BARBARA FURTUNA - Ecoutez ! 

Le casque Hi-Fi s'impose ...

 

 

 

Fascinant_

 Le temps, une voûte sans plus  aucun sens, inversant l'essence des choses où l'âme un instant se cherche, s'ébat et s'éprend du souffle  profond de l'azur. J'appareillais, il me semblait que la mer plût au ciel  !

 

Destination_

Ce  jour m'égarait dans l'azur, entre mer et ciel, et  l'amer chavira. Je renouais alors  avec les racines, ces liens qui me ramenaient vers la terre de tous les Ancêtres... Je leur dédis ce texte, du fond de ces Choeurs sublimes, à la Terre de Corse

... 

 

Comment, pourquoi tant de lumières  et de splendeurs au seuil de l'éternel ? là, si près des étoiles, incompréhensiblement ... La vie, multitudes
des flots animés participant aux vérités, tracés de l'Océan et de l'Ether, incommensurables !... Et les vagues, les nues que les vents façonnent, transcendantes
muses qui nous emportent si haut, si loin, en dépit de ce corps qui s'engrave, ancre  au fond d'un port, commune  ... Alors, écrire, voir et penser les mondes de la Mer pour se souvenir et partir, oui, partir, serein, serin !... Migrateur, âme à la mer, une Île,

Ad Amore

!

Etrange_

 

J'avais embarqué à bord de l'onde ; une passe accordait les pulsations de nos coeurs où se perdait le sens des mots ! là, pas de pensée choyée ni d'image, mais un frisson de silence qui nous unit 

Ivresses_ond_es

 

 Ombre messagère,  violente et parée de blancheur angélique, voilà le paradoxe des vagues qui vont dans le silence des grands espaces

 

 

Isula_


Le vent fronçait l'immense champ de la mer. D'inombrables et vastes plis lui donnaient l'aspect d'un lourd brocart qui volait et qui planait en
silence, en ondulant, comme dans un rêve. Les longues traînées d'écume ruisselaient sur les pentes en bruissant ; ce jour-là, j'avais tenu à marier mon aile au rude et vague
azur. J'allais, rebelle, à l'encontre de l'amer noyer tous les tourments qui blessent le coeur en le cinglant. Ainsi assorti aux larges baies bleues de ciel
que des flèches de nuages en fuite traversaient, âme ailée, ivre de vent, je m'associais aux ors sans prix d'un soleil automnal et pourtant déjà,
si bas dans sa course vers l'hiver. Il poursuivait sa route en rasant les collines, les abrupts  schisteux du Cap ; le voile pourpre et tenace de l'aube cédait, 
irradiait comme le halo, présage  des astres chers... Dans les lointains, l'exhalaison de la terre répandait un nuage presque palpable, tellement
odorant ; nous le pressentions, il gagnait les étendues safres et s'offrait le grand large des dépressions.

Les moutons couraient l'infini en le parant de
somptueux lavis jaspés de blanc. Les fonds si proches s'illuminaient, émerveillaient. Un faisceau aveuglant suffisait à damasquiner, à chamarrer ce désert de
dunes perses promis à la voix royale des lumières euphoniques ; séjour à part livré aux vents cristallins et si bleus de l'espoir !
Les sens en éveil, j'accordais à ce temple numineux les vertus souveraines de l'esprit et des plus simples choses où le réel et l'imaginaire se
rejoignent, convolent à la dérive, à la source des vrais mots qui ne mentent pas ! Et ainsi de s'éveiller aux pensées spontanées et sans artifices :
Émois ! 

Ô sillon doré de nos sibyllins ébats, des grands espaces, une seule bordée sut ouvrir pleinement les battants, les portes aux justes errances,  
refouler l'absurde servage des gongs et des verrous... La veille, la nuit s'était invitée en lançant de labyrinthiques et puissantes bourrasques. Les vents des hautes vallées
encaissées se ruaient sur la mer de Ligure ; nous ne dormîmes plus ou si peu, chahutés comme en pleine mer, à bord d'un voilier. Le sommeil
tanguait, roulait, entrecoupé par les occultations de l'obstinante veilleuse des marins, là-bas, sur l'île délaissée, l'île esseulée ; fidèle, une lanterne scandait dans
l'obscurité tonnante ses messages codés et tellement rassurants ...

Alors,  la mer déchaînée, peu à peu, en fabulant la Voie des étoiles, vers Orion glacée, se mit à déclamer de
dolentes stances, l'ode de la houle de fond aux brisants que les vieilles bâtisses béantes et perdues happaient en geignant, depuis les âges
abyssaux des rivages, remontant les champs d'oliviers des ancêtres ! Mais l'air doux hâlait le Sud et présidait aux augures d'antan ; il ne trompèrent point la
destination et l' évasion mémorable qui louèrent ces lieux un jour, sans fard.

A l'entour, des îles en archipel, des tours de guet dressant la terre des
hommes sur les montagnes aux manteaux de verdure dociles et couchés par les tempêtes. Métamorphoses, anémomorphose, dit-on ! L'indigo intense des ciels, les lames et les ondes cobalt n'en finissaient plus de creuser, de chercher le jour, de caresser la nuit et les cimes enneigées d'écume, bien au-delà du seul horizon lancinant qui obstine et qui reclut.


Puis, comme par magie, par consentement, le paraphe saisissant des nuages de givre zébra le ciel. J'asssitais au choeur, j'écoutais l'hymne en canons d'une voûte
sidérale louangeant l'azur depuis l'aurore uniformément grise, froide et sidérante ... Je suivais  le rivage, le long de l'ancien sentier, pleurant
quelques vestiges, ces arpents de terre aussi vierges que préservées, comme si les anciens nous les avaient laissés pour prodigue jachère et attendaient qu'on les fît une seule fois tenir  leur promesse . Rien ne
paraissait avoir bougé si ce n'est le lien vacillant des pierres sèches chutant une à une dans le silence révolté des maquis et des mornes plaines ...
Un pincement au coeur m'étreint alors : le sentiment tenace d'une insupportable ingratitude signifiée envers ce pays de provendes et d'
échanges fertiles m'accabla. Il me fallait embrasser le théâtre de la mer, depuis le large, partir et apprendre à aimer plus encore la terre afin d'en effacer les
contours perfides et indésirables. Comment se réconcilier avec l'époque, espérer aussi, garder et nourrir la foi en quelque chose de tangible
et de si merveilleusement suggéré à travers tant d'offrandes déchues...

Je " Lui  " attribuais cette arène aux scènes remarquables et à ciel ouvert, je me devais
de comprendre, de circonscrire l'ordonnancement divin des profondeurs de l'éther, à bord du plus petit des esquifs, pour une virée libérée,
inhabituelle et totalement inconnue.

Le vent s'affolait. A la côte, les ondes élongeaient de plus en plus massives et altières les pointes de rochers. Quelques oiseaux assistaient au sacre du vent chaud avant les frimas imminents. Solitudes figées  aux plissures métamorphiques que la route sinueuse soulignait en silence, absence de toute vie entre deux villages réfugiés en automne. Je me mettais à l'eau, seul, sous le regard médusé mais complice d'un
jeune cormoran.

Puis je  m'élançais en remontant le vent aussi loin que je le pus. Je le serrais, au plus près, tremblant de tout mon être sous les coups de boutoir des violentes rafales. Un instant,  je doutai, certes, craignant la fortune de mer, mais sans jamais perdre confiance.  A bord de cette
folle dérade, j'exultais . Je voguais entre la Terre-mère et son île, sa vigie, son ange gardien !

La mer aveuglante, la mer si sombre, la mer qui pâlissait, blanchissait,
s'ocrait, virait par les plus étranges  diaprures. Sous mes pieds, je percevais sa respiration. Loin d'haleter, elle alentissait par les fonds la marche
d'une dimension à part, tellement mystérieuse ! La mer affluait, éminemment forte, puissante, épaisse et solennelle, avant de se dissoudre en de
longs et épais manteaux d'écume. Une voilure d'embruns fascinante et parfumée en exaltait, en exhalait les puretés.

Ballet incessant des ondes et des courants
s'évaporant dans l'espace-temps, commués par le vide immensurable et l'éternité songeuse de l'azur se reposant sur la terre. Les vastités fumaient et chantaient, les flots
pétillaient et voilaient les terres frangées d'éclatants festons d'immortelles.

J'entendis alors une voix me conter l'âge d'or du grenier à blé, la
fête des moissons blondes et ocreuses, le temps des récoltes. Je vis renaître et fleurir les vergers...

Des moulins brassaient aux vents des cols
le fruit pérenne des épis accompagnant le chant des hommes qui repeuplaient  les aires de battage du Cap... Les coteaux et les vignobles, à l'abri des
bourrasques, couvraient l'adrêt et le pampre rougeoyant au soleil de novembre invitait à l'ivresse bachique des coeurs...
Je m'éloignai d'une rive, intrépide et déjà ailleurs ... J'accomplis le tour d'un tout petit monde, sans âme ; on l'avait abandonné pour de l'argent ! Et
plus la mer nous distançait des terres, plus les sommets jaillissaient et caressaient la haute voilure des vents, coupés du reste du monde. Le Cap
se fit titanesque étrave des dieux ébauchant dans la mer tempétueuse mille desseins d'Îles où héberger notre chant...

La liberté, ici, coudoie l'éternité ; l'éternité qui  nous regarde passer  !
Un seul regard suffi à l'affranchi marin et tout bascule au-delà du carcan des besoins et du paraître ... Seul importe la voie, la voix de l'Unique
pour enfin accueillir l'autre rive ! Dans le dénuement et l'absolue absence de raison, les mots  se font silences, empruntent un autre chemin, un chemin de vérité que la mer et le ciel partagent et accomapagnent immuablement sans meurtrir l'empreinte d'une âme à la mer qui n'aurait jamais passée, pour l'avoir ravie à jamais 

!

Marin - Solo à bord d'un fort coup de Suroît 

- Sentiment océanique  - 1 ère ébauche de la Terre des Ancêtres, de la Mer-Mère

 

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