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Peu importe le site, l'endroit où errer et muser. Mais  se laver l'esprit en le débarrassant des miasmes du nouveau monde  perclus de funestes certitudes !  Est-il si important de dire où l'on se trouve, lorsque la planète, en chacune de ses parcelles, devrait être le présent intact de toute conscience, de tout être animé allant en paix et serein, goûter aux pérennelles bontés de ces terres de promission  ?

 Se peut-il encore qu'il demeure, quelque part, pareils lieux de complétudes et de quiétudes ? La mer y viendrait toujours déferler en lâchant ses vagues mélodieuses comme la lourde chevelure tombe et couvre en ondulant les épaules  nues de la terre ... Une baie, une anse ombreuse,  un golfe si profond et apaisé que les bras des tombants et des collines embrasseraient, indéfiniment, sans le moindre accroc de béton, sans la moindre souillure cachée qui se déverserait dans la mer en empruntant furtivement l'intimité des terres recouvertes de maquis, depuis le luxe ou le commerce ingrats  !

L'eau bleu de ciels et de nuits, l'insolence fascinante des vagues, la lumière toujours étrange et suggestive, un cirque tant pétré qu'il orchestre l'écho des migrateurs et des rochers creux et qui  singularise, un instant, une éternité, cet univers de désolation et de sécheresse. Ô trompeuses apparences, délivrez-moi du mal qui n'aurait pour seule frontière que la durée, contre la marche du temps !

Mais je vous l'assure,  il n'est rien d'autres  que des trésors cachés, des joyaux enfouis, des jardins secrets où le parfum des oliveraies sauvages et des myrtaies entonnent quelques cantiques et odes à la nature d'antan ! On y  semait, vannait, moissonnait et pêchait au diapason des saisons que les vagues scandaient. Ainsi des horizons lointains livrant leurs signes les plus féconds.

Et de s'extasier, de béer aux tableaux vénérables d'une Île, d'une autre Terre, aux fresques épargnées par la folie inconcevable d'un engrenage qui va bousculant l'ordre du temps et les étoiles de sidérales et sages horloges ! 

Que deviendrait le passage de l'homme sur cette terre si il ne s'enquerrait plus de témoigner, de relater, d'évoquer toujours plus profondément les sens et le regard du destin que l'on maquille des fards de lèse-fatalité ? Ô majestés insanes, que ne faites-vous pas de la planète jadis si bleue au nom de l'or en papier de toutes les forêts dévastées  !

Alors, amoureux invétérés et inconditionnels de la Nature, toutes les fois, pointez du doigt la dérive des faux seigneurs qui nous poussent vers le Chaos et la hideur des déluges

!

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