Je voyais comme un lointain névé gagnant les ciels de mon enfance, un névé tout là-haut où fleurissaient en été et en cachette les edelweiss. La Guisane roulait ses galets, la haute montagne et les  cols d'altitude délivraient des strates  et des lauzes de merveilleux fossiles. Nous marchions, sans le savoir, très près du Ciel des jeunes années, de la vie éternelle

!

 

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Jeu de mots anodin ; les vents du ciel ceignent l'île de blanches flèches, dans une  profonde clarté.  Ivresse, sibylline création, illusion, qui sait, de nous partagée en ces jours du mois de Mai et de renouveau.

Et si la nature partout exulte, s'envole en fleurs vers les hauteurs insondables, l'Ether lui rend le saint hommage des anges ! nous y sommes ... les
amoureux de l'Etant, les hommes de la terre sont si nombreux à louer les saints protecteurs des semailles !

Mai, toujours à l'orée tonnante des frimas... L'hiver n'aurait-il jamais dit son dernier mot ? Patience, émerveillement lorsque l'eau des glaces en volées de cristal auréolent le sommet des collines, esquissent sous le vent des massifs l'aura souveraine et cillée des îles !

Étrangement, même si cela reste clair dans les méandres de la raison, les étages de
cette citadelle vaporeuse vont délirant du gris sombre aux seings-blancs des nues virginales. Les flammes, les flèches du  vent charment ainsi le cours des heures  qui ne laissent plus d'exalter au zénith du soleil ces spires d'encens, ces enroulements animés, possédés de vertige, fabulant tous les desseins numineux du vide ...

Ô Saints de glace qui perdurez et que l'adage emporte à travers l'air du temps des saisons, que deviendrions-nous sans la crainte de ne plus jamais vous servir

?

Revu et corrigé le 56.98.989

 

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