A cette ivresse nue  qui m'est si profonde
A l'Azur que les lointains numineux
Et les vents avides épousent exaltant
Nos gerbes pures de vagues envolées
A vous qui ailez les songes de vertiges

Oserais-je vitement un penser le parjure
Divorçant des origines     L'ire rudoyant
Ces harmonies minérales       Ô bleuités
Euphoniques des archipels et de l'amer
Mon vol croise en louant un chant vierge

Je vois à l'entour comme un quai joyeux
Au large qui s'invite   la clarté d'un horizon
Sans fin recueillant déjà l'ultime transe
De nos sibyllins ballets    Un pacte séraphique
Depuis la jetée uniment semble nous lier

Perpétuelles odes des sources ondoyées
Puissé-je une fois  encor éclore  et par vos célestielles
Prairies vaguer   éperdument marin
Allégeance fusionnelle au choeur si  vaste
D'une nef constellée de promesses

Passagère l'âme demeure qui s'ente
Et s'en retourne à la mer des océans vides 
Bercée dans la souvenance aurorale
Et le giron obstinant de la nuit du phare
L'ombre d'une lueur comble l'Ether

Ne laisse pas ce corps à l'ancre  Marin
S'engravant aux champs des illusions
Perdues   Que la mer rouvre vos sillages
Au-delà de la poussière et dans le vent
Attise l'escarbille du Levant au Couchant
Qui rougeoit et qui jamais  ne meurt en tout

 

§

 

OPARA_MARINA