AÏRBAG 

 

Un Marin Solitaire

 

 

La terre, là-bas, recevait les souffrances et les tourments de la Mer souillée, de la mer endeuillée ! Il n'y eut qu'un seul et long écho,  plaintif ; Cap Marianon reconnaissait-il à son approche l'aventure, le mirage  enfin serein des hommes de bonne volonté ? Qu'importe la démesure des vents, le " chasme viride " ! l'éclatante blancheur suffisant à ondoyer  la mémoire d'une Terre jadis édénique et qui ne reviendra plus jamais ...

La Terre et la Nature, la Mer n'ont pas attendu l'homme pour être magnifiées, préservées, louées ... Elles auront été les victimes de cet être odieux et blasphémateur à leur encontre.  Il n'en est que le fils indigne et rustre, avec toute l'emphase qui le caractérise et le propulse  bruyamment sur le parvis des vérités cachées ...

A Méditer 

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YANNI

 

Et quand de virer de bord ... Au loin, la Transe-Poésie,  pour thérapie génique, l'anti-matière régénérescente ? Les mailles de la mer dont je reste le captif, là où la Mer veille ; de vagues en serres de pur azur : illusoire destinée que le réel et la certitude des mots.

Amies, Amis Lecteurs, vous le savez, je ne ponctue pas mes textes ou si rarement ; en prose, peut-être ! Aussi êtes vous plus libres, comme sur les flots, de marquer une pause, le temps d'une bolée d'iode et de sels marins ... Merci de votre compréhension et, de votre visite 

!

 

 

Splendide Testarella

 

 

Qu'écrire à ton égard que je n'eusse vécu en ton sein blanc
Que je n'eusse traversé par tes froidures et tes rudesses cyan
Il est des envolées ou des plagiats qui faussent ton regard
Sur les plages nourries de l'écriture par trop aisée et si sûre
Ô Mer en bordées à l'azur sans rives tu ressembles et la solitude
Te pare de silence et de lumière enfin de ses chants d'innocence
Que l'insensé ouït en vaguant au seuil de l'hiver  et de tes obscures clartés
Déclamer reste l'apannage des marins à terre quand le regard
A lui seul ne saurait contenir les vastités de l'onde et le chasme viride
D'une conscience livrée au verdict de l'éternel   Lorsque de traverser
L'isthme les Bouches ou le Détroit hérissé de lames   Infiniment petit
Parmi les multitudes qui m'absentent du paraître et des fards
Aux mots qui fusent et qui glissent de l'aisance verbale   Je renonce
Dans tes creux   Par le choeur de tes ecchymoses     A tes galbes soyeux 
Je vais ivre et comblé de tout   Passionnément existence et néant
Désespérément qui  tentent et achèvent de te contenir        en vain
Je t'espère et te veilles dans la voilure de l'olivier que la brise
Anime comme un souffle régénérant la vie après les morsures de l'été
Ton absinthe à mes délires  à ma folie furieuse commandent   Je languis
D'immensité et de ce point insigne   de non retour où seul l'écho absout
Au diable les sens de la raison où se perdre et se renier sans fin
Ourdir les arcanes fructueuses de l'éphémère et des vanités précieuses
Je suis marin humble et dans le doute en route à bord de la psychose
Je rejoins mon ami mon grand  frère noyé mon autre moi-même
Dont l'âme brille et s'empare du firmament tel un diamant fou
L'arcature pérégrine de la pluie et de l'embrun à mon sillage sourit
Le Puffin y dessine parmi les anges d'écume des arabesques de sirène
Que m'importe le nom des dieux que les certitudes griffonnent d'un trait
Quand il suffit sur tes flots d'aller et de dérouler avec les vents le parchemin
Vénérable du temps où la vérité et la fidélité d'un commun accord nous lient
Ô mots de mes phrases pitoyables images percluses d'emphases il n'est que
De réveiller la transe dyonisiaque et le rêve appolinien pour dépasser l'ère
Vers plus d'azur et de clarté contre Toi uniment Ô Mer réécrire l'être pour le néant
Seul pensée au coeur de l'immensurable destinée passionnément vierge
Que ne tiens-je aux dithyrambes à la grandiloquence aux jeux des mots fats
Mais puisse le long sillage d'un regard sur l'azur tracer la voie lumineuse
Du long poème de l'- a mer éternellement secret tout contre mon coeur
Et de ne rien nommer qui fût avant le Verbe mystère et hallucinante illusion
Je viens aux baisers de tes vagues goûter la quintessence et tes rimes de silence
Oui l'être et le néant sur la mer vont bien ensemble depuis le chaos dont je suis

 

MARIN

En Bordée, à bord de la Folie ! En cours d'Ecriture, vers l'Eau-Delà, dépasser les maux ! ...

 

 

Chateau d'eau d'eau (1)

 

 

De l'autre côté  de l'instant, sur la vire ondée, l'autre  rive n'était pourtant pas si  loin ; seul, sur les étendues laiteuses et saturées d'embrun, j'allais, dominé par la cime des ondes qui écumaient. Je voyais parfois se lever des colosses au pied de cristal. Doute !  Ils chutaient sur le seuil de la terre.  Génuflexion de la mer,  prosternée, entre  métamorphoses et complétudes  éthéréennes. Le serment comme un pacte indéfectible. Ainsi des Citadelles ineffables  de la Nature !

!