ANTIMATTER

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SAINTE DESTINATION 

 

 

Je n'étais déjà plus aurais-je seulement été
Le temps sur nous avait refermé la porte
Le vent comme une lointaine romance
Entonnait vastement un chant feutré
Celui des solitudes d'un séjour sur la fin
La longue houle porterait toujours en chemin
Le dessein rond des justes et des reclus

Que n'aurais-je été d'autre en ce bas monde
Que sain sillage parmi les foules un pas une bordée
Jurant aux cloaques sordides de la Pensée vaincue
Je me serais lentement empoisonné puis souillé
Douloureusement égaré comme mis au ban

Mais là au seuil numineux de l'Azur
Comme un maudit poème ivre d'Ether
Insensé dévalant le chaos les collines
M'abreuvant à la source des vertes années
Pour toujours affranchie et si pure
Aurais-je côtoyé une belle étoile

Et l'onde de la mer infiniment pulsée
Un souffle saint balayèrent l'amer
Je leur remettais alors l'encre engravée
Le corps d'une folie Ô intervalle " clarteux "
Où vaincre les bourreaux de mes cris
L'ombre fatale du désordre rampe
Qui brise et qui mate en durant
Inexorablement pour le compte vil
Et dévoyé des vaniteux et des séides

Je sais là-bas un corridor étrange
Une vallée fertile qui ondoie
Entre histoires et renaissances
Où l'âme en partance se devine
Et se destine sans frein en convolant

Est-ce là alors mourir peu à peu
Éclore une dernière fois sagement
Quand de parcourir sans la nommer
l'harmonie des plus simples choses
Autour de nous qui va l'amble
De choyer l'humble voie des mots
Comme un compagnon d'aventure
Que l'on ne trahirait jamais

Ainsi de confier aux vacillements de l'azur
Et des vents ailés ce voile évanescent de poussières
Qui n'enténèbrera pas l'azur ni le sourire d'un enfant

Le sourire de mes deux Petits Enfants perdus 

 

MARIN - A bord d'une  Folie ... 2 ème Ecriture - 30.606.1936

 

 

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