folie, déraison, violence.

 Naviguer, sans savoir où aller, certes, et c'est bien là le problème ! Après tout, s'élancer et revenir au point de départ, concédant à cette velléité d'évasion la volition faussée de la liberté, ce n'est pas sain ! Il convient peut-être de faire un tour dans les airs, tutoyer la légèreté des oiseaux marins, l'ellipse des bourrasques ? Enfin, réaliser quelque chose qui eût donné un sens à nos  habitudes !... Mais le vent très fort, insensé ! Oui l'ouragan, la violente tempête qui peuvent déchaîner leurs  rafales à un point de trombe et au-delà ! Cela s'est vu, surtout en ces parages,  l'hiver où les vents et les monts pactisent et métamorphosent, défont les Bouches de Bunifazziu, l'antre des dieux antiques !

N'y aurait-il pas de limites tant les matériels et les profils, les tissus évoluent. Quant aux pieds, on tient un flotteur si léger, si court, si volage qu'il se joue des souffles perfides !

La mer en son infinie uniformité,  ses cruelles monotonies, hélas !  ne laissera jamais d'être différente, recomposée, abolissant toute notion du temps ! mais de l'espace, du silence, du néant, quelle fresque en l'instant ne nous donne-t-elle pas à l'instar d'un peintre qui voit sous ses doigts naître les bleuités de l'éternel !

Marin - Évocations en mer - Violente Tempête et récit - En 1ère Écriture le 10.12.2013 

 

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Le Mistral, une autre fois, souffle en coup de vent et 3.7 M2 étaleront les fortes rafales ...