« ... Flots de la mer, ne rongez plus si furieusement cette falaise et n'y renversez rien ! Alcyons, corneilles, goëlands, oiseaux qui partez en automne pour les grandes rives, posez-vous ici dans vos rassemblements ; Dieu bénira votre traversée et fortifiera vos ailes ... "

  Sainte-Beuve -  Volupté,tome  II -  1834 /  Page  :  262

 

 

Ce texte m'aura été inspiré par un évènement hélas ! fréquent, souvent tragique...

La Mer, l'Océan !...  

Ne les aurions-nous pas  souhaités bons et  miséricordieux, comme un Ciel, purissime, en qui se confier aux jours rudes que la destinée, le hasard heurtent et   fauchent parfois, d'un commun accord, incompréhensiblement...  Sommeille-t-il en chacun d'entre-nous cette foi étrange où s'ébaudit encore et toujours l'émerveillement, l'âme  de l'enfance, et où le jeu, l'émotion s'emparent de l'espace au diapason d'une quête immodérée de liberté, fût-il au seuil, au prix  du grand départ ? A l'instar du petit Prince, je pose une question, je n'attends aucun dessin ! je Te demande seulement :

" _ dis-moi, pourquoi la Mer est-elle si bleue  "

?  


Une prière me destine aux desseins de la mer
Pourquoi est-elle si profondément bleue
Serait-ce pour que sur son dos  en son chant
Nous y soyons toujours bien  et accueillis


Et de ne jamais t'imaginer en voguant     Ô Mer
Ravisseuse d'âmes   retenant tes enfants
Sans nombre qui se livreraient aux jeux perpétuels
Des dauphins et des puffins 


N'es-tu pas  ce reflet  purissime 
Préludant à la dive liberté de l'alcyon
Aux rigueurs des grands espaces éthérés
Qui fascinent  au-delà l'albatros   malgré toute  crainte


Va   Marin   toi qui aura fait allégeance au large
En t'abandonnant corps et âme à l'éternel
Que ne risquerais-tu d'autre en ce choeur
De tempête majestueux  dans les bleuités d'une nuit  sans fond 
Que ces envolées à jamais ravies aux vents ivres 
A tous les sillages où rayonne un visage


Chevauche la vague  le coeur vague et vagabond
Lorsque tu évoques les horizons cristallins
D'un immensurable alchimiste et sa  légende 


Mais dis-nous pourquoi la mer est-elle si bleue
Si ce n'est afin de porter  encore 
Un peu plus près du ciel    plus sage peut-être
Ce faix redoutable   Ainsi du vaisseau à l'ancre
Et de toucher  un jour au port que nous croisons tous
Depuis la longue traversée sous les étoiles


Alors d'entre l'iris  unique du ciel et de l'océan
Sur l'horizon   qui se rejoignent à se confondre
Au point ultime d'une grande lumière
Vois la promesse qu'il t'est donnée de tenir
Toi le sempiternel migrant fidèle et vrai
Le temps d'une absence nous aurait seulement distancés


Il m'arrive de penser que seules les cathédrales
De voiles aux  ailes si blanches  exaucent lointainement
Les voeux de tes étendues   De ton silence immémorial
Montent   le croissant  la croix du Sud
Veillant depuis    le quart du Marin

Ainsi de ta liturgie qui s'éploie
Infiniment divine et bleue
Contre toute solitude

 

!

MARIN - Aux petits enfants  - 1 ère Ecriture, depuis une Folie, en pirogue, au Large des côtes africaines, autour des Îles ceintes et bleu de ciel   !

 

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