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"...  Ainsi, les oiseaux du nord sont la manne des aquilons, comme les rossignols sont les dons des zéphyrs : de quelque point de l'horizon que le vent souffle, il nous apporte un présent de la providence... " 

F.R de CHATEAUBRIAND - Le Génie du Christianisme - Tome I /  1803  Page :  185

 

 

EX-ÎLE

 

L'embrun des vagues pour ultime châsse
Comme la houle étreint le brisant
Et l'aura volage des vents frémit
Sur l'étendue froncée des risées
Indéfiniment pure     odorant les baies

Les ondes et les cimes jouent à se trouver
Eclosent     claires et subreptices
Ceignant le lointain haut-fond      la roche  carmine
D'une blancheur de neige immaculée
Plongée dans un silence ouaté 

!

Ainsi de l'allégeance aveugle aux cieux
Tant redoutés des marins    de l'ivresse
Que le vol des migrateurs  entonnent
En frôlant  le pic absinthe    la crête écumante
Ainsi d'un ballet d'ailes rare et sibyllin

Que n'oserais-tu cette rencontre   Le coeur de l'arc-en-ciel 
Tendu des lames promptes à t'élever 
Sous le vent        l'horizon rêve d'alliance
Une relance      un pas de deux étrange
N'accordent-ils pas l'envol et la chute 

Et d'oublier   Marin   de te livrer sans frein
Aux pentes cristallines d'un penser
Car que glanerais-tu d'autre si ce n'est
La moisson d'une lunaison aux fruits
Comblés de la source et des racines

J'errais    le mot grevé   perclus de morfil 
Fluant tel le flot emperlé de l'océan
Confiant  encor une fois ce corps à l'encre 
Bleue de l' éternelle marée   Ô reflet
Jeux de la moire                  Miroir sans tain

J'allais  à toujours en nos fébriles bordées
Encensant les ors secrets de la  terre pétrée     L'ex-île 
Naufrageait  !  Les Aquilons  et la Bora  dolentement
Pansaient  l'outrage et le parjure  
L'insigne trait des visages meurtris

§ 

MARIN - 1 ère Ecriture depuis l'Ex-Île

2 ème Ecriture le 13.12.1056

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