Ce long texte en cours d'écriture ne serait jamais fini ! Océan, comme le Ciel, mais à portée de nos mains, de nos coeurs, passerelle entre les peuples et les hommes  ?   Il y avait là comme une opportunité, une chance à saisir, bien au-delà des dieux de l'antique, des mirages et des - illusions de  la modernité... L'Océan aura été déchu, bafoués aussi  ses desseins pacifiques et prodigues de vie, d'échange et de partage des Mondes dont nous ne  reverrons jamais plus les splendeurs et l'authenticité passées ; nous aurions manqué le coche, le convoi, la voie menant aux clartés du Ciel en trahissant la foi de l'Océan, et, de là, l'Azur ! Ainsi d'une réflexion dont l'auteur ne saurait circonscrire  les moyens de l'exprimer avec des mots, tant l'abîme et les profondeurs célestes en jeu demeurent indicibles, ineffables, tant les forfaits de la Civilisation à l'encontre d'Océan sont abjectes ...

Ok_anos_Mosaique_Petra_Jordanie

 

Aux noms ailés
Des dieux originels
Ouranos
Par la voix des aédes
Et des métamorphoses
Océanos le Titan
Clamez                               Palingénésie
Vous êtes régénérescence
Et la vie      Quand d'aucun
Ne l'auront encore admis
Qui prônent devers Toi
Les dieux  fleuves et les Océanides  le mépris
La guerre démonique
Navale et acide
Ton chant d'échos
Et de légendes
Océan
S'invite pourtant
A l'appel de Gaïa
Et des lointains prodigues du mythe
Comblant le jour et la nuit
Archaïques
De Pangée et de Thétys
Ô fécondes harmonies primaires
Genèse est votre demeure
La voie comme le dessein
De nos songes empyrée
En leur puissance pacifique
Destinent le peuple
De toutes les îles
Et des Ecritures
Océan
Immarcescible
Jeunesse  visage sidéral
A la peau moirée
Que le souffle éthéré
Des nuages fronce
Et ne burine jamais
Océan
Combien sont profondes les cicatrices
Des baleines et des rochers
Répercutant hors des âges
La vérité
Le cri des abysses nitescents

J'erre   Atterré   Sur les flots
Comme le réfugié
Des causes libres et perdues
Tes dieux ont chuté
Et naufragent avec l'enfant
Les forfaits des Armadas
Émergent de l'azur
Alors que les empires sanguinaires
S'élancent et pavoisent
Sur tes étendues claires
Où la Nuit Obscure
Mystérieusement
Toujours se devine
Je suis le déraciné qui s'enterre
Sous une averse de feu
Allant de javeaux de sang
En îlots de détresses
Que drainent et que roulent
Fleuves et rivières   Des siècles
Durant vers l' amer sans racines 
Le Jourdain se meurt et tarit
Aux pieds des Temples
Outre le Verbe et la Loi       Floués
Malgré les Bonnes Nouvelles
Depuis le Rhin parjure
Les bourreaux et les gaz
Alimentent traites et convois
L'histoire ignominieuse
Bande le front et les yeux
Des multitudes plombées
La lame incise l'Orient
L'horreur extirpe le mal
Au règne de l'absurde
La voix des armes
Fonde le périple en convolant
Aux noces des rois
De l'or noir   La torture
Meurtrit comme elle crève
Tes horizons grevés
De blasphèmes    de larmes
Et d'injures        Proclament 
Le diktat des vainqueurs
En ton être générique souillé
Porteur jadis de messages
Et de radieuses aurores

A bord de la réclusion
Je vogue comme la vague
Dérive vers l'écueil fatal
Océan    Mondes ultramarins
Comment me délivrer du tourment
Vous confier uniment
Ces pensées endeuillées
Que le vol terne des puffins
A l'unisson de l'embrun
Traîne en pleurant
Implorant le Ponant
                                                  Et les nuages qu'embrasent
Des monstres d'acier
Ne laissent plus
De dilacérer l'espérance
                                         Des escarbilles de chair
Crépitent comme bales
                                     Les oliviers des monts
Troués et tranchés sont en flammes
                                       Un large suaire suinte
Sur la grève grimée
De tous tes chants
Que la mort fauche 
                                          Mais que sont devenus
Tant de rivages amènes
Le sempiternel présent
De tes sublimes traversées

Le tumulte de la foule déferle
Foule l'oubli     Se rappelle
Au crime     Quand du ressac
Sourd l'allégeance perfide
Des conquérants qui se liguent
Au sacre d'une mémoire expéditive
Les hymnes guerriers
Fluent impitoyables
Le sillage des Lumières
Rouge d'un sang impur
Sable le sacrilège
Emporte sur tes ecchymoses
La guerre vaine et stérile
Qui tonne depuis
L'Exrême-Orient disloqué
Et les odieux massacres
Des extrémités de Terre
La guerre obstinément
Attise la forge   le mensonge
L'injuste victoire
D'antan aux mains sales
Exulte              L'étal
Juteux des potentats
Qui t'auront asservi
Sert de prélude sordide
Aux marées noires
Aux équinoxes 
En berne

Océan    Voilà    Vois
Le recueil que j'ose pour   Toi
Cent raisons te renient
Entre un coeur aphone
Et l'au-delà mutique
Des fosses célestes
Qui s'ouvrent tel l'iris immensurable
Et viride du firmament
Aux prunelles de cristal
                          Les roses blanches
De Damas la grande
Au nizéré spumescent
Cernent tes yeux hagards
Et tes lames perpétuelles
Lancinantes et carmines
S'épanchent pareilles
Aux étoiles cernées
Des crépuscules meurtris
Que tu blottis et réfugies
En ton sein tutélaire
Dans le silence d'une foi
Insigne et solennelle
Ciel des marins   A portée de la main
Aurais-tu échoué
Alors tant failli
Océan des cieux descendus
Sur la Terre
Tu es ce dieu  palpable
Qui leur eût ouvert 
Les portes d'un autre Eden

Ô ciels des dieux vengés
Sur le parvis des lois
Outragées  par trop de raison  
Au-delà des calendes
Des oracles et des temples
Combien la cupidité
L'aura des ors éphémères
Auront proclamé la trahison
Des vanités assassines
L'Ecclésiaste vacille
Socrates se donne la mort
Byron le dit en son poème
Océan
Hölderlin s'effondre face
Contre de dantesques folies
Que l'Olympe ignorait
Si près des Pléiades
Nietzcshe trébuche
L'albatros titube
Avec les poètes maudits
Pourquoi les ont-elles trahis
Malgré les nues    l'inconnu
Car elles auront ourdi l'exil
Par-delà les mers puis
Refermé leurs serres d'acier
Sur de vastes complots
Aux royaumes parjures
Le vieux monde
Engendre l'erre des siècles
De traites et de tragédies
Où la barbarie entonne
Toujours infidèle et vraie
Hélas
La marche obstinée des canons
Louant de part et d'autres
Le morne champ
De la renommée
Comme la litanie et la liturgie
Leurs massacres


La mer se déchire
Hèle les confins martyrs
La houle empourprée
Indéfiniment vaincue
Parsème soumise
La terreur et la fin
Déplace la géhenne du feu
Nourrie au seuil des citadelles d'acier
Des tours et des remparts
Aux bouches de dragons
Armant la pensée unique
Dieu serait vraiment mort
On abat les colombes
Le surhomme persiste
Se vautre dans la démesure
L'épée à l'épée se heurte
Et tinte comme le tocsin
Que la vengeance et le talion
Farouchement légalisent
Sur le socle des nations
Ressuscitant les chantres
Barbares du déclin

Océan et Ouranos pourtant
Un jour déployèrent les ailes
De grands voyageurs
En livrant l'espérance
Des lointains en gage
De promesses et de paix
Accomplissant la destinée
De l'Univers     la parole des anges
Mais qui de l'homme     de ses dieux
Faussa l'envol de la liberté
Sur le ciel apostasié
Des Océans ondoyés
La mer comme un pacte
Faisait de toutes les terres
Ses îles livrées à la candeur
De ses pupilles de la découvrance
Prodigues et justes 
Alors qu'elle n'aurait engendré
Ni jamais imaginé les conquêtes
Ainsi des dieux de l'éternel
Que vainquent les rois
Et les empereurs emmenant
Le cortège des multitudes
De corps décérébrées
Célébrer le veau d'or
L'homme-dieu défie 
L'âme et le trépas
Des Commandements
Et des vieux prophètes

Je vous aurais aimées
Mers de tous les océans
Pour tout ce qu'à mes yeux
Vous fûtes de clartés
Et de saines rigueurs
Qui révélez sans fin
Le ciel esquissant l'au-delà
Si mystérieux si muet
Ainsi ma foi louange
L'étendue du silence
L'ode sans frontières
Des horizons
Comme j'aborde les rives
de la terre des hommes
Aux présages insignes
De paix et de bonne volonté

J'aurais tant cru

OCÉAN


N'être que parcelle
D'humanité
Comme la goutte d'eau
Et le grain de sable
Dans leur infinitude
Sont à la mer puis
Au croissant de la dune
Et des lunaisons
Qui veillent au bon quart
Alors naître de la migration
Océane de la transe lucide
Des saisons tel l'oiseau
Des anges par myriades
Et de ce cantique aux vastitudes
Pour toutes les négritudes
Aux miroirs cassés
D'hier et d'aujourd'hui
Recouvrer en paix
Ce message océanitude
Qui eût dessiné enfin
Les mondes enfantés de la mer
A l'image du Ciel
Renouvelés
Ô vénérable océanité
Dont je suis l'océanite
L'aile de l'hirondelle
La sterne naine qui purifie
Les vents insoumis
De l'Océan- Ciel

§

 

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TOILE PIERRE SAEZ