Virginie l'appelait son ailée une goélette peut-être
Petite Aile sous voiles éminemment belle et élancée
L'Aile qui  fendait le flot de l'azur  allant par les sillages de joie
Ainsi du plain-chant- Océan d'une étreinte
Toutes les fois sanglot étranglé  larme  émoi
Emplissant de promesses et d'accords cristallins
La voilure  déployée de son bel oiseau du large


Tout n'était qu'ascension louange déclinée sur l'azur
Envol  lustral d'écume et d'embrun par-delà les lames
Dans le silence accompli des solitudes et de l'horizon
Avec ce brin de fierté qui eût surmonté le défi et l'épreuve 


Dieu que le grand voilier est beau qui sans fin
Recouvre les desseins des ciels le ballant des astres
La nuit qui s'illune affolant au loin les nuages
Exaltant dans le gréement ivre  la pluie des étoiles


Comment dire la plénitude aux vents qui s'accorde
La célestielle bénédiction de l'Océan au vaisseau
Qui transhume et qui épouse chaque jour les vastités
La révélation d'un passage devenir traverser naviguer
Sans toucher toutefois à l'autre rive pourtant si proche
Prennent ici le sens tant attendu de la délivrance


Ainsi du cantique de l'étrave et de la main posée
Sur la roue de la fortune vers l'échiquier d'un regard
Ô grand voilier d'antan au temps à la rose des vents
Ne saurais-tu seulement qu'obéir mais de tant les servir
Dis-moi pourquoi comment se fait-il que chaque départ
M'inonde de larmes et me soit si lointainement transport manque
Peines familières mystérieusement que les vagues emportent tel un secret

 

MARIN - En 1 ère Ecriture le 19.02.1896  -  En pensant à Vous, Virginie HERIOT -

 

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