Oui, le BLUES, le SPLEEN, avec Peter GREEN  _ Géant !!!

 

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Un champ de vagues et d'écume ; tout autour, une forêt de pins, au chant qui s'éploie, recouvre les côteaux et la vaste dune. La nuit dure, opaque et s'étire vers le jour ! Sur la mer, des ondes  que le vent creuse et ouvrage viennent  sans fin s'éteindre au rivage comme un front de feux follets tumultueux ; à la clé, un instant... Et s'accorder une suave rencontre, donner comme un  baiser à la mer ... Univers matriciel, mélopée  essentielle où puiser à satiété les frissons d'un rare plaisir, se laver l'esprit qui aurait chu d'un monde par trop turpide et glauque ! Une lumière étrange et ses contrastes, ses nuances relevées que l'obscurité  accentue, que la colline, en arrière plan, assombrit. Artifices de la boîte à pandore : non ! certainement pas ; mais la seule composition d'un jour de Grecale * ** recouvrant de son dai lourd et bas les songes d'Orient d'une Île en partance pour l'hiver. Et glaner, là, en musant, en flânant la quintessence de ces prairies marines, leurs exhalaisons océanes automnales, le parfum iodé des algues rendues à la terre protégeant les croissants dorés de sable, refermant les blessures  de l'été.

La mer est solitaire. Elle aime à s'esseuler mais jamais ne laisse cette impression d'abandon et d'indifférence pour qui l'aime et la regarde, la désire. Ainsi de ces pensers par les corridors liquides et ondés qui vont roulant, déroulant ces mots sur le parvis d'un monde de légèretés qui n'est pas encore la terre, qui n'est déjà plus la mer ; un rêve peut-être où fleurit un verger, l'expression évaporée, l'allant, le mouvement perpétuel vers toute vie, l'éveil au seuil de la beauté prêt à révéler le lien tutélaire, la voie sereine, l'éternel retour des choses, à toujours saines métamorphoses !

Aller, marcher, voguer, âme à la dérive et, s'échouer, là sur la grève, percevant au sempiternel jappement des vagues que l'âge, la durée, le temps ne sont qu'illusions, jeux de hasard ; un seul mot eût suffi à ancrer un vaisseau dans l'éternité de l'éclair, pour peu qu'on l'ait reconnu. Dès lors, rien ne se perdrait, tout deviendrait plus clair, plus lumineux, tellement prodigue ! Et se dire ainsi que chaque révélation, chaque confidence de l'immémorial à l'éphémère vaut plus d'un million d'années ! Qu'un seul poème, je veux dire une mince pensée, s'inscrit dans le cycle inaltérable des renaissances ! Alors, vous me suivez, allons du même pas muser au jardin des vagues où dansent  par myriades les étoiles, lorsque la mer, vers la terre , étend sa blanche pelisse, où s'ébat, primordiale, l'enfance, ce joyau de l'Eternel, qui demeure en chacun d'entre nous, toute l'écume d'un seul jour qui nous vit renaître de la nuit

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