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1963 !

Nous retrouvions la Terre de Corse, l'Île de Corse comme il nous plaît de la nommer, comme au temps des Origines, un âge tutélaire immensurable et beau à la fois, encore épargné ; nous ne le savions pas ! ...

Et le regard des Enfants que nous fûmes, posé sur ces rivages clairsemés de ports et de villages aussi étranges que fondus dans la Nature ; noces dont on aurait pensé qu'elles eussent été immarcescibles comme la jeunesse, hélas ! que le cours de l'existence emporte envers et contre tout !

Nous traversions un petit Univers tant chaque vallée, les plaines, les massifs à aucun autre pareil ne ressemblaient, encore apprêtés ...

Alors, cette remarque, aujourd'hui, à ciel ouvert, en ces mêmes lieux ...

Ces destinations que la Modernité nomme à l 'envi, s'octroyant en définitive tous les droits, sans le devoir d'en garantir les équilibres majeurs, légitimes, souverains qui lui sont antérieurs, face auxquels elle doit se plier, obéir avant tout, eût égard aux dangers d'une évolution galopante à ses dépens, aux nôtres aussi.

Car il ne suffit point de circonscrire une zone géographique, de lui attribuer quelques étiquettes ou labels  pour en définitive assister impuissants aux sacs du trafic, de la surpopulation, des pollutions concomitantes, de la transgression de tous les principes élémentaires initiant et perpétuant  le respect de la vie et de la Nature sous toutes ses formes.

Certes, il est ici une manne du ciel, le moteur d'une communauté où le Tourisme constitue l'une des principale ressource de l'Île ... Mais à quel prix ? lorsque l'on sait les étendues à couvrir pour garantir  la surveillance, la pérennité des vastes biotopes, enfin ce qui est et qui était depuis la nuit des temps ...

Marée humaine sur la mer, au fond des golfes et des baies ; le vent de terre se renforce, les ancres des grosses unités ripent ! on se déplace, on change d'endroits, sous le vent, à l'abri du rivage le plus proche ; qu'importent les fonds, le substrat sous-marin, on s'ancre et on tient bon, avant tout, agapes à bord avant tout ! Les oursins y passent tous, les poulpes aussi, on tire sur tout ce qui vit sous l'eau, à une brasse du bord !

Les jets vrombissent, l'eau se revêt d'un film opaque, nauséabond ! en amont, au-delà des collines, les routes et les artères drainant des centaines de milliers de voitures accordent aux touffeurs du Levant un regain de vapeurs insanes et de gaz brûlants, surchauffant l'atmosphère.

Nous ne reconnaissons plus les côtes ;  des villes semblent surgir des flots, derrière les îlots de l'hiver vaincu.

Bientôt, le Parc Marin International ne défendra plus que le Nom,mais  non la Substance éthérée que l'on respirait jusqu'aux tréfonds de la pierre et de l'eau.

MARIN

 

VINTILEGNA_ASSAILLI_

 

Ballet nautique incessant, du Jet au Paquebot, mouillages forrains sans restriction, envahissement, les Bouches sous le Joug du cheval vapeur et de l'Or Noir, qu'attise un Levant soutenu à l'Ouest du Détroit // 1 CLIC sur ce MONTAGE

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