Laisse errer le violon, pleurer la guitare  !

ANTIMATTER 

 

PROSE D'UN MARIN

 

... Entendre "  Marin " :  dans le sens où la Mer le prend,  seul et sans assistance, et  le rend à la Terre, si tel est son profond désir ! le marin et son esquif, sans qu'il en eût  été autrement que d'un pacte, cette allégeance sans condition où la  liberté et l'autonomie ne divorcent jamais  l'une de l'autre mais demeurent scellées, comme la Fidélité et la Vérité ... Ainsi des maux qui vont par deux

!

 

TRES_LONGUE_DISTANCE_GRAND_SUD_SOLO

 

OUTSIDE REEF 

 

 

" ... Une destination perdue, un Solo ! Voici pour la quête et le théâtre antiques ; Loin de lui l'arène où bouillent  le sang,  la violence, le  parjure  ! S'y rendre, en parcourir le récit, la fable, le  poème, ne serait-ce qu'une seule  fois ! renaître  à la vague, errant par les arcanes sidérantes du Ponant ... Fuis, Marin, fuis  !

Voici un domaine sauvage, ses oiseaux migrateurs, l'ombre d'une vision qui s'esseule entre deux rives. D'un côté, les brisants, de l'autre l'Ether. Il n'y aurait plus d'autre choix que ceint  la plainte des balises ...

Allant et revenant, inlassablement : la vie mime  le ressac ;  et cette obsession d'en finir, jeté comme un billot de bois, un message à la mer voué à la dérive, à la perdition !

Il voulait voler. Il lui fallu alors  porter son aile, si fragile, maintes fois pansée... Par la sente ocre et pétreuse, ne plus s'égarer au coeur des tombants, cheminant longtemps à travers ronciers et maquis, en évitant les pierres et les genêts tendres et agressifs à la fois !

Là, point de fioritures ni d'appas qui eussent drainé les foules, pour quelques royalties de plus ! Les fards de la  galerie s'éteignent !... L'arifice clinquant, le matériel  flambant - neuf  ne sont pas de mise. Mais  donne se hisse toujours très haut, en Esprit  !


Au terme d'une sente littorale, une plage de sable blanc, d'algues protectrices : rivages  de Phénicie, mythe ou légende, horizon choyé des Argonautes ! comment le dire ? une lumière divine, personne !  Que le souffle inépuisable des vents, les parfums, l'ivresse des grandes solitudes ! Et le balancement, le lent vacillement du silence, sur le désert, qui se couche...


Là-bas, l'hiver vaut  nimbes d'écume et d'embrun, compagnon pour la pensée en route vers la Création et le Chaos. Songes bipolaires !  Vivre et pleurer,  tel est le sens du  don... Pourquoi se résigner à chuter ? 

L'eau rêve, fabule, délire, translucide et féerique. Les vagues caressent le ciel en lâchant leur épaisse chevelure, insolentes et provocantes, lointainement évanescentes et lascives ...

Le golfe ouvre l'horizon,  immense et si bleu, toisant  le grand large safre des hauturiers et des solitaires. Rien ne retient l'onde et la rafale depuis les terres lointaines de l'enfance et du Rif ...

Un île, tel un mirage,  revêt la vêture du silence et de la clarté. La nature règne,  solennelle. Ainsi des plus simples choses qui nous  comblent d'humilité, de clairvoyance !

L'eau, partout rayonne, précieuse ;  ondes, ocelles fascinantes ! Pourquoi  chercher  à travers l'espace quelques probables  exoplanètes accablant davantage  pauvres et déshérités  ?  Tuerait-on dès lors le chant de l'unique


La mer respire. A coups,  halètement, palpitations ? Ou pulsions de nous révélées ... Une longue traîne messagère s'empare du temps, comble le chant polyphonique des vastitées azurées ; vide ou néant, déjà intemporelles ...


Des écueils, les tourbillons d'embruns paraphent  la tempête. Les rochers s'affolent. Vigies démoniaques dont le rictus  figent des bouches hallucinantes. 

Par le chœur d'une étrange scansion, le marin épouse les vagues. Il appréhende le risque. Duo indéfinis, vires  duelles où décliner un étrange pas de deux, la rythmique aboutie de l'Univers, vers Omega.

Ô pan d'azur immaculé,  galbe nourricier ! Comment ne pas  entrevoir le souffleur de verre  !...  Unique, ultime sillage !

Il est des lieux qui exaltent, en boucles,  l'ivresse de l'harmonie, les desseins de l'intaille fluide celant quelque songe d'éternité.

Il lut,  ce jour - là,  dans de larges ocelles l'invite de l'Eau-Delà et de la Lyre vagabonde ..."

 

MARIN - Pensées pansées au seuil d'une Folie - 

Revu et corrigé une 2 ème fois le 26.72019